
Quartier Sud de Toulouse \ Photo : geopolitis.net
Le trafic de drogue à Toulouse connaît un nouveau coup d’arrêt. Le 10 octobre 2025, les enquêteurs de la gendarmerie ont annoncé le démantèlement d’un vaste réseau qui convoyait plusieurs dizaines de kilos de cannabis chaque semaine depuis l’Espagne. L’opération, minutieusement préparée depuis plusieurs mois, a conduit à l’arrestation de neuf personnes et à la saisie de grandes quantités de stupéfiants.
Un réseau très organisé entre l’Espagne et Toulouse
Les enquêteurs ont mis au jour une organisation bien huilée. Chaque semaine, des véhicules chargés de dizaines de kilos de drogue traversaient la frontière franco-espagnole avant d’être redistribués dans la région toulousaine.
Le trafic était structuré en plusieurs niveaux :
des donneurs d’ordre, à la tête du réseau,
des convoyeurs, chargés du transport,
des nourrices, qui stockaient la marchandise,
et des revendeurs, chargés d’écouler les produits, notamment via Snapchat.
Selon les informations de La Dépêche, deux individus incarcérés dans les prisons de Tarbes et de Tulle continuaient à diriger le trafic depuis leurs cellules, preuve de la solidité et de la coordination du réseau.
Une enquête de longue haleine
L’enquête a débuté il y a plusieurs mois après des informations remontées par les autorités espagnoles. Les gendarmes français ont rapidement repéré un flux régulier de cargaisons entre la Catalogne et la Haute-Garonne.
En mars 2025, un premier coup de filet a eu lieu. Les forces de l’ordre ont intercepté une Renault Clio transportant 108 kilos de cannabis. À bord, deux hommes âgés de 24 et 29 ans ont été arrêtés. Lors de la perquisition à leur domicile, plus de 7 000 euros en liquide ont été découverts.
Cette saisie a permis aux enquêteurs de remonter toute la filière, révélant un réseau ancré dans plusieurs quartiers de Toulouse, notamment au Mirail, où la drogue était écoulée à grande échelle.
Des communications cryptées et des livraisons express
Les trafiquants utilisaient Snapchat et Telegram pour coordonner leurs livraisons. Les messages s’autodétruisaient rapidement, compliquant la tâche des enquêteurs. Les prises de contact se faisaient exclusivement par ces canaux, garantissant un anonymat presque total.
Les livraisons étaient effectuées avec des véhicules banalisés, parfois loués sous de fausses identités. Les convoyeurs effectuaient plusieurs allers-retours par semaine, ramenant entre 20 et 40 kilos de cannabis à chaque trajet.
Un butin conséquent saisi
Lors de l’opération finale, la gendarmerie a mis la main sur :
29 kilos de résine de cannabis,
plusieurs armes blanches et pistolets automatiques,
plus de 15 000 euros en espèces,
et divers équipements liés au conditionnement de la drogue (balances, sachets, scellés).
Les saisies confirment la dimension professionnelle du trafic. Le groupe générait des bénéfices estimés à plusieurs centaines de milliers d’euros par mois.
Neuf suspects interpellés et mis en examen
Au total, neuf personnes ont été interpellées lors du vaste coup de filet organisé par la Section de recherches de Toulouse, appuyée par le GIGN.
Les deux donneurs d’ordre présumés, âgés de 25 et 34 ans, ont été mis en examen pour importation, transport, détention et cession de stupéfiants en bande organisée.
Les autres membres du réseau – convoyeurs, revendeurs et nourrices – ont également été présentés à un juge d’instruction.
Six d’entre eux ont été placés en détention provisoire, tandis que trois ont été remis en liberté sous contrôle judiciaire.

Des trafiquants déjà connus de la justice
Les principaux suspects n’en étaient pas à leur coup d’essai. D’après les autorités, plusieurs avaient déjà été condamnés pour trafic de stupéfiants ou blanchiment d’argent.
Les donneurs d’ordre, en particulier, continuaient à gérer le réseau depuis la prison grâce à des complices à l’extérieur. Ils utilisaient des téléphones portables clandestins pour superviser les opérations et organiser les transferts de fonds.
Toulouse, plaque tournante du trafic entre la France et l’Espagne
Située à proximité de la frontière ibérique, Toulouse est devenue un axe stratégique du narcotrafic européen. De nombreux réseaux utilisent cette route pour faire transiter la drogue produite ou stockée en Espagne vers le reste de la France.
Les gendarmes affirment que la ville est aujourd’hui l’un des principaux points de redistribution des stupéfiants en provenance de la péninsule ibérique, notamment pour les régions du Sud-Ouest et d’Île-de-France.
Une lutte de longue haleine pour les autorités
Ce coup de filet s’inscrit dans une stratégie nationale de lutte contre les trafics transfrontaliers.
Selon le parquet de Toulouse, cette opération démontre la coopération efficace entre les services français et espagnols, notamment grâce à l’échange d’informations via Europol.
Les autorités locales espèrent que cette arrestation portera un coup durable au marché de la drogue dans la région. Cependant, elles restent prudentes : d’autres réseaux pourraient rapidement prendre la relève.
Un message fort contre le narcotrafic
Les forces de l’ordre saluent une opération exemplaire, fruit de mois de surveillance et de travail d’infiltration. « Cette enquête prouve que la coopération européenne est essentielle pour enrayer les trafics massifs de stupéfiants », a déclaré le procureur de la République.
Le ministère de l’Intérieur a, de son côté, félicité les unités engagées, rappelant que la lutte contre le narcotrafic reste une priorité du gouvernement.
Les prochaines étapes judiciaires
Les mis en examen devraient comparaître devant la cour d’assises de la Haute-Garonne dans les prochains mois.
Les enquêteurs continuent de remonter la filière financière, notamment les circuits de blanchiment. Des comptes bancaires et portefeuilles cryptomonnaies ont été identifiés en Espagne et au Portugal.
L’instruction pourrait durer plusieurs mois avant le procès, prévu courant 2026.
Conclusion
Le trafic de drogue à Toulouse démantelé début octobre 2025 illustre l’ampleur du phénomène transfrontalier entre la France et l’Espagne. Ce succès policier, salué par les autorités, ne marque pourtant qu’une étape dans une guerre de longue haleine contre un système profondément enraciné dans la région toulousaine.
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