
Les États-Unis \ Photo : ChatGPT
L’économie américaine traverse une phase délicate en 2025. Malgré une inflation qui reste élevée, atteignant 2,9 % en août, la Réserve fédérale s’apprête à annoncer une baisse de ses taux directeurs lors de sa réunion de septembre. Le paradoxe est clair : les prix continuent de grimper, mais le marché du travail se fragilise. Avec un taux de chômage à 4,3 %, son plus haut niveau en près de quatre ans, et une confiance en berne, la Fed doit jongler entre deux objectifs contradictoires : maîtriser l’inflation et soutenir l’emploi. Cette décision pourrait bien dessiner les contours d’une “récession molle” aux États-Unis.
Le paradoxe américain : des prix en hausse et un marché du travail en perte de vitesse
Une inflation persistante malgré les efforts
Après une accalmie au début de l’année, l’inflation américaine est repartie à la hausse. En août, l’indice des prix à la consommation (CPI) a progressé de 2,9 % sur un an, tandis que l’inflation sous-jacente (hors énergie et alimentation) s’est maintenue autour de 3,1 %. Ces chiffres, supérieurs à l’objectif de 2 % fixé par la Fed, traduisent une pression persistante sur les prix.
Les hausses concernent notamment la santé, les biens importés soumis aux nouveaux tarifs douaniers, ainsi que l’immobilier locatif. Autrement dit, des postes de dépenses incontournables pour les ménages américains.
Un chômage en hausse et une confiance en berne
En parallèle, le marché de l’emploi montre des signes inquiétants. En août, les créations nettes d’emplois se sont limitées à 22 000, un chiffre bien en deçà des attentes. Le taux de chômage a atteint 4,3 %, son plus haut niveau depuis près de quatre ans.
Les enquêtes de la Fed de New York révèlent un sentiment croissant d’insécurité économique : seulement 44,9 % des ménages estiment pouvoir retrouver facilement un emploi en cas de perte. De plus, les indicateurs élargis comme le taux U-6, qui intègre le sous-emploi, affichent également une tendance à la hausse.
Les offres d’emplois au plus bas
Le rapport JOLTS de juillet confirme cette tendance. Avec 7,18 millions d’offres d’emplois, le marché atteint son plus bas niveau en dix mois. Les entreprises semblent hésiter à recruter, freinées par les incertitudes liées aux coûts salariaux, aux tarifs douaniers et aux perspectives économiques.
Les tarifs 2025 : un choc inflationniste supplémentaire
Une politique commerciale qui pèse sur les prix
En 2025, les États-Unis ont renforcé leurs mesures protectionnistes. Des droits de douane supplémentaires ont été imposés sur l’automobile, l’acier et l’aluminium, ainsi que sur divers produits intermédiaires. Selon le Yale Budget Lab, ces mesures pourraient ajouter jusqu’à 1,7 % à l’inflation à court terme.
Pour les ménages, cela se traduit par des prix plus élevés sur les véhicules, l’électroménager et certains biens de consommation courante. Pour les entreprises, le coût des intrants grimpe, ce qui limite leurs marges et freine l’investissement.
Entre protection et incertitude
Si l’objectif officiel est de protéger l’industrie américaine face à la concurrence chinoise, ces tarifs risquent d’alimenter un cercle vicieux : hausse des prix, baisse de la demande et ralentissement de l’activité.
La Fed à la croisée des chemins
Pourquoi une baisse des taux malgré l’inflation
Malgré l’inflation supérieure à son objectif, la Fed s’apprête à procéder à une baisse de 25 points de base lors de sa réunion des 16-17 septembre. L’explication réside dans la dégradation du marché du travail et le risque croissant d’un ralentissement brutal de l’économie.
L’institution adopte ainsi une stratégie de “baisse assurance” : réduire les taux pour soutenir l’activité et éviter que la montée du chômage ne s’aggrave.
Les risques d’un mauvais timing
Cependant, ce choix comporte des risques. En baissant ses taux alors que l’inflation reste élevée, la Fed pourrait raviver les tensions sur les prix et perdre en crédibilité. À l’inverse, ne pas agir pourrait provoquer un ralentissement plus marqué, avec un chômage encore plus élevé.
Tempête institutionnelle : l’affaire Lisa Cook
Une tentative de déstabilisation
À la veille de cette décision cruciale, une controverse secoue la Fed. Des responsables politiques cherchent à démettre Lisa Cook, l’une des gouverneures de l’institution. Cette attaque directe soulève la question de l’indépendance de la banque centrale.
Crédibilité et confiance en jeu
Si cette tentative aboutissait, elle fragiliserait la crédibilité de la Fed. L’indépendance monétaire est essentielle pour maintenir la confiance des marchés et des investisseurs. Un affaiblissement institutionnel pourrait accentuer les tensions économiques déjà présentes.

Qui gagne et qui perd dans ce scénario
Les ménages et le pouvoir d’achat
Une baisse des taux pourrait soulager les ménages endettés, en réduisant le coût des crédits immobiliers et automobiles. Cependant, si l’inflation repart, le gain de pouvoir d’achat resterait limité.
Les entreprises et l’investissement
Les entreprises profiteraient d’un financement moins coûteux, ce qui pourrait stimuler l’investissement. Mais les marges demeurent sous pression en raison des tarifs douaniers et du ralentissement de la consommation.
Les marchés financiers
Les marchés boursiers, sensibles aux annonces de la Fed, pourraient réagir positivement à la baisse des taux. Néanmoins, un retour de l’inflation viendrait rapidement inverser la tendance.
Vers une “récession molle” ?
Le scénario le plus probable
Au vu des indicateurs actuels, l’économie américaine semble se diriger vers une “récession molle” : une croissance très faible, un chômage en progression et une inflation encore au-dessus de l’objectif.
Les 30 prochains jours, décisifs
Les prochaines publications économiques seront déterminantes :
L’indice des prix de septembre.
Les nouvelles données JOLTS.
L’évolution des dépenses de consommation (PCE).
Ces éléments indiqueront si la stratégie de la Fed est efficace ou si le pays s’engage dans une période de turbulences prolongées.
Conclusion
La décision de la Fed de baisser ses taux en septembre 2025, malgré une inflation encore élevée, illustre le dilemme auquel fait face la première économie mondiale. Entre soutenir l’emploi et contrôler les prix, l’équilibre est fragile. Le risque d’une récession molle semble se préciser, avec des conséquences directes pour les ménages, les entreprises et les marchés financiers.
Les semaines à venir permettront de savoir si cette stratégie constitue un pari gagnant ou une erreur coûteuse pour l’avenir de l’économie américaine.
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