
Formation IA de l'UNESCO \ Photo : ChatGPT
Un engagement international pour une IA inclusive
L’UNESCO a annoncé, lors du G20 d’octobre 2025, un ambitieux programme de formation à l’intelligence artificielle destiné à plus de 15 000 fonctionnaires à travers le monde, principalement en Afrique. Cette initiative, baptisée AI for Africa, s’inscrit dans la volonté de rendre l’IA accessible, éthique et adaptée aux besoins de la transformation publique.
L’organisation vise à réduire la fracture numérique entre les pays développés et émergents, tout en garantissant que l’usage de l’IA serve le développement humain et non l’inverse.
Former les institutions publiques à l’ère numérique
Un enjeu de compétences et de gouvernance
Selon l’UNESCO, les administrations publiques souffrent encore d’un retard significatif dans la compréhension et l’intégration de l’IA.
L’objectif est clair : renforcer les compétences numériques au sein des institutions, pour que les politiques publiques puissent anticiper les impacts des technologies émergentes.
Les formations couvriront plusieurs thématiques :
compréhension des algorithmes et de leurs biais ;
gouvernance des données ;
cadre éthique et réglementaire ;
impact social et environnemental des systèmes d’IA ;
stratégies nationales d’innovation.
Cette montée en compétences vise à favoriser une meilleure utilisation de l’IA dans les domaines de la santé, de l’éducation, de la sécurité et du développement durable.
L’Afrique au cœur du programme AI for Africa
Une réponse aux défis du continent
Le choix du continent africain n’est pas anodin. L’UNESCO considère qu’il est essentiel d’aider les pays africains à devenir acteurs de leur transformation numérique.
L’initiative AI for Africa prévoit donc la mise en place de programmes de formation adaptés à chaque pays, selon leurs priorités et infrastructures.
L’organisation déploie également une plateforme d’assistance aux politiques publiques, appelée Technology Policy Assistance Facility. Celle-ci permettra aux gouvernements d’élaborer leurs propres stratégies d’intelligence artificielle, alignées sur les standards éthiques internationaux.
Cette approche collaborative vise à éviter la dépendance technologique et à encourager l’innovation locale, depuis la recherche académique jusqu’aux start-ups.
La formation des juges et procureurs : un volet inédit
L’IA dans la justice, un enjeu éthique majeur
L’UNESCO ne se limite pas à la fonction publique administrative.
Près de 5 000 juges et procureurs seront formés pour comprendre les implications juridiques de l’IA.
En effet, de plus en plus de tribunaux utilisent déjà des outils de reconnaissance faciale, d’analyse prédictive ou de tri automatique de dossiers.
Cette initiative doit aider les magistrats à :
identifier les risques de discrimination algorithmique ;
assurer la transparence des décisions ;
protéger la vie privée ;
respecter les droits fondamentaux.
En 2024, seules 9 % des institutions judiciaires déclaraient avoir suivi une formation sur ces sujets, alors que 44 % utilisaient déjà des outils d’IA dans leur travail quotidien. L’UNESCO veut donc instaurer une culture de la vigilance technologique dans la justice.
Des programmes complémentaires pour les jeunes et les chercheurs
Encourager la relève technologique
L’initiative ne se limite pas aux décideurs.
L’UNESCO prévoit également :
la formation de 2 000 enseignants et étudiants ;
un programme Youth Coding Initiative pour initier les jeunes à la programmation ;
un incubateur de 1 500 chercheurs en IA appliquée.
Cette approche intergénérationnelle permet de créer une chaîne d’innovation durable, depuis la salle de classe jusqu’aux laboratoires et entreprises.
L’objectif est de stimuler la recherche locale et d’éviter la fuite des talents africains vers les grandes puissances technologiques.
Une stratégie alignée sur les valeurs de l’UNESCO
Éthique, inclusion et durabilité
Le cœur du projet repose sur la Recommandation de l’UNESCO sur l’éthique de l’intelligence artificielle, adoptée en 2021 par près de 200 pays.
Ce texte fondateur rappelle que toute technologie doit respecter les droits humains, l’égalité et la transparence.
Les formations s’inspirent directement de ces principes. Elles promeuvent :
l’utilisation responsable de la donnée ;
la protection de la vie privée ;
la lutte contre les biais discriminatoires ;
la durabilité environnementale de l’IA.
Ainsi, l’initiative ne se contente pas de transférer des compétences techniques : elle vise à bâtir une culture mondiale de l’IA éthique et humaniste.
Un défi logistique et politique colossal
Des ambitions à la hauteur de la complexité du sujet
Former 15 000 fonctionnaires représente un défi considérable.
Les formats devront être flexibles : cours en ligne, ateliers régionaux, séminaires en présentiel.
L’UNESCO compte s’appuyer sur les universités, les écoles nationales d’administration et les centres de recherche partenaires.
Cependant, plusieurs questions demeurent :
Comment garantir une mise à jour continue des connaissances ?
Quelles ressources locales pour assurer la pérennité du programme ?
Comment mesurer l’impact réel de la formation sur les politiques publiques ?
L’organisation prévoit la création d’un observatoire d’évaluation chargé de suivre les progrès et d’ajuster le dispositif au fil du temps.
Le rôle du G20 dans la diffusion du projet
Un soutien politique global
Le G20 a offert une tribune internationale à l’UNESCO pour promouvoir une gouvernance mondiale de l’intelligence artificielle.
Les États membres se sont engagés à collaborer dans le partage des bonnes pratiques et la formation des décideurs publics.
Cette approche multilatérale est essentielle pour éviter une IA fragmentée par les intérêts géopolitiques.
Elle renforce également la cohérence entre les politiques nationales et les objectifs de développement durable (ODD 2030).
Vers une fonction publique de demain
Une administration plus agile et connectée
L’initiative de l’UNESCO pourrait transformer durablement la manière dont les États conçoivent leurs politiques publiques.
À terme, les gouvernements devraient disposer de fonctionnaires capables d’évaluer, réguler et utiliser l’IA avec discernement.
Cette montée en compétences pourrait accélérer :
la dématérialisation administrative ;
la lutte contre la corruption ;
la transparence des décisions ;
la gestion efficace des services publics.
En formant l’humain avant la machine, l’UNESCO veut rappeler que l’intelligence artificielle doit rester un outil au service du citoyen, et non l’inverse.

Conclusion : une étape clé pour une IA au service de l’humain
L’initiative de formation de 15 000 fonctionnaires par l’UNESCO marque une étape majeure dans la gouvernance mondiale de l’IA.
Elle conjugue ambition technologique, responsabilité éthique et coopération internationale.
À l’heure où l’intelligence artificielle transforme tous les secteurs, cette démarche démontre qu’une approche humaine, inclusive et éducative est indispensable pour en tirer les bénéfices sans sacrifier les valeurs fondamentales.
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