La législative partielle à Paris, prévue à la rentrée dans la 2e circonscription, s’annonce déjà comme un avant-goût des municipales de 2026. Plusieurs personnalités politiques de premier plan s’y affrontent, et chacun y voit une opportunité stratégique. Thierry Mariani, déjà désigné par le Rassemblement national (RN) pour mener la campagne municipale dans la capitale, officialise sa participation à ce scrutin intermédiaire. Une manière pour lui de s’installer durablement dans le paysage parisien.

Thierry Mariani, le 11 juillet 2017, dans les rues de Paris. Bertrand Guay, AFP
Candidat du RN, Mariani compte bien profiter de cette échéance pour asseoir son influence. Ancien ministre de Nicolas Sarkozy, il a rejoint le RN lors des européennes de 2019. Sa candidature, déjà validée par Marine Le Pen et Jordan Bardella, sera bientôt entérinée sans opposition par la commission nationale d’investiture du parti. Il succède à Melody de Witte, candidate RN en juin 2024, qui avait obtenu 11 % des suffrages dans cette même circonscription.
Une circonscription sous tension politique
Ce secteur de Paris, dominé symboliquement par la Tour Eiffel, devient le théâtre d’un affrontement politique de grande ampleur. À droite, Michel Barnier a créé la surprise en annonçant sa candidature. L’ancien ministre et ex-négociateur du Brexit a obtenu le soutien immédiat de Bruno Retailleau, chef des Républicains au Sénat. Cette initiative n’a pas été du goût de Rachida Dati, ministre de la Culture et maire du 7e arrondissement, qui ambitionne aussi de représenter la droite aux prochaines municipales. Une commission d’investiture LR tranchera entre Barnier et Dati le 28 juillet.
Renaissance tente de garder le contrôle
Du côté de la majorité présidentielle, la tension monte également. La législative partielle à Paris représente un enjeu de taille pour Renaissance. Gabriel Attal, à la tête du parti présidentiel, cherche à préserver cette circonscription historiquement favorable à la majorité. Toutefois, l’ancien député Jean Laussucq, proche de Rachida Dati, a été déclaré inéligible par le Conseil constitutionnel, annulant de fait son élection.
Pour le remplacer, Clara Chappaz, ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle, pourrait être investie. Mais les divergences internes menacent de faire voler en éclats l’unité de la coalition gouvernementale. Une division qui pourrait profiter au RN.
Mariani, en terrain connu
Thierry Mariani ne cache pas son enthousiasme pour cette élection. « Je vis à Paris depuis 1978, et dans cette circonscription depuis plusieurs années », insiste-t-il dans Le Figaro. Pour lui, cette législative représente une rampe de lancement vers les municipales de 2026. Jordan Bardella, qui l’a chargé de dynamiser la fédération RN à Paris, voit en lui un maillon essentiel de la stratégie du parti dans la capitale.
L’ancien député UMP met en avant sa position d’outsider face à ce qu’il appelle « le système Macron ». Selon lui, « face à un ancien Premier ministre et deux ministres d’Emmanuel Macron, je suis le seul représentant d’une véritable opposition ».
Une répétition avant 2026 ?
Au-delà de l’échéance immédiate, la bataille actuelle dessine déjà les lignes du futur. Pour Mariani, comme pour ses adversaires, cette législative partielle à Paris est bien plus qu’un simple scrutin local. Elle devient une répétition générale des municipales, où chaque mouvement est scruté, chaque déclaration pesée.
Le duel qui s’annonce entre figures de la droite, du centre et de l’extrême droite illustre la recomposition politique en cours dans la capitale. Une chose est sûre : cette campagne risque de faire parler d’elle bien au-delà du 7e arrondissement.
En savoir plus sur News Wall.news
Subscribe to get the latest posts sent to your email.





