
Une image du Cognac Photo : ChatGPT
Des ventes de cognac en chute à un niveau inédit depuis seize ans
Les ventes de cognac en chute marquent un tournant historique pour la filière française.
En 2025, les exportations ont atteint 141 millions de bouteilles.
Ce volume représente le niveau le plus bas observé depuis seize ans.
Selon des chiffres diffusés cette semaine et consultés par l’AFP, la filière retombe à un seuil comparable à celui de l’après-crise financière mondiale de 2007-2008.
Cette baisse intervient après plusieurs années de croissance soutenue.
Elle confirme un retournement brutal du marché mondial du cognac.
Le secteur, fortement tourné vers l’export, subit de plein fouet un contexte international dégradé.
Les surtaxes imposées par la Chine et les États-Unis jouent un rôle central.
Elles affectent directement la compétitivité des producteurs français.
Une filière ultra-dépendante des marchés internationaux
Le cognac est l’un des alcools français les plus exportés.
Plus de 95 % de la production est destinée aux marchés étrangers.
Cette dépendance expose fortement la filière aux tensions commerciales.
Les États-Unis et la Chine figurent parmi les principaux débouchés.
À eux seuls, ils concentrent une part majeure des ventes en valeur.
Toute perturbation sur ces marchés a donc un impact immédiat.
En 2025, cette vulnérabilité est devenue manifeste.
La combinaison de mesures protectionnistes et de hausses de prix a freiné la demande.
Les ventes de cognac en chute traduisent cette fragilité structurelle.
Des exportations au plus bas depuis la crise financière mondiale
Les chiffres publiés montrent une contraction sévère des volumes.
En 2025, 141 millions de bouteilles ont été exportées.
Ce chiffre n’avait plus été observé depuis l’exercice suivant la crise de 2008.
À titre de comparaison, l’année 2021 avait marqué un record historique.
Les exportations avaient alors atteint des niveaux exceptionnels.
Cette dynamique positive s’est interrompue brutalement en quelques années.
La baisse des volumes s’accompagne d’un recul marqué de la valeur.
Le chiffre d’affaires à l’export a chuté de près de 39 % depuis 2021.
Il est passé de 3,6 milliards d’euros à environ 2,2 milliards en 2025.
Le rôle central des surtaxes chinoises dans la chute des ventes
La Chine occupe une place stratégique pour le cognac français.
Elle représente un marché à forte valeur ajoutée.
Toute restriction y a des conséquences immédiates sur la filière.
Début 2024, Pékin a lancé une enquête antidumping sur les brandys européens.
Cette initiative est intervenue en réponse à une démarche européenne.
Bruxelles visait alors les véhicules électriques chinois.
À l’issue de cette enquête, la Chine a imposé d’importantes surtaxes.
Ces mesures concernent principalement le cognac.
Elles renchérissent fortement le prix final pour les importateurs.
Face à ces taxes, plusieurs maisons ont dû ajuster leur stratégie tarifaire.
Hennessy, Rémy Cointreau et Martell ont relevé leurs prix.
Cette hausse a mécaniquement pesé sur la demande chinoise.
Le marché américain également sous pression
Les États-Unis constituent le premier marché mondial du cognac.
Ils absorbent une part considérable des volumes exportés.
Toute évolution réglementaire y a donc un effet majeur.
En parallèle des mesures chinoises, le marché américain s’est tendu.
Les surtaxes et les incertitudes commerciales ont freiné les importations.
La consommation y a également montré des signes de ralentissement.
Les distributeurs américains ont réduit leurs commandes.
Ils ont privilégié l’écoulement des stocks existants.
Cette prudence a amplifié la baisse des exportations françaises.
Les ventes de cognac en chute reflètent ainsi une double pression.
La filière fait face à deux marchés clés fragilisés simultanément.
Cette situation est inédite par son ampleur.
Une baisse durable des ventes en valeur
Au-delà des volumes, la valeur des ventes recule fortement.
Depuis 2021, la perte approche 1,4 milliard d’euros.
Cette contraction affecte l’ensemble de la chaîne de production.
Les grandes maisons voient leurs marges se réduire.
Les viticulteurs subissent un recul des commandes.
Les stocks augmentent dans les chais.
La hausse des prix décidée pour compenser les surtaxes n’a pas suffi.
Elle a permis de limiter certaines pertes.
Mais elle a aussi restreint l’accès à certains segments de clientèle.
Une crise qualifiée d’historique par la profession
Face à l’ampleur du choc, la filière parle d’une crise historique.
Le terme est employé par plusieurs représentants du secteur.
Il reflète la profondeur et la rapidité du retournement.
Le cognac repose sur un équilibre délicat entre production et débouchés.
La chute des ventes remet en cause cet équilibre.
Elle fragilise des exploitations déjà exposées aux aléas climatiques.
Cette situation alimente une inquiétude croissante dans le vignoble.
