
Le président Argentin Javier Milei \ Photo : Samuel Corum\Sipa\Bloomberg
Les élections législatives argentines 2025 marquent un tournant décisif dans la politique du pays. Le président libertarien Javier Milei, arrivé au pouvoir en décembre 2023, a consolidé sa position grâce à une large victoire de son parti La Libertad Avanza (LLA). Avec environ 40,7 % des voix, il devance largement l’opposition péroniste, qui plafonne à 31,7 %. Ce succès électoral renforce son programme économique ultra-libéral, mais il ne résout pas la difficulté majeure : gouverner sans majorité absolue.
Une élection cruciale pour le président libertarien
Le contexte politique et économique
Depuis son arrivée au pouvoir, Javier Milei s’est imposé comme une figure atypique et controversée. Économiste de formation, il a bâti sa popularité sur un discours anti-étatiste, dénonçant la corruption et les excès du péronisme. Son objectif : réduire drastiquement les dépenses publiques, libéraliser l’économie et rompre avec les pratiques clientélistes héritées des décennies précédentes.
Mais en 2025, l’Argentine reste plongée dans une crise économique profonde. L’inflation dépasse encore les 90 %, la pauvreté touche près de 45 % de la population, et la dette extérieure continue de peser lourd sur les finances nationales. Ces élections législatives apparaissaient donc comme un test de confiance populaire envers Milei et sa politique d’austérité.
Un scrutin sous haute tension
Le scrutin du 26 octobre 2025 a mobilisé massivement les électeurs. La campagne a été marquée par une polarisation extrême : d’un côté, Milei promettait de « détruire l’État parasite », de l’autre, les péronistes alertaient sur le risque d’un démantèlement social.
Les observateurs internationaux ont souligné la bonne organisation du vote, même si des tensions ont été signalées dans certaines provinces du Nord.
Les résultats : une victoire sans majorité absolue
Les résultats officiels confirment la dynamique du pouvoir en place :
La Libertad Avanza (LLA) : 40,7 % des voix
Alliance péroniste Fuerza Patria : 31,7 %
Coalition centriste Ensemble pour le Changement : 15,2 %
Autres partis régionaux et de gauche : 12,4 %
Grâce à ce score, le mouvement de Milei triple son nombre de sièges à la Chambre des députés, mais reste en dessous du seuil de majorité absolue. Au Sénat, la progression est plus modeste. Cela signifie que le président devra négocier chaque loi avec des alliés ponctuels.
Un mandat renforcé pour les réformes libérales
Objectif : transformer l’économie argentine
La victoire renforce la légitimité de Milei pour poursuivre ses réformes économiques. Parmi les chantiers prioritaires figurent :
La privatisation d’entreprises publiques jugées déficitaires.
La réduction du nombre de fonctionnaires et la fin de nombreux programmes d’aides.
Une réforme du travail visant à flexibiliser les embauches et à attirer les investisseurs.
L’ouverture accrue de l’économie aux capitaux étrangers, notamment américains.
Ces réformes sont perçues par ses partisans comme le seul moyen de relancer la croissance après des décennies d’échecs macroéconomiques. Ses opposants dénoncent, au contraire, une politique qui risque d’aggraver la pauvreté et d’affaiblir les protections sociales.
La réaction des marchés financiers
Au lendemain du scrutin, la bourse de Buenos Aires a bondi de plus de 6 %, portée par la confiance des investisseurs. Le peso argentin s’est stabilisé, et les taux d’intérêt à court terme ont légèrement reculé. Les marchés internationaux saluent ce résultat comme un signe de stabilité politique relative, essentielle pour renégocier les conditions avec le Fonds monétaire international (FMI).
Un équilibre politique toujours fragile
L’absence de majorité absolue
Malgré son succès, Milei reste confronté à un obstacle majeur : il ne contrôle ni la Chambre ni le Sénat. Les péronistes conservent une forte implantation régionale, notamment dans les provinces industrielles du centre et du Nord. Pour gouverner, le président devra composer avec des forces locales et faire preuve de compromis, une qualité qu’il n’a pas toujours montrée.
Les tensions sociales grandissantes
Les coupes budgétaires imposées par le gouvernement ont déjà provoqué plusieurs manifestations massives à Buenos Aires et Córdoba. Les syndicats dénoncent la suppression de milliers d’emplois publics et la hausse du coût de la vie. La victoire électorale de Milei ne signifie donc pas la fin des tensions, mais peut-être leur transformation en confrontation politique permanente.
Une réorientation géopolitique assumée
Vers un rapprochement avec Washington
Depuis son arrivée au pouvoir, Javier Milei affiche une proximité claire avec les États-Unis. Son gouvernement a signé un accord de swap de devises de 20 milliards de dollars avec la Réserve fédérale américaine. Cette entente vise à stabiliser le peso et à renforcer les liens financiers bilatéraux.
En revanche, Milei a pris ses distances avec la Chine, pourtant l’un des principaux partenaires commerciaux de l’Argentine, estimant que Pékin représente une « menace pour la liberté ».
Une diplomatie en rupture
Cette politique étrangère rompt avec la tradition sud-américaine d’équilibre entre grandes puissances. Le président argentin veut positionner son pays dans le camp des démocraties libérales, aux côtés des États-Unis, du Royaume-Uni et d’Israël. Cette orientation séduit une partie de l’opinion, mais inquiète les voisins du Mercosur, notamment le Brésil et le Paraguay, qui redoutent une perte de cohésion régionale.

Les prochaines étapes politiques
Réformes constitutionnelles envisagées
Javier Milei envisage désormais une révision partielle de la Constitution pour simplifier les procédures législatives et renforcer l’exécutif. Ses adversaires y voient une dérive autoritaire, mais ses partisans jugent cette réforme nécessaire pour « moderniser » l’État.
Toute modification constitutionnelle devra toutefois passer par une majorité qualifiée au Parlement, aujourd’hui hors de portée.
Négociations avec les provinces
Les gouverneurs provinciaux, souvent issus de partis d’opposition, détiennent un pouvoir considérable. Le président devra trouver des compromis, notamment sur la répartition des ressources fiscales. Le risque : une guerre politique territoriale qui ralentirait les réformes économiques.
Perspectives pour 2026 et au-delà
Les élections législatives argentines 2025 offrent à Milei une base politique solide, mais pas un chèque en blanc. Les prochains mois seront déterminants :
S’il parvient à réduire l’inflation sans explosion sociale, il pourrait devenir le président réformateur que l’Argentine attend depuis 30 ans.
En cas d’échec, la déception pourrait être brutale et ouvrir la voie à un retour du péronisme ou d’une droite modérée.
L’équation est claire : réformer vite, mais sans briser la société.
Conclusion
La victoire de Javier Milei aux élections législatives argentines 2025 symbolise la montée d’un libéralisme économique radical en Amérique latine. En renforçant son poids politique, le président obtient un mandat pour transformer l’Argentine. Mais son pouvoir reste fragile, dépendant des alliances et de la patience d’une population épuisée par la crise.
Le monde observe désormais si l’expérience Milei marquera la renaissance économique du pays, ou au contraire, une nouvelle phase d’instabilité.
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