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Inondation dans le Sud Est de l'Asie \ Photo : AFP \ CHAIDEER MAHYUDDIN

Des pluies extrêmes ont submergé la Thaïlande, l’Indonésie et la Malaisie. Plus de 250 morts, des villes englouties et des familles prises au piège. Une catastrophe climatique majeure frappe l’Asie du Sud-Est.
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Les inondations en Asie du Sud-Est ont atteint une ampleur dramatique. En quelques jours, une série de pluies torrentielles a englouti des villes entières, provoqué des glissements de terrain meurtriers et isolé des milliers de familles. Le bilan humain a explosé : plus de 250 morts, principalement en Thaïlande et en Indonésie, avec un nombre toujours inconnu de disparus. Les gouvernements locaux peinent à répondre à l’urgence, alors que les habitants font face à une catastrophe d’une violence exceptionnelle.

Ces inondations marquent un nouvel épisode dans une région régulièrement frappée par les pluies de mousson, mais cette fois, l’intensité des précipitations dépasse les niveaux habituels. Les autorités évoquent déjà des conditions météorologiques aggravées par une tempête tropicale, mais aussi par l’impact direct du changement climatique, qui amplifie les phénomènes extrêmes et fragilise les territoires.


Un bilan qui s’alourdit en Thaïlande

La Thaïlande paye l’un des plus lourds tributs. Le Sud du pays, particulièrement touché, fait face à des scènes de chaos. Les autorités ont annoncé 145 morts, un nombre qui a presque triplé en 24 heures. La province de Songkhla concentre l’essentiel des victimes, ce qui met une pression énorme sur les infrastructures locales.

Le porte-parole du gouvernement, Siripong Angkasakulkiat, rappelle que la situation reste critique. Les équipes de secours doivent naviguer dans une région submergée où les routes sont impraticables, et où les habitants se réfugient sur les toits en attendant d’être évacués. À Hat Yai, la deuxième plus grande ville du Sud, des dizaines de familles ont été secourues par bateau.

La morgue de Songkhla est rapidement devenue saturée. Charn, un responsable local, a affirmé que l’établissement a dépassé sa capacité. Des camions frigorifiques ont dû être installés devant l’hôpital pour conserver les corps des victimes. Cette image traduit l’ampleur du désastre et la brutalité de la catastrophe qui s’abat sur le royaume.


Des habitants surpris par la rapidité de la montée des eaux

De nombreux témoignages illustrent la soudaineté du phénomène. À Hat Yai, plusieurs habitants ont raconté que l’eau est montée à une vitesse inattendue.
Kamban Wongpanya, 67 ans, explique avoir vu l’eau atteindre le plafond du deuxième étage de sa maison. Sauvée par bateau, elle dit n’avoir jamais connu une telle situation.

Un commerçant, Chayaphol Promkleng, pensait que sa boutique serait épargnée, car l’eau n’atteignait que ses chevilles. Le lendemain, le niveau avait grimpé jusqu’à sa taille. Il a dû fuir sans pouvoir récupérer ses biens.

Ces récits traduisent l’extrême violence de la montée des eaux, qui a pris de court de nombreux habitants. Les autorités locales estiment qu’une mauvaise anticipation des risques pourrait avoir aggravé la situation. Face aux critiques, le gouvernement a suspendu le chef du district de Hat Yai, accusé de n’avoir pas répondu de façon adéquate à l’urgence.


Une Indonésie frappée par la même catastrophe

Au même moment, l’Indonésie vit un drame similaire. Sur l’île de Sumatra, les inondations ont fait 111 morts et plus d’une centaine de disparus. Les glissements de terrain ajoutent un danger supplémentaire, coupant des routes et isolant des villages entiers.

Ferry Walintukan, porte-parole de la police de Sumatra Nord, explique que la priorité reste l’évacuation. Les secours espèrent que le temps s’améliorera pour permettre l’envoi d’hélicoptères dans les zones enclavées. Mais les pluies persistent, compliquant l’accès aux zones les plus touchées.

À Medan, un photographe de l’AFP rapportait que l’eau atteignait sa hanche. Les rues, transformées en torrents bruns, rendent tout déplacement dangereux. Les habitants doivent lutter contre le courant pour rejoindre leur domicile ou leurs proches.


Des scènes de survie et de peur à Sumatra

La situation reste très dangereuse. À Sumatra Ouest, une femme de 53 ans, Misniati, a raconté une expérience traumatisante. Elle a tenté de rejoindre son mari lors de la montée des eaux. Pendant son trajet, l’eau atteignait déjà sa taille, puis sa poitrine. Elle a dû lutter contre un courant puissant pour sauver sa vie.

