Une frappe sur une église catholique à Gaza a causé la mort de deux civils et fait plusieurs blessés, dont le prêtre de la paroisse. L’incident s’est produit jeudi matin sur le seul lieu de culte catholique latin de la bande de Gaza. L’armée israélienne a immédiatement réagi, niant toute intention de viser des édifices religieux et annonçant l’ouverture d’une enquête.

L’église de la Sainte-Famille avant la guerre.© Ramzy Amash
Le Patriarcat latin de Jérusalem a été le premier à confirmer l’information. Dans un communiqué officiel, il a précisé que l’église concernée est celle de la Sainte-Famille, située en plein cœur de la ville de Gaza. Le père Gabriel Romanelli, prêtre de la paroisse, fait partie des blessés recensés.
« L’église de la Sainte-Famille a été la cible d’un raid ce matin. Plusieurs blessés sont à déplorer, dont le curé local, le père Gabriel Romanelli », a écrit le Patriarcat.
Les dommages matériels subis par l’édifice religieux seraient importants, selon la même source.
Un bilan humain confirmé par la Défense civile
La Défense civile de Gaza a rapporté que deux membres de la communauté chrétienne ont perdu la vie suite à cette attaque. Ils auraient succombé à leurs blessures après qu’une frappe aurait touché le monastère latin situé dans la vieille ville de Gaza.
« Deux citoyens chrétiens ont été tués ce matin lors d’une frappe israélienne contre l’église du monastère latin », a déclaré à l’AFP Mahmoud Bassal, porte-parole de la Défense civile.
Cette version des faits a été confirmée peu après par le Patriarcat latin de Jérusalem, qui a validé le décès des deux fidèles.
Israël nie avoir visé un lieu religieux
Contactée par l’AFP, l’armée israélienne a affirmé qu’elle ne cible jamais les lieux de culte. Dans un communiqué publié sur le réseau social X (ex-Twitter), le ministère israélien des Affaires étrangères a exprimé sa « profonde tristesse » face aux victimes civiles et aux dégâts subis par ce site religieux.
« Israël ne vise jamais les sites religieux. Nous regrettons profondément les dommages causés à des lieux de culte ou à des civils innocents », indique le message officiel.
Les autorités israéliennes ont également assuré qu’une enquête a été lancée. L’armée précise que les circonstances de la frappe ne sont pas encore établies avec certitude. Les conclusions seront rendues publiques une fois l’enquête terminée.
Réactions internationales : le Vatican et l’Italie expriment leur choc
Le Vatican a également réagi avec gravité à l’incident. Dans un télégramme publié peu après les faits, le pape Léon XIV a fait part de sa tristesse sans désigner formellement un responsable.
« Le Saint-Père est profondément attristé par cette attaque contre l’église de la Sainte-Famille à Gaza. Il renouvelle son appel à un cessez-le-feu immédiat », a précisé le message signé par le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du Saint-Siège.
Du côté européen, la cheffe du gouvernement italien, Giorgia Meloni, a été plus directe. Dans un communiqué relayé par la presse italienne, elle a condamné fermement les frappes.
« Les raids israéliens ont frappé l’église de la Sainte-Famille. Cela fait des mois que la population civile est la cible d’attaques inacceptables. Aucune justification militaire ne saurait expliquer de telles actions », a-t-elle déclaré.
L’agence de presse italienne ANSA a par ailleurs confirmé le bilan de deux morts, s’appuyant sur les sources officielles et ecclésiastiques.
Un symbole religieux visé au cœur d’un conflit sanglant
La frappe sur une église catholique à Gaza intervient dans un contexte d’escalade des tensions militaires dans la région. La présence de cette église latine dans le territoire palestinien constitue un symbole fort pour la minorité chrétienne locale, déjà fragilisée par le conflit.
Ce lieu de culte représentait jusqu’ici un refuge spirituel pour les croyants de la communauté chrétienne de Gaza. L’attaque soulève donc une onde de choc dans le monde chrétien, tant au Proche-Orient qu’à l’international.
Appels au calme et craintes de nouvelles escalades
Les déclarations appelant à la désescalade se sont multipliées depuis l’annonce de la frappe. Des ONG, des représentants religieux et plusieurs États ont appelé à la retenue, redoutant une nouvelle spirale de violence.
« Il est essentiel de respecter les lieux de culte et de protéger les civils en toutes circonstances », a déclaré un représentant d’une ONG humanitaire active dans la région.
Pour la population chrétienne locale, cet événement marque un tournant inquiétant. Les églises avaient jusqu’ici été relativement épargnées, malgré les nombreuses opérations militaires dans la bande de Gaza.
Une église unique dans la bande de Gaza
L’église catholique latine de la Sainte-Famille est la seule de ce type à Gaza. Son importance dépasse le simple cadre spirituel : elle est également un centre d’aide sociale, accueillant des familles chrétiennes dans le besoin.
La communauté chrétienne à Gaza, déjà très réduite, compte environ 1000 personnes. L’attaque de ce lieu symbolique renforce le sentiment d’isolement et de vulnérabilité parmi ces fidèles.
Conclusion : une frappe qui pose de nombreuses questions
Cette frappe sur une église catholique à Gaza relance le débat sur la protection des lieux saints en temps de guerre. Tandis qu’Israël mène son enquête et que les condamnations se multiplient, les familles touchées pleurent leurs morts.
Ce drame rappelle que dans un conflit aussi complexe et meurtrier que celui du Proche-Orient, les civils et les symboles religieux sont souvent pris au piège. La transparence de l’enquête promise par Israël sera donc particulièrement scrutée dans les jours à venir.
En savoir plus sur News Wall.news
Subscribe to get the latest posts sent to your email.





