
Grève du 18 septembre \ Photo : © Robert DEYRAIL/Gamma-Rapho/Getty Images
Un mouvement national de grande ampleur
La grève du 18 septembre 2025 s’impose comme l’un des événements sociaux majeurs de l’année. À l’appel d’une intersyndicale unie, les salariés de nombreux secteurs se mobilisent contre les orientations budgétaires du gouvernement de Sébastien Lecornu. Le mouvement « Bloquons tout », qui vise à paralyser le pays, est venu renforcer cette journée d’action.
Partout en France, des défilés, des blocages et des grèves touchent les transports, les écoles, les hôpitaux et plusieurs services publics. L’objectif affiché est clair : faire reculer l’exécutif sur ses réformes et dénoncer une politique jugée trop austère.
Les raisons de la mobilisation
La contestation s’ancre principalement dans le projet de budget 2026. Selon les syndicats, il annonce de nouvelles coupes dans les dépenses sociales et publiques. Les fédérations estiment que cela fragilisera encore davantage les services essentiels déjà sous pression, comme la santé ou l’éducation.
Les huit grandes organisations syndicales françaises (CGT, CFDT, FO, CFE-CGC, CFTC, Unsa, FSU et Solidaires) ont réussi à dépasser leurs divisions pour présenter un front commun. Une telle unité syndicale n’avait pas été observée depuis plusieurs années.
Des chiffres significatifs
À 15h, le ministère de l’Intérieur recensait environ 264 000 manifestants sur l’ensemble du territoire. Les syndicats avancent toutefois des chiffres supérieurs, évoquant jusqu’à 900 000 personnes mobilisées.
Environ 128 interpellations avaient déjà eu lieu en début d’après-midi, notamment lors d’incidents à Paris et Nantes. Six policiers ont été blessés, selon les autorités. Malgré ces tensions, la majorité des défilés se sont déroulés dans le calme.
Les secteurs les plus touchés
Les transports paralysés
La grève du 18 septembre a fortement perturbé les transports. La RATP et la SNCF annonçaient une circulation très réduite sur les métros, RER et trains régionaux. En Île-de-France, plusieurs lignes étaient totalement interrompues, compliquant les déplacements des usagers.
Les écoles et services publics
De nombreuses écoles primaires et maternelles étaient fermées faute d’enseignants. Les hôpitaux et cliniques ont également vu leur fonctionnement perturbé, même si un service minimum a été maintenu dans les urgences.

Les sites touristiques
Certains monuments et musées ont fermé leurs portes. La Tour Eiffel, emblème parisien, est restée inaccessible toute la journée.
Une mobilisation régionale diverse
Paris et Île-de-France
À Paris, la manifestation principale a rassemblé plusieurs dizaines de milliers de personnes. En parallèle, une cinquantaine de militants ont brièvement pénétré dans la cour du ministère de l’Économie et des Finances, provoquant une forte réaction des forces de l’ordre.
Lyon et l’Auvergne-Rhône-Alpes
À Lyon, entre 14 000 et 20 000 manifestants se sont réunis selon les estimations. Le cortège a traversé le centre-ville sans incidents majeurs, mais la circulation a été fortement impactée.
Rennes et l’Ouest
La gare de Rennes a été temporairement fermée à la suite d’un blocage des manifestants. Ce type d’action symbolise la stratégie « Bloquons tout », visant à paralyser la logistique et les déplacements.
Occitanie et Sud-Ouest
Dans plusieurs villes comme Toulouse et Montpellier, la mobilisation a été massive. Les syndicats locaux parlent d’une réussite, avec des cortèges plus fournis que lors des précédentes journées de mobilisation.
Le rôle du mouvement « Bloquons tout »
Né dans le sillage des contestations sociales des dernières années, le collectif « Bloquons tout » prône une action radicale. Ses militants encouragent les blocages d’axes routiers, de zones industrielles et de centres logistiques. Leur mot d’ordre : ne pas se limiter aux défilés, mais viser une paralysie totale du pays.
Le 18 septembre, plusieurs blocages de routes et d’entrepôts ont été signalés. Ces actions ont parfois donné lieu à des affrontements avec les forces de l’ordre, notamment à Nantes et Marseille.
Une réponse sécuritaire massive
Face à cette journée à haut risque, le gouvernement a déployé un dispositif inédit : plus de 80 000 policiers et gendarmes ont été mobilisés. À Paris, le centre de la capitale était placé sous haute surveillance, avec des unités anti-émeutes présentes sur tout le parcours des cortèges.
Sébastien Lecornu a dénoncé des « débordements inacceptables » tout en affirmant que le droit de manifester restait garanti. Les syndicats, de leur côté, accusent l’exécutif de « mettre de l’huile sur le feu » en insistant sur l’aspect sécuritaire plutôt que social.
Une journée réussie selon les syndicats
Malgré des chiffres inférieurs aux attentes du côté des autorités, les organisations syndicales parlent déjà d’une mobilisation réussie. L’unité affichée, la diversité des secteurs mobilisés et la forte couverture médiatique donnent du poids à cette journée d’action.
Pour l’intersyndicale, il s’agit d’un avertissement adressé au gouvernement : si les mesures budgétaires ne sont pas révisées, d’autres actions seront programmées dans les prochaines semaines.
Et après le 18 septembre ?
La grève du 18 septembre marque une étape décisive dans le bras de fer entre syndicats et gouvernement. Reste à savoir si cette mobilisation parviendra à infléchir la politique budgétaire. Les prochains jours seront déterminants pour mesurer la suite du mouvement.
Si le gouvernement maintient sa ligne, de nouvelles grèves et manifestations pourraient avoir lieu dès le mois d’octobre. L’intersyndicale affirme être prête à poursuivre la mobilisation dans la durée.
Conclusion
La grève du 18 septembre illustre le profond malaise social qui traverse la France en 2025. Entre inquiétudes économiques, méfiance envers le gouvernement et colère face aux réformes, la contestation se nourrit d’un sentiment d’injustice partagé.
Qu’il s’agisse d’une démonstration ponctuelle ou du début d’un mouvement de longue haleine, cette journée aura marqué les esprits et relancé le débat public sur l’avenir social et budgétaire du pays.
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