
MarineLand au Canada \ Photo : dnyuz.com
Le célèbre parc d’attractions et aquarium Marineland, situé à Niagara Falls (Ontario), fait de nouveau parler de lui. Fermé depuis 2024 après des années de controverses liées au traitement de ses animaux marins, le site affirme aujourd’hui qu’il pourrait euthanasier ses 30 derniers bélugas si le gouvernement canadien refuse de lui accorder une aide financière.
Cette menace, révélée par plusieurs médias dont The Guardian, CBC et CBS News, provoque une onde de choc dans le pays et au-delà.
Marineland : la fin d’une ère controversée
Soixante ans d’histoire mouvementée
Fondé il y a plus de 60 ans, Marineland a longtemps été une attraction phare du tourisme à Niagara Falls. Mais derrière son image familiale, le parc a accumulé les accusations de maltraitance animale. Depuis 2019, 20 cétacés y seraient morts, selon The Guardian.
En septembre 2024, après des décennies d’activité, Marineland a finalement fermé ses portes au public, invoquant des difficultés financières et la baisse de fréquentation.
Une vente inachevée
Mis en vente en 2023, le site n’a pas trouvé preneur. Ses dirigeants ont tenté depuis de vendre les animaux restants, notamment les bélugas, à des aquariums étrangers.
Mais plusieurs demandes ont été rejetées par le gouvernement canadien, qui interdit désormais la reproduction et la vente de cétacés captifs à des fins commerciales, sauf exception scientifique.
La menace d’euthanasie : un appel à l’aide ou un chantage ?
Le 3 octobre 2025, les dirigeants de Marineland ont adressé une lettre au ministère des Pêches et des Océans du Canada, dirigé par Joanne Thompson.
Dans ce courrier, le parc affirme être dans une situation financière critique, incapable de subvenir aux besoins des 30 bélugas toujours présents sur place.
Une demande de financement refusée
Selon CBS News, Marineland exigeait soit un soutien financier du gouvernement fédéral, soit une autorisation d’exporter les animaux vers un autre pays avant le 7 octobre.
Sans réponse positive, la direction a menacé d’euthanasier les cétacés, qu’elle ne peut plus nourrir ni soigner correctement.
La ministre Joanne Thompson a immédiatement rejeté cette demande, jugeant la situation « inacceptable ».
« Le fait que Marineland n’ait pas planifié d’alternative viable malgré des années d’élevage en captivité ne met pas la responsabilité de vos dépenses sur le gouvernement », a-t-elle déclaré dans une lettre publiée par CBS.
Un contexte juridique et éthique explosif
L’interdiction d’exporter les bélugas vers la Chine
Quelques jours plus tôt, Marineland avait demandé l’autorisation de vendre ses bélugas à un parc à thème en Chine.
La ministre Thompson avait déjà refusé cette exportation, estimant qu’elle contribuerait à de nouvelles souffrances animales. Cette décision a précipité la crise actuelle.
Les défenseurs des animaux dénoncent une “chantage moral”
Pour Erin Ryan, responsable de la campagne faune sauvage chez World Animal Protection Canada, cette menace est “moralement répréhensible”.
“L’euthanasie ne doit jamais servir à réduire les coûts d’entretien. Elle ne devrait être envisagée que lorsqu’une évaluation vétérinaire indépendante estime qu’elle est dans l’intérêt des animaux”, a-t-elle déclaré à CBC.
Les bélugas, victimes silencieuses du système
Des conditions de captivité longtemps critiquées
Les bélugas de Marineland vivent depuis des années dans des bassins étroits, souvent décrits comme inadaptés à leurs besoins physiologiques.
Des enquêtes ont révélé des comportements anormaux liés au stress, ainsi que des problèmes de santé causés par la promiscuité et le manque de stimulation.
Une espèce sensible et sociale
Ces cétacés arctiques sont connus pour leur intelligence et leur forte sociabilité.
Les scientifiques s’accordent à dire qu’ils souffrent énormément en captivité, privés de leur environnement naturel et de leurs interactions libres.
Réactions internationales et politiques
Tollé mondial
L’affaire a immédiatement suscité des réactions indignées au Canada et à l’étranger.
De nombreuses ONG appellent le gouvernement à sauver les bélugas et à les transférer vers des sanctuaires marins, comme ceux développés en Islande ou en Colombie-Britannique.
Pression sur Ottawa
Les partis écologistes et plusieurs députés fédéraux demandent à Ottawa d’agir rapidement pour éviter un drame animalier qui ternirait l’image du pays, pourtant souvent cité comme modèle de protection environnementale.

Et maintenant ? Quelles solutions possibles ?
Option 1 : le transfert vers un sanctuaire marin
La solution la plus évoquée serait de relocaliser les 30 bélugas dans un sanctuaire marin, géré par des ONG et des biologistes indépendants.
Ce type de refuge permettrait aux animaux de vivre dans des conditions semi-naturelles, tout en restant suivis médicalement.
Option 2 : la reprise du site par l’État ou une fondation
Certains experts proposent que le gouvernement fédéral reprenne temporairement la gestion du site, en partenariat avec des organisations spécialisées.
Cela éviterait une euthanasie injustifiable et garantirait la survie des animaux le temps d’une solution durable.
Option 3 : intervention d’associations internationales
Des associations comme PETA, Sea Shepherd ou World Animal Protection pourraient également contribuer financièrement ou logistiquement au sauvetage, à condition que le Canada autorise un transfert rapide.
Une image ternie pour Marineland
La crise actuelle vient clore un long chapitre de polémiques autour du parc canadien.
Entre accusations de négligence, mortalité élevée et pression médiatique, Marineland est désormais symbole des dérives d’une industrie en déclin.
Son sort, tout comme celui des bélugas, pose une question essentielle : jusqu’où peut-on tolérer la captivité animale à des fins de divertissement ?
Conclusion
Le cas de Marineland au Canada illustre la crise morale et écologique que représente la captivité des mammifères marins.
Alors que les 30 bélugas attendent leur sort, le débat s’intensifie entre impératifs financiers, considérations éthiques et responsabilité publique.
Une chose est sûre : le sort de ces animaux pourrait bien devenir un tournant majeur pour la protection animale au Canada.
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