Une nouvelle tempête secoue la scène politique américaine. Elle mêle Donald Trump, l’affaire Jeffrey Epstein et le Wall Street Journal. Ce cocktail explosif, ravivé par la publication d’une lettre jugée indécente, relance les soupçons et attise les tensions, y compris dans les propres rangs du président américain. La relation entre Trump et Epstein, bien que connue de longue date, revient sur le devant de la scène. Et cette fois, l’onde de choc touche à la fois la justice, les médias et les électeurs.

Le président Trump a cherché à prendre ses distances avec Jeffrey Epstein, le riche financier inculpé au niveau fédéral pour trafic sexuel et abus sexuels sur des filles, affirmant qu’il n’était « pas un fan ». Crédit… Doug Mills/The New York Times
Une lettre au goût scandaleux publiée par le « Wall Street Journal »
Tout a commencé le 17 juillet à 18h45, heure de Washington. Ce soir-là, le Wall Street Journal, quotidien économique réputé, publie un article choc. Son titre : « Les amis de Jeffrey Epstein lui ont envoyé des lettres obscènes pour ses 50 ans. L’une venait de Donald Trump. »
Dans cet article, les journalistes révèlent qu’en 2003, Ghislaine Maxwell – alors compagne d’Epstein – avait sollicité plusieurs proches du financier pour écrire dans un livre d’or à l’occasion de son anniversaire. Parmi eux, Donald Trump, encore magnat de l’immobilier à l’époque.
Selon le WSJ, la lettre attribuée à Trump est particulièrement crue. Le document, que le journal affirme avoir consulté, contient des phrases dactylographiées entourées d’un dessin de femme nue. La signature du futur président serait située sous le bas du dessin, à un endroit évoquant sans détour une connotation sexuelle.
Ce contenu, à la fois provocant et personnel, alimente les suspicions autour de la relation Trump Epstein. Même si aucun lien direct avec des crimes n’est prouvé, cette publication suffit à relancer l’affaire