Accueil » Politique » Politique dans le Monde » Thaïlande – Cambodge : tensions à la frontière, la guerre redoutée
I5JWU4JLVZG6BDSJAHUWX27BSQ

©AFP or licensors

La frontière entre la Thaïlande et le Cambodge s’embrase. Bombardements, évacuations, diplomatie en alerte… Une guerre est-elle sur le point d’éclater ? Détails dans notre article.

Un affrontement qui fait craindre le pire

Les tensions Thaïlande Cambodge se sont dangereusement intensifiées ces dernières heures. Bangkok a tiré la sonnette d’alarme : si l’escalade actuelle se poursuit, un conflit armé à grande échelle pourrait éclater. L’alerte intervient juste avant une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU prévue à New York, réclamée par Phnom Penh.

Depuis deux jours, la frontière entre les deux pays d’Asie du Sud-Est est le théâtre d’affrontements d’une violence inédite depuis plus d’une décennie. Chars, artillerie lourde, troupes au sol et même avions de chasse ont été mobilisés. La situation est d’autant plus critique que près de 140 000 Thaïlandais ont été contraints de fuir leurs domiciles.

Des pertes humaines et des dégâts matériels

Le ministère thaïlandais de la Santé a annoncé un bilan lourd : 15 personnes sont décédées, dont un militaire, et plus de 40 ont été blessées. Les civils sont particulièrement touchés, et les évacuations dans les provinces du nord-est se poursuivent vers des centres d’accueil d’urgence.

Côté cambodgien, les autorités déplorent la mort d’un homme de 70 ans et recensent au moins cinq blessés. Des journalistes présents sur le terrain ont observé plusieurs soldats cambodgiens soignés dans des hôpitaux locaux, ainsi que trois civils victimes d’éclats d’obus.

Une dispute frontalière enracinée dans l’histoire

Le différend à l’origine des tensions Thaïlande Cambodge remonte à l’époque coloniale. La démarcation territoriale issue de l’Indochine française n’a jamais été pleinement reconnue des deux côtés. L’un des points de friction majeurs reste la zone autour du temple de Preah Vihear, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO.

La Cour internationale de justice a déjà statué à deux reprises (en 1962 et 2013) en faveur du Cambodge sur la propriété du site et de ses environs. Malgré ces décisions, les contestations n’ont jamais cessé. Le dernier incident grave datait de 2011, après plusieurs accrochages meurtriers.

ad3cca32 51ac 402b 9f9c 37fd2f838a67
Près de 140’000 Thaïlandais ont été déplacés de la zone de conflit avec le Cambodge.
AFP

Un nouveau dérapage dans le « Triangle d’émeraude »

L’étincelle ayant rallumé la mèche a été la mort d’un soldat cambodgien à la fin du mois de mai. Les faits se sont produits dans une zone connue sous le nom de « Triangle d’émeraude », où les patrouilles des deux armées sont régulières. Depuis, les échanges de tirs se sont multipliés.

Vendredi matin, des combats ont repris dans trois zones frontalières, selon l’armée thaïlandaise. Celle-ci accuse le Cambodge d’avoir utilisé des roquettes BM-21 et de l’artillerie lourde. En retour, Bangkok affirme avoir riposté avec des frappes ciblées à l’aide de ses forces terrestres et aériennes, dont des chasseurs F-16.

Un climat diplomatique empoisonné

Les relations diplomatiques entre les deux voisins sont au plus mal. La Thaïlande a récemment rappelé son ambassadeur en poste à Phnom Penh, tout en expulsant celui du Cambodge. En réponse, ce dernier a également retiré tout son personnel diplomatique de Bangkok.

Face à cette spirale inquiétante, le Premier ministre thaïlandais par intérim, Phumtham Wechayachai, a averti que son pays se tenait prêt à intervenir militairement « en cas de menace immédiate ». Toutefois, il assure privilégier le dialogue et se dit favorable à toute tentative de médiation régionale.

L’ONU et l’ANASE appelés à la rescousse

À l’initiative du Premier ministre cambodgien Hun Manet, une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU doit se tenir à New York. Les regards sont également tournés vers l’Association des nations d’Asie du Sud-Est (ANASE), actuellement présidée par la Malaisie, pour une éventuelle médiation.

La communauté internationale exprime son inquiétude. Pékin, Washington, Paris et Bruxelles ont appelé au calme et à une désescalade immédiate. Le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi a rappelé que ces tensions ont des racines coloniales et doivent être traitées avec diplomatie et sang-froid.

Bangkok tend (encore) la main

Du côté de la diplomatie thaïlandaise, on affirme vouloir encore croire à une solution pacifique. Nikorndej Balankura, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, a déclaré que son pays est prêt à entamer des discussions directes ou par l’intermédiaire de la Malaisie.

Mais jusqu’à présent, selon lui, Phnom Penh n’a pas répondu aux propositions de négociation. Il note cependant que les échanges armés semblent moins intenses que les jours précédents, un signe d’espoir selon lui.

Un climat d’angoisse dans les zones civiles

Dans les localités proches de la frontière, l’ambiance est marquée par la peur. À Samraong, ville cambodgienne située à seulement 20 kilomètres de la zone des combats, des habitants fuient précipitamment, emportant le strict nécessaire.

Salou Chan, père de deux enfants, raconte avoir trouvé refuge dans un temple bouddhiste : « Mes enfants ont eu très peur en entendant les tirs. On ne sait pas quand on pourra rentrer chez nous. » Comme lui, de nombreuses familles cherchent un abri loin des explosions.

Vers un cessez-le-feu ?

La Malaisie, par la voix de son Premier ministre Anwar Ibrahim, affirme avoir reçu des signaux encourageants des deux parties. Il espère qu’un cessez-le-feu pourra être rapidement instauré. Bangkok et Phnom Penh s’accusent mutuellement d’avoir déclenché les hostilités et de viser des infrastructures civiles.

Les autorités thaïlandaises dénoncent notamment des tirs cambodgiens sur un hôpital et une station-service, ce que Phnom Penh dément fermement. Le Cambodge accuse en retour les forces thaïlandaises de frapper des cibles civiles.

Un conflit régional à haut risque

Les tensions Thaïlande Cambodge dépassent aujourd’hui le simple cadre d’un désaccord frontalier. Le risque de glissement vers un affrontement régional généralisé est réel, dans une zone déjà fragile politiquement.

Alors que les civils paient le prix fort et que la diplomatie patine, le monde observe avec inquiétude. L’issue des prochaines heures sera décisive pour éviter un embrasement aux conséquences potentiellement dramatiques.


En savoir plus sur News Wall.news

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Publicités

En savoir plus sur News Wall.news

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture