
L'Assemblée Nationale \ Photo : ChatGPT
La dégradation de la note de la France par S&P Global Ratings marque un signal fort sur la trajectoire des finances publiques françaises. Elle intervient dans un contexte d’instabilité politique et de dettes croissantes. Cet article analyse les raisons, les enjeux et les conséquences de cette décision majeure.
Contexte et décision de l’agence
Une décision hors calendrier
S&P a annoncé, le 17 octobre 2025, la baisse de la note souveraine de la France de « AA-/A-1+ » à « A+/A-1 ».
Cette décision est intervenue de façon anticipée, ce qui reflète l’urgence que l’agence attribue à la situation française.
Elle survient moins d’une semaine après la formation du nouveau gouvernement dirigé par Sébastien Lecornu et la présentation d’un projet de loi de finances pour 2026.
Les motifs mis en avant
L’agence met en avant deux motifs principaux :
une incertitude élevée sur les finances publiques, malgré un projet budgétaire présenté.
une instabilité politique importante, qualifiée de la plus grave depuis la création de la Ve République.
Par exemple, S&P anticipe une dette publique brute à 121 % du PIB en 2028, contre 112 % fin 2024.
Le déficit public français est annoncé à 5,4 % du PIB pour 2025, avec un objectif de 4,7 % pour 2026.
Analyse des enjeux
Dette publique et dynamique budgétaire
La France affiche une trajectoire de dette et de déficit qui suscite l’inquiétude :
La dette publique brute est déjà très élevée et, selon S&P, pourrait encore monter.
Le déficit public demeure supérieur à 5 % du PIB, contre l’objectif de l’Union européenne de 3 % à moyen terme.
Sans mesures supplémentaires de réduction du déficit, l’assainissement budgétaire se fera plus lentement que prévu.
Instabilité politique et gouvernance
L’agence pointe une instabilité politique exacerbée :
Plusieurs gouvernements successifs, des parlements sans majorité claire.
Le premier ministre Lecornu ayant évité de peu une censure après avoir abandonné une réforme des retraites pour obtenir le soutien des socialistes.
L’élection présidentielle de 2027 en ligne de mire, qui pourrait limiter la capacité du gouvernement à adopter des mesures de fond.
Impacts pour les marchés financiers
La baisse de la note signifie :
Un risque d’augmentation des coûts d’emprunt pour l’État français et potentiellement pour les entreprises nationales.
Une pression accrue sur les détenteurs d’obligations françaises, certains fonds pouvant être contraints de vendre si leur politique d’investissement exclut les notes simples « A ».
Un signal de vulnérabilité supplémentaire vis-à-vis des investisseurs internationaux.

Réaction du gouvernement et perspectives
Réaction officielle
Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a affirmé que le gouvernement « prend acte » de la décision.
Le ministère a réaffirmé son objectif de déficit de 5,4 % du PIB pour 2025 et celui de ramener le déficit sous 3 % du PIB en 2029.
Perspectives budgétaires
Pour 2026, le projet de budget vise une réduction du déficit à 4,7 % du PIB tout en préservant la croissance.
Le texte exige désormais collaboration entre le gouvernement et le Parlement pour adopter un budget conforme à ce cadre avant fin 2025. Toutefois, la majorité parlementaire fait défaut, ce qui rend l’adoption incertaine.
Scénarios à moyen terme
Si les mesures d’ajustement ne sont pas suffisamment fortes, la trajectoire de la dette pourrait s’aligner sur les prévisions de S&P (121 % du PIB en 2028).
Si la politique reste bloquée politiquement, d’autres aggravations de note ou des conditions d’emprunt plus difficiles sont possibles.
Une relance de la croissance économique pourrait atténuer les tensions, mais le contexte externe (taux d’intérêt, inflation) reste défavorable.
Comparaisons et implications européennes
Position de la France face à ses pairs
Avec cette note « A+ », la France se retrouve alignée avec des pays comme l’Espagne, le Portugal, le Japon ou la Chine.
D’autres agences de notation ont déjà pris des mesures similaires : Fitch Ratings a abaissé la note française en septembre 2025.
Implications pour l’Union européenne
La dégradation intervient dans une zone euro où plusieurs pays sont sous pression budgétaire et où la confiance dans la gouvernance économique est clé.
Le fait que la France, deuxième économie de la zone euro, soit visée, envoie un signal aux marchés et aux institutions européennes sur la fragilité potentielle de l’ensemble.
Quelles conséquences pour les citoyens et l’économie réelle ?
Pour les ménages
Des taux d’emprunt potentiellement plus élevés pour l’État peuvent se répercuter sur le coût du crédit immobilier ou à la consommation.
L’épargne des ménages pourrait se comporter plus prudemment, ce qui freinerait la consommation.
Pour les entreprises
L’augmentation des coûts de financement pour l’État peut impacter les investissements publics.
Les entreprises exportatrices ou dépendantes des conditions de crédit pourraient subir un effet plus large de repli de l’investissement privé.
Pour l’économie dans son ensemble
Une dette élevée et un déficit persistant peuvent limiter la capacité de relance de l’État en cas de crise.
La confiance des acteurs économiques peut être affaiblie, ce qui risque de ralentir croissance et emploi.
Conclusion
La dégradation de la note de la France par S&P constitue un signal d’alerte majeur pour l’économie hexagonale. Elle met en lumière la conjonction de deux enjeux : une dette publique importante et une instabilité politique accrue.
Le gouvernement devra désormais démontrer sa capacité à engager rapidement des mesures crédibles de consolidation budgétaire et à rétablir la confiance. À défaut, les risques de nouvelle dégradation ou de conditions financières plus lourdes se renforceront.
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