
ONU Photo/Eskinder Debebe Des camions transportant de l'aide humanitaire attendent de pouvoir entrer dans Gaza depuis l'Égypte par Rafah (photo d'archives).
Sous l’effet d’une pression internationale croissante et d’alertes lancées par plusieurs agences humanitaires, l’acheminement d’aide humanitaire à Gaza connaît un tournant. Dimanche matin, des convois de camions venus d’Égypte ont commencé à se diriger vers la bande de Gaza. Cette opération intervient alors que l’armée israélienne a instauré une « pause tactique » quotidienne dans certaines zones du territoire palestinien.
Selon la chaîne égyptienne Al Qahera, affiliée à l’État, ces convois ont franchi le terminal de Rafah côté égyptien. Des images diffusées par l’AFP montrent des poids lourds chargés de sacs blancs, transportant vivres et matériel médical. Toutefois, en raison des dégâts causés par les combats, l’accès direct via le terminal palestinien reste impossible.
Les véhicules empruntent désormais un itinéraire détourné. Ils poursuivent leur route jusqu’au poste frontière israélien de Kerem Shalom, où une inspection préalable est effectuée. Ce n’est qu’après cette étape que l’aide est redirigée vers la zone sud de Gaza, notamment vers Rafah.
Un soutien international visible sur les convois
Parmi les camions en route, certains portaient les couleurs du Croissant-Rouge égyptien. D’autres affichaient clairement le drapeau des Émirats arabes unis, accompagné du message : « Émirats arabes unis – Aide humanitaire à Gaza – Projets pour l’approvisionnement en eau ». Cette mobilisation reflète un appui croissant de plusieurs pays arabes à la population gazaouie.
La Jordanie a également contribué à cet effort. Elle a envoyé un convoi important de 60 camions, transportant près de 962 tonnes de vivres et de farine. Leur point d’entrée n’est pas Rafah, mais le passage israélien de Zikim, situé plus au nord. Une alternative choisie pour faciliter l’accès aux zones sinistrées du nord de la bande de Gaza.

Mise en place de couloirs humanitaires par l’armée israélienne
En parallèle de ces initiatives, l’armée israélienne a annoncé l’établissement de couloirs humanitaires pour faciliter la circulation des convois d’aide. Dans un communiqué publié dimanche, elle précise que des « pauses humanitaires » seront observées quotidiennement entre 10h00 et 20h00, heure locale (7h à 17h GMT).
Les zones concernées par cette mesure sont Deir-al-Balah au centre, al-Mawasi au sud et certains secteurs de la ville de Gaza, dans le nord. Ces régions ont été désignées comme exemptes d’opérations militaires pendant la trêve. L’objectif affiché : permettre un passage sécurisé aux convois humanitaires, notamment ceux organisés par l’ONU et d’autres ONG.
Toujours selon l’armée israélienne, des corridors permanents seront accessibles chaque jour de 6h00 à 23h00 (3h00 à 20h00 GMT). Ces créneaux doivent garantir le transport continu de nourriture, de médicaments et d’autres biens essentiels vers les populations les plus touchées.
Coordination et prudence des acteurs humanitaires
La décision de cette trêve humanitaire aurait été prise en coordination avec les agences d’aide humanitaire. L’armée israélienne assure avoir tenu plusieurs discussions avec ces acteurs pour préparer le dispositif. Les populations locales ont été informées par voie de communication directe, notamment par un message en arabe publié par le porte-parole militaire israélien, Avichay Adraee, sur le réseau social X (ex-Twitter).
Cependant, du côté des ONG et de l’Organisation des Nations Unies, la prudence demeure. Aucune déclaration officielle n’a encore été faite en réponse à l’annonce israélienne. Plusieurs sources humanitaires, tout en se réjouissant d’un possible soulagement, restent sceptiques quant aux effets réels de ces annonces sur le terrain. Certaines préfèrent attendre des résultats concrets avant de s’exprimer publiquement.
Une aide attendue, mais encore limitée
Malgré ces avancées, l’acheminement de l’aide humanitaire à Gaza reste un processus complexe. L’accès est entravé par des infrastructures endommagées, des contrôles stricts et un contexte militaire instable. Si les camions commencent à affluer, le volume de l’aide reste encore insuffisant face à l’ampleur des besoins. Les ONG présentes sur place appellent à une intensification rapide et durable des livraisons, notamment en eau, nourriture et soins médicaux.
Les habitants de Gaza, confrontés à des conditions de vie extrêmement précaires, espèrent que cette trêve permettra enfin une amélioration tangible de leur quotidien. De nombreuses familles attendent désespérément des aides essentielles pour survivre, après des semaines de pénurie.
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