
Des poissons qui nagent non loin de l'île de Catalina Island en 2016 \ Photo : Allen J. Schaben \ Los Angeles Times
Le Blob océanique est de retour. Ce phénomène inquiétant, apparu pour la première fois en 2013 dans le Pacifique Nord, désigne une immense zone d’eaux anormalement chaudes. En 2025, il refait surface avec une intensité préoccupante, mettant en danger les écosystèmes marins, la pêche et l’équilibre climatique mondial.
Selon les observations de la NOAA, ce nouvel épisode, baptisé NEP25A, s’étend déjà sur plus de 8 millions de kilomètres carrés, soit une surface comparable à celle du Canada.
Qu’est-ce que le Blob océanique ?
Le Blob océanique n’a rien à voir avec la créature de film de science-fiction des années 1950. Il s’agit d’une vague de chaleur marine durable, où la température de l’eau dépasse largement la moyenne saisonnière pendant plusieurs mois.
Découvert en 2013, il a rapidement attiré l’attention des scientifiques : entre 2014 et 2016, le premier Blob avait réchauffé le Pacifique Nord de plus de 3 °C, provoquant des désastres écologiques majeurs.
Un phénomène climatique amplifié par le réchauffement global
Le Blob océanique résulte d’une combinaison de facteurs :
Des vents faibles qui réduisent le brassage de l’eau ;
Une absence de tempêtes laissant la chaleur s’accumuler ;
Un rayonnement solaire accru, réchauffant la surface ;
Et surtout, le changement climatique, qui fait grimper la température moyenne des océans.
Ces éléments créent une « couche de chaleur » persistante. Or, une fois installée, elle perturbe profondément la vie marine et la dynamique atmosphérique.
Le Blob 2025 : un retour plus rapide et plus large
En 2025, les satellites et stations océanographiques détectent un nouvel épisode de réchauffement massif dans le Pacifique Nord. Baptisé NEP25A par la NOAA, ce « Blob » s’est formé au printemps dans le golfe d’Alaska, avant de s’étendre vers la côte ouest des États-Unis.
Des températures anormales
Les relevés montrent des anomalies thermiques allant jusqu’à +5,5 °C au-dessus des normales saisonnières. En septembre, la zone couvrait près de 8 millions km², faisant de cet épisode le quatrième plus important depuis 1982.
Les experts redoutent que la chaleur se propage encore davantage si les vents côtiers ne se renforcent pas à l’approche de l’hiver.
Un Pacifique bouleversé
Ce réchauffement perturbe déjà les courants marins : l’eau chaude reste piégée en surface, tandis que les eaux froides, riches en nutriments, ne remontent plus. Résultat : le phytoplancton – base de la chaîne alimentaire marine – décline, provoquant un effet domino sur tout l’écosystème.
Des conséquences écologiques alarmantes
Un désastre pour la vie marine
Lors du premier Blob (2013-2016), les scientifiques avaient observé :
Une mortalité massive d’oiseaux marins ;
Des poissons migrateurs déplaçant leurs routes ;
Des otaries et phoques affamés ;
Une explosion d’algues toxiques le long de la côte pacifique.
Le Blob 2025 semble suivre la même trajectoire. Dans certaines zones, les pêcheurs signalent déjà des prises inhabituellement faibles et la disparition de certaines espèces côtières.
Des écosystèmes fragilisés
Les récifs de kelp (forêts d’algues marines), essentiels à la biodiversité, dépérissent sous la chaleur. Leur disparition réduit les abris pour les poissons et compromet la reproduction de nombreuses espèces.
En parallèle, la baisse du phytoplancton diminue la capacité des océans à absorber le CO₂, accentuant le dérèglement climatique.
Des impacts économiques et humains
Le Blob océanique ne menace pas seulement la faune. Les populations côtières dépendent directement de la mer pour leur subsistance.
Pêche et économie en péril
Les pêcheurs du Pacifique Nord font face à des captures en chute libre. Le saumon, le thon et d’autres espèces commerciales se déplacent vers des eaux plus froides. Les revenus des communautés locales baissent, tandis que les prix du poisson augmentent.
Les pertes économiques du précédent épisode avaient été estimées à plus de 100 millions de dollars. Ce nouveau Blob pourrait être encore plus coûteux.
Tourisme et santé publique
L’apparition d’algues toxiques entraîne la fermeture de plages et d’activités nautiques. Certaines de ces algues produisent des neurotoxines dangereuses pour l’homme et les animaux. Les autorités côtières surveillent désormais étroitement la qualité de l’eau.