Les professionnels redoutent une crise durable.
Ils appellent à des mesures d’accompagnement rapides.
Le plan d’arrachage au cœur de la réponse sectorielle
Pour ajuster l’offre à la demande, un plan d’arrachage a été adopté.
Il vise à réduire la surface du vignoble.
L’objectif est de limiter les excédents structurels.
Le vignoble du cognac couvre environ 90 000 hectares.
La filière prévoit d’en supprimer plusieurs milliers.
Cette mesure est présentée comme un mal nécessaire.
En octobre, le Bureau national interprofessionnel du cognac a alerté les pouvoirs publics.
Bureau national interprofessionnel du cognac estime être une victime collatérale de la guerre commerciale.
Il a demandé un soutien financier exceptionnel.
Une demande de compensation liée à la guerre commerciale
Le BNIC a chiffré le préjudice subi par la filière.
Il l’estime à environ 10 000 euros par hectare.
Ce montant tient compte de la perte de débouchés.
L’interprofession a sollicité l’État français et l’Union européenne.
Elle a plaidé pour une prise en charge du plan d’arrachage.
L’objectif était de préserver la viabilité économique des exploitations.
Cette demande s’inscrit dans un contexte plus large.
Plusieurs filières agricoles françaises sont confrontées à des crises similaires.
Les tensions commerciales internationales en sont souvent la cause.

Une enveloppe de 130 millions d’euros annoncée par l’État
Fin novembre, le ministère de l’Agriculture a répondu partiellement.
Il a annoncé une enveloppe de 130 millions d’euros.
Cette aide vise les vignobles français en difficulté.
Le dispositif prévoit une indemnisation de 4 000 euros par hectare arraché définitivement.
Il s’applique à plusieurs bassins viticoles.
Le cognac figure parmi les filières concernées.
Cette annonce a été accueillie avec prudence par les professionnels.
Elle constitue un signal politique important.
Mais elle ne couvre pas l’intégralité des pertes estimées.
Le BNIC complète le dispositif avec une surprime
Pour renforcer l’efficacité du plan, le BNIC a décidé d’agir.
Il a annoncé une surprime de 6 000 euros par hectare.
Cette somme est financée sur ses fonds propres.
Au total, l’aide peut donc atteindre 10 000 euros par hectare.
Ce niveau correspond à l’estimation du préjudice avancée par la filière.
Il vise à inciter les exploitants volontaires à participer.
Le BNIC prévoit la suppression de 3 500 hectares.
Cette réduction doit permettre de rééquilibrer le marché.
Elle s’inscrit dans une stratégie de moyen terme.
Les conséquences économiques pour les viticulteurs
L’arrachage représente une décision lourde pour les exploitants.
Il entraîne une perte de potentiel de production.
Il modifie durablement la structure des exploitations.
Pour certains viticulteurs, cette option apparaît comme la seule viable.
Les stocks s’accumulent.
Les prix du vrac subissent une pression à la baisse.
Les aides financières atténuent le choc.
Mais elles ne compensent pas toujours la perte de revenus futurs.
La reconversion reste un défi majeur.
Une filière confrontée à des choix stratégiques
La crise actuelle oblige la filière à repenser son modèle.
La dépendance à quelques marchés apparaît risquée.
La diversification devient un enjeu central.
Certains acteurs explorent de nouveaux débouchés.
L’Asie du Sud-Est et l’Afrique suscitent un intérêt croissant.
Cependant, ces marchés restent encore limités en volume.
La montée en gamme est également évoquée.
Elle permettrait de mieux absorber les chocs tarifaires.
Mais elle ne concerne pas l’ensemble de la production.
Les ventes de cognac en chute, un signal pour l’avenir
La situation de 2025 constitue un signal d’alerte.
Elle montre la sensibilité du cognac aux tensions géopolitiques.
Elle rappelle l’importance d’un cadre commercial stable.
Les négociations entre Bruxelles et Pékin restent suivies de près.
Une évolution des relations pourrait modifier la donne.
Mais aucun calendrier précis n’est avancé.
À court terme, la filière doit gérer l’existant.
Les stocks, les surfaces et les coûts doivent être ajustés.
La priorité reste la survie économique des exploitations.
Conclusion
Les ventes de cognac en chute atteignent en 2025 un niveau inédit depuis seize ans.
La filière subit de plein fouet les surtaxes chinoises et américaines.
Les exportations reculent fortement en volume et en valeur.
Face à cette crise, un plan d’arrachage soutenu par l’État et le BNIC a été mis en place.
Il vise à réduire les excédents et à stabiliser le marché.
Cette réponse illustre l’ampleur des difficultés rencontrées.
À moyen terme, l’avenir du cognac dépendra de l’évolution du contexte commercial international.
La diversification des marchés et l’adaptation du modèle économique seront déterminantes.
La filière entre dans une phase de transition majeure.
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