Comme beaucoup, elle et son mari ont passé la nuit éveillés, surveillant le niveau de l’eau, dans la peur de devoir évacuer à tout moment. Ces scènes se répètent dans toute l’île, où les habitants vivent dans l’angoisse d’un nouveau glissement de terrain ou d’un effondrement de structure.


La Malaisie également touchée

La tempête tropicale responsable des inondations en Thaïlande et en Indonésie a également frappé la Malaisie. Dans l’État de Perlis, au nord du pays, deux personnes sont mortes et plusieurs régions restent sous l’eau. Les terres agricoles sont submergées, et des milliers d’habitants ont dû quitter leur domicile.

Les météorologues expliquent que le système, rétrogradé en dépression tropicale, continue de déverser des pluies intenses sur une zone déjà saturée. La situation devrait encore se dégrader dans certaines régions, au moins durant plusieurs jours.


Un phénomène aggravé par la mousson et le changement climatique

La pluie fait partie du cycle naturel de l’Asie du Sud-Est. De novembre à avril, la mousson apporte généralement des précipitations abondantes. Mais cette fois, les pluies atteignent des niveaux exceptionnels. Les spécialistes expliquent que :

un climat plus chaud retient davantage d’humidité,

les océans plus chauds renforcent les tempêtes,

l’atmosphère devient plus instable,

les épisodes de pluies extrêmes deviennent plus fréquents.

Le résultat : des inondations plus fortes, plus soudaines, et plus meurtrières.

Pour Uli Arta Siagian, de l’ONG environnementale WALHI, une autre cause majeure doit être évoquée : la pression humaine. La déforestation, l’exploitation minière et la transformation des forêts en monocultures de palmiers à huile fragilisent les sols. Sans végétation pour retenir l’eau, les crues deviennent plus violentes, et les glissements de terrain plus fréquents.


Une région confrontée à une crise récurrente

Les inondations en Asie du Sud-Est posent un problème durable. Chaque année, les mêmes pays subissent des précipitations extrêmes. Pourtant, les infrastructures restent insuffisantes pour faire face aux épisodes les plus puissants.

Plusieurs défis persistent :

des systèmes d’alerte trop faibles,

des réseaux de drainage insuffisants,

une urbanisation rapide,

des habitations construites en zones à risque,

des moyens de secours limités.

La combinaison de ces facteurs rend la région extrêmement vulnérable.


Les réactions des autorités et les réponses d’urgence

Les gouvernements de Thaïlande, d’Indonésie et de Malaisie ont mobilisé des milliers de secouristes. Des hélicoptères, des bateaux et des équipes spécialisées ont été envoyés dans les zones critiques. Mais l’ampleur du désastre dépasse parfois les capacités locales.

En Thaïlande, la suspension du chef du district de Hat Yai montre la volonté du gouvernement de trouver des responsables. En Indonésie, la priorité reste l’évacuation des survivants et la recherche des disparus. En Malaisie, les autorités tentent de sécuriser les digues et les barrages pour éviter un nouveau déferlement d’eau.

2025 11 28t180429z 378529495 rc2o5ial7egz rtrmadp 3 asia weather indonesia 692aa314aaa41 Inondations en Asie du Sud-Est : un bilan humain catastrophique
L’état d’un camion en Indonésie pendant les pluies torrentielles

Une situation qui interroge l’avenir

À mesure que les catastrophes se multiplient, de nombreux experts tirent la sonnette d’alarme. Le changement climatique modifie les saisons, renforce la puissance des tempêtes et accentue la vulnérabilité des régions côtières et tropicales.

La région devra investir massivement dan

des systèmes anti-crue performants,

la protection des forêts,

des dispositifs d’alerte plus efficaces,

l’aménagement des zones urbanisées,

la réduction des activités aggravant l’érosion.

Sans cela, les inondations continueront de faire des milliers de victimes chaque décennie.


Conclusion

Les inondations en Asie du Sud-Est témoignent d’une crise particulièrement grave. Avec plus de 250 morts en quelques jours, des villes englouties et des habitants traumatisés, l’événement marque l’un des épisodes les plus violents de ces dernières années. La région doit désormais affronter l’urgence humanitaire, mais aussi réfléchir à des solutions à long terme pour réduire les risques.

Face au changement climatique et aux pressions humaines sur l’environnement, ces catastrophes pourraient devenir encore plus fréquentes si rien n’est entrepris.

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