Accueil » Politique » Politique Française » Loi Duplomb : Darmanin condamne les menaces contre les députés après le vote polémique

La loi Duplomb,  autorise à titre exceptionnel le retour du pesticide acétamipride, continue de susciter la controverse. Déjà au cœur d’une vive opposition citoyenne, elle est aujourd’hui liée à une série de menaces visant des membres du Parlement.

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Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin. © Photo : Emmanuel Dunand/AFP

Adoptée récemment, cette loi accorde une dérogation pour l’utilisation de l’acétamipride, une substance appartenant à la famille des néonicotinoïdes, bannie en France depuis 2018. Si cette mesure satisfait une partie des agriculteurs, notamment dans la filière betteravière et la culture de la noisette, elle soulève une vive inquiétude du côté des apiculteurs, des ONG écologistes et de plusieurs élus de gauche.

Un pesticide utile, mais très critiqué

Les défenseurs du texte avancent un argument économique. Selon eux, l’interdiction de l’acétamipride place les producteurs français en situation de désavantage face à leurs concurrents européens, toujours autorisés à l’utiliser. Ils estiment ne disposer d’aucune solution viable contre certains ravageurs destructeurs de récoltes.

À l’opposé, les apiculteurs dénoncent un produit dangereux pour les abeilles, qualifiant l’acétamipride de « tueur silencieux ». Les conséquences potentielles sur la santé humaine sont également source d’inquiétudes. En l’absence d’études sanitaires approfondies, le doute persiste quant aux effets à long terme de ce pesticide.

Des élus pris pour cible, malgré leur position divergente

Depuis la relance du débat ce week-end, consécutive à une pétition ayant rassemblé plus d’un million de signatures, plusieurs parlementaires se retrouvent dans le viseur de manifestants en colère. Le ministère de l’Intérieur rapporte neuf cas d’atteintes à des élus, qu’ils aient voté pour ou contre la loi Duplomb.

Les faits rapportés incluent des dégradations de permanences, des insultes en ligne, ainsi que des actions militantes ciblées. À Clermont-Ferrand, la députée Delphine Lingemann a vu les murs de sa permanence recouverts de messages dénonciateurs. L’un des slogans affichés : « Voici les députés qui ont voté la loi Duplomb, le vivant les jugera. »

Une réponse judiciaire rapide annoncée

Face à cette montée des tensions, Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur, a réagi publiquement ce lundi 21 juillet. Il a jugé ces intimidations « inacceptables » et a affirmé vouloir agir sans délai. Selon France Info, le ministre a adressé des instructions claires aux procureurs de la République afin que toute menace soit traitée avec rigueur.

Il demande notamment de poursuivre systématiquement les auteurs de tels agissements et de prévoir un accompagnement spécifique pour chaque député menacé, sans distinction de leur position sur la loi Duplomb.

En parallèle, Éric Dupond-Moretti, ministre de la Justice, a appuyé cette démarche en soulignant l’importance de préserver la liberté de vote et l’intégrité des institutions démocratiques. « Aucune opinion ne justifie des attaques personnelles ou physiques contre un élu de la République », a-t-il déclaré.


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