
La semoule ivoirienne appelée l'Attiéké
Depuis plusieurs semaines, une rumeur virale secoue les réseaux sociaux : l’Attiéké serait interdit en France. De nombreuses vidéos, partagées sur TikTok, Facebook et WhatsApp, affirment que le gouvernement français préparerait une interdiction officielle de cette semoule de manioc ivoirienne.
Mais après vérification, cette affirmation est totalement fausse. Aucune autorité française n’a annoncé ou envisagé une telle mesure. Décryptage complet d’une intox qui a pris une ampleur considérable.
Qu’est-ce que l’Attiéké ?
L’Attiéké est une semoule de manioc fermentée, originaire de Côte d’Ivoire. Plat emblématique de la gastronomie ivoirienne, il accompagne souvent le poisson, la viande grillée ou les sauces pimentées.
Riche en glucides et pauvre en gluten, ce plat traditionnel s’est imposé dans de nombreux foyers africains à travers le monde, notamment en France, où vit une importante diaspora ivoirienne.
Les supermarchés africains et certaines grandes enseignes françaises en proposent aujourd’hui sous forme fraîche ou déshydratée. L’Attiéké est donc un produit alimentaire courant, parfaitement autorisé et réglementé.
La naissance de la rumeur
Tout est parti d’une vidéo publiée début octobre 2025 sur TikTok. L’auteur, se présentant comme “informé des nouvelles réglementations alimentaires”, affirmait que la France “allait interdire l’importation et la consommation de l’Attiéké pour des raisons sanitaires”.
Rapidement, la vidéo a cumulé des centaines de milliers de vues. De nombreux internautes ont relayé l’information, certains évoquant des prétendues “bactéries dans le manioc”, d’autres dénonçant “une attaque contre la culture africaine”.
Cependant, aucune preuve concrète n’accompagnait ces affirmations. Les captures d’écran de faux communiqués du ministère de la Santé français, diffusées en parallèle, ont renforcé la confusion.
La vérification des faits
Aucune annonce officielle
Contacté par France 24 Info ou Intox, le ministère de la Santé a formellement démenti l’existence d’un tel projet.
“Aucune restriction, ni interdiction concernant le manioc ou ses dérivés n’a été envisagée en France”, précise le ministère.
L’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) dément également
L’ANSES, chargée du contrôle de la sécurité alimentaire, confirme que l’Attiéké est un produit autorisé à la consommation.
L’agence rappelle toutefois que, comme pour tous les produits importés, des contrôles sanitaires sont réalisés pour vérifier leur conformité aux normes européennes.
L’origine de la confusion
Des internautes ont confondu des alertes sanitaires locales sur certaines marques d’Attiéké mal conservées avec une interdiction nationale.
En réalité, ces retraits ponctuels de lots sont classiques dans le cadre des procédures de sécurité alimentaire, sans rapport avec une interdiction générale.
Comment la désinformation s’est propagée
La viralité de la rumeur s’explique par plusieurs facteurs :
Un sujet identitaire fort : l’Attiéké n’est pas seulement un aliment, c’est un symbole culturel pour des millions d’Africains.
Le manque de vérification : beaucoup ont partagé sans consulter les sources officielles.
L’émotion et l’indignation : l’idée d’une interdiction a été perçue comme une attaque contre la culture africaine.
L’usage de faux documents : des comptes ont diffusé de prétendus communiqués de presse ministériels, générés par IA.
Ce type de manipulation joue sur les émotions et exploite la défiance envers les autorités pour créer un sentiment d’injustice et de colère.
Pourquoi c’est une “intox” avérée
Les journalistes de France 24 ont mené une enquête de fact-checking complète :
Aucune mention d’interdiction dans les bases de données législatives françaises (Légifrance).
Aucun communiqué officiel des ministères concernés.
Des visuels de “documents” falsifiés portant des logos incohérents.
Une origine unique de la rumeur, sans relais institutionnel.
Tout indique donc que cette information a été fabriquée de toutes pièces pour susciter le buzz.
Les dangers de la désinformation alimentaire
Une atteinte à la cohésion sociale
Les rumeurs alimentaires touchent souvent des communautés précises. Dans ce cas, la diaspora africaine en France s’est sentie visée, ce qui a alimenté un sentiment d’exclusion.
Des conséquences économiques
Les commerçants et importateurs d’Attiéké ont constaté une baisse temporaire de leurs ventes. Certains clients craignaient une interdiction prochaine et n’osaient plus acheter le produit.
Une perte de confiance dans les institutions
Chaque fausse alerte renforce la méfiance envers les médias et les autorités, rendant la population plus vulnérable aux futures intox.
Comment reconnaître une “fake news” alimentaire
Vérifiez la source : si la vidéo vient d’un compte personnel non vérifié, méfiez-vous.
Recherchez les articles factuels : des médias comme France 24 Info ou Intox ou AFP Factuel publient régulièrement des vérifications.
Consultez les sites officiels : sante.gouv.fr, economie.gouv.fr ou anses.fr publient les véritables alertes.
Méfiez-vous des formulations alarmistes : les vraies annonces officielles sont précises et datées.
Signalez les publications trompeuses sur les réseaux sociaux pour limiter leur diffusion.
L’Attiéké reste parfaitement autorisé en France
L’Attiéké n’est pas interdit, ni menacé. Il reste librement importé, vendu et consommé en France.
Les contrôles alimentaires appliqués aux produits exotiques visent uniquement à garantir la sécurité sanitaire, pas à interdire des traditions culinaires.
Le gouvernement français n’a exprimé aucune intention d’interdire le manioc, le gari ou tout autre aliment africain.
Les consommateurs peuvent donc continuer à savourer ce plat traditionnel sans crainte.
Le rôle du fact-checking dans la société
Les plateformes de vérification comme France 24 Info ou Intox, AFP Factuel ou CheckNews (Libération) jouent un rôle essentiel pour contrer la désinformation.
Elles analysent les contenus viraux, vérifient les sources et publient les preuves.
Face à la montée des fausses informations sur Internet, le fact-checking est devenu une composante essentielle du journalisme moderne.
Conclusion
La rumeur sur l’interdiction de l’Attiéké en France illustre une fois de plus le pouvoir destructeur des fake news.
Aucune mesure d’interdiction n’a été prise ni envisagée.
Cette intox repose sur de fausses images et sur des émotions collectives manipulées.
L’Attiéké reste autorisé, apprécié et consommé légalement en France.
La vigilance reste la meilleure arme contre la désinformation.
En savoir plus sur News Wall.news
Subscribe to get the latest posts sent to your email.





