
Snapchat à gauche et TikTok à droite / webmarketing-com.com
Depuis quelques années, les rixes entre jeunes ne se déclenchent plus uniquement dans la rue ou devant les établissements scolaires. Désormais, Snapchat et TikTok sont devenus des déclencheurs directs de violences urbaines. À travers des vidéos, des stories, des provocations ou des défis lancés en ligne, de nombreuses bandes s’organisent, se défient et parfois se battent sous l’œil complice des smartphones.
Cette digitalisation des conflits entre quartiers, groupes rivaux ou simples adolescents entraîne une nouvelle forme de tension. Moins visible pour les autorités, plus rapide à diffuser, mais avec des conséquences parfois dramatiques.
La vidéo au cœur des rivalités
Tout commence souvent par une vidéo. Un clip humiliant, une insulte publiée en story, ou même une fausse rumeur volontairement montée en épingle. Sur Snapchat, les images s’effacent, mais la capture d’écran permet aux contenus de survivre. Sur TikTok, les commentaires et les duos permettent d’alimenter la spirale de la provocation.
De simples rivalités verbales peuvent très vite dégénérer en appels à la confrontation. Des “venez, on se retrouve ici à 17h”, envoyés en privé ou affichés publiquement, deviennent des rendez-vous de violence assumée.
Des conséquences de plus en plus graves
Si les premières rixes médiatisées se limitaient à des échanges de coups, les incidents récents sont plus préoccupants. L’usage d’armes blanches est désormais courant. Certaines rixes ont conduit à des hospitalisations, voire à des décès, comme ce fut le cas à Champigny-sur-Marne, Bondy ou Lyon ces dernières années.
Le profil des participants est souvent similaire : des adolescents entre 13 et 18 ans, parfois même plus jeunes. Ils viennent de quartiers différents, parfois opposés depuis longtemps, mais souvent manipulés ou incités par des figures plus âgées ou influentes sur les réseaux.
Pourquoi les réseaux attirent autant ?
Les réseaux sociaux récompensent la visibilité. Une vidéo de rixe filmée et publiée peut générer des milliers de vues en quelques heures. Certains jeunes se filment en train de provoquer ou frapper leurs adversaires pour obtenir du “buzz”, gagner des abonnés ou simplement impressionner leur entourage.
L’effet pervers est qu’ils s’exposent volontairement à la justice, car ces images servent ensuite de preuves devant les tribunaux. Mais pour beaucoup, le sentiment d’impunité l’emporte sur la peur des sanctions.

Une réponse judiciaire de plus en plus ferme
Face à ce phénomène, les procureurs et la police s’adaptent. La cybersurveillance s’intensifie. Les brigades de protection des mineurs, mais aussi les services spécialisés dans les réseaux, traquent les comptes liés aux appels à la violence.
Les vidéos sont souvent utilisées comme preuves lors des gardes à vue ou des auditions de mineurs. Des mineurs ont déjà été condamnés pour incitation à la violence, complicité de rixe, ou violences aggravées après la publication de contenus sur TikTok ou Snapchat.
Les parents souvent dépassés
Un autre point préoccupant : les familles découvrent souvent les faits après coup, quand leur enfant a déjà participé à une rixe ou est convoqué par la police. Beaucoup de parents ne maîtrisent pas les codes de ces plateformes. Ils ne voient pas les publications en “privé” ou ne savent pas que leur enfant fait partie d’un groupe de messagerie où les confrontations sont organisées.
Des associations proposent désormais des formations aux parents, pour comprendre le fonctionnement de ces applications et prévenir les dérives.
Des chiffres encore flous, mais une tendance nette
Il est difficile d’obtenir des chiffres précis sur les rixes organisées via les réseaux sociaux. Les autorités reconnaissent un phénomène croissant, mais mal quantifié. Certaines villes comme Marseille, Montpellier ou Créteil rapportent une hausse des interventions pour violences collectives depuis deux ans.
Les établissements scolaires signalent aussi une augmentation des tensions liées à des échanges numériques, avec parfois des bagarres organisées à la sortie de l’école ou dans des parcs publics.
Les plateformes sous pression
Face à cette explosion de violence filmée, Snapchat et TikTok sont critiqués pour leur manque de réactivité. Bien que les deux entreprises assurent collaborer avec les autorités, les vidéos restent souvent en ligne plusieurs heures, parfois même des jours.
Des députés français ont déjà proposé que la diffusion de contenus violents filmés en rixe soit criminalisée, même sans participation directe. Objectif : tarir l’effet de spectacle qui pousse certains jeunes à filmer ou encourager les violences.
Une violence à mi-chemin entre le réel et le virtuel
Ce phénomène de rixes sur les réseaux sociaux témoigne d’un changement plus profond : la frontière entre le virtuel et le réel devient floue. Un simple message ou une provocation numérique peut désormais déboucher sur des affrontements bien réels, parfois très violents.
Cela pose un défi majeur à la justice, à l’éducation nationale et aux familles. Il ne s’agit plus seulement de surveiller les cours de récréation, mais aussi les groupes privés, les messages éphémères, les hashtags et les commentaires.
Conclusion
La multiplication des rixes sur les réseaux sociaux révèle un nouveau visage de la violence juvénile. Plus rapide, plus visible, plus partagée, elle s’enracine dans un univers numérique difficile à réguler, mais essentiel à comprendre.
La réponse devra être collective : écoles, parents, justice, plateformes, associations. Car tant que ces vidéos continueront d’être vues, likées et commentées, elles nourriront ce cercle vicieux où chaque clic alimente la prochaine rixe.
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