Quand l’océan influence le climat
Le Blob océanique n’est pas qu’un problème marin. Il influence aussi l’atmosphère terrestre.
Les scientifiques de la NOAA notent que la chaleur accumulée dans le Pacifique modifie la position du jet stream, ce courant d’air qui façonne la météo de l’hémisphère Nord.
Des hivers plus extrêmes
Lors du premier Blob, l’Amérique du Nord avait connu un hiver anormal :
Sécheresse sur la côte ouest ;
Froid intense dans le centre et l’est du continent.
Le phénomène agit donc comme un amplificateur climatique, perturbant les équilibres météorologiques sur des milliers de kilomètres.
Risques pour l’Europe
Même si le Blob se situe loin de nos côtes, ses effets peuvent indirectement influencer le climat européen. Les échanges de chaleur entre océans et atmosphère impactent la circulation globale, ce qui peut modifier les régimes de vent et de pluie jusqu’en Europe occidentale.
Les causes scientifiques du Blob
Les chercheurs identifient plusieurs facteurs convergents derrière le Blob océanique :
Réchauffement climatique global : les océans absorbent plus de 90 % de la chaleur excédentaire de la planète.
Vents anormaux : des vents affaiblis réduisent le brassage de l’eau, empêchant le refroidissement.
Circulation océanique ralentie : la stratification des couches d’eau isole la chaleur en surface.
Effet boule de neige : plus l’eau reste chaude, moins elle se mélange, renforçant le phénomène.
En résumé, le Blob est à la fois un symptôme du réchauffement planétaire et un amplificateur de ses effets.
Un phénomène désormais récurrent ?
Les vagues de chaleur marines comme le Blob deviennent de plus en plus fréquentes. D’après les données du Marine Heatwave Tracker, leur durée moyenne a doublé depuis les années 1980.
Autrefois considérées comme exceptionnelles, elles sont aujourd’hui trois fois plus nombreuses qu’il y a quarante ans.
Vers une « nouvelle norme » océanique
Les scientifiques craignent que les océans entrent dans une phase de réchauffement permanent. Les anomalies thermiques ne disparaissent plus complètement : elles se déplacent, s’affaiblissent temporairement, puis réapparaissent ailleurs.
Ce scénario pourrait bouleverser durablement les écosystèmes marins, mais aussi la régulation du climat mondial.
Les réponses internationales
Face à ces signaux d’alerte, les initiatives se multiplient.
Le traité sur la haute mer
Entrant en vigueur début 2026, le High Seas Treaty permettra de créer de nouvelles aires marines protégées. Ces zones seront essentielles pour préserver la biodiversité et renforcer la résilience des océans face à des phénomènes comme le Blob.
La surveillance scientifique renforcée
La NOAA, l’ONU et plusieurs instituts européens ont lancé des programmes conjoints de surveillance océanique. Leur objectif : détecter plus tôt les vagues de chaleur marines afin d’anticiper leurs impacts économiques et écologiques.
Les pistes d’atténuation
À long terme, seule une réduction massive des émissions de CO₂ pourra limiter la fréquence de ces événements. En parallèle, les scientifiques plaident pour une gestion durable des pêcheries, une réduction des pollutions côtières et la restauration des habitats marins.
Un signal d’alarme pour la planète bleue
Le Blob océanique symbolise parfaitement la fragilité des équilibres climatiques.
L’océan, qui absorbe habituellement la chaleur et le carbone, montre aujourd’hui ses limites. Sa capacité d’autorégulation diminue, et les conséquences s’étendent jusqu’aux continents.
Ce phénomène rappelle que la crise climatique ne se joue pas seulement dans l’atmosphère, mais aussi dans les profondeurs marines.
Si rien n’est fait, les Blob risquent de devenir un phénomène récurrent, transformant durablement la physionomie des océans et du climat mondial.
Conclusion
Le retour du Blob océanique n’est pas un simple événement passager. C’est le signe visible d’un déséquilibre durable entre l’océan et l’atmosphère.
Sa réapparition en 2025 confirme que la planète entre dans une ère où les vagues de chaleur marines deviennent un enjeu majeur pour la biodiversité, la sécurité alimentaire et le climat.
Surveiller, comprendre et agir dès maintenant reste notre seule chance d’éviter un point de non-retour pour les océans.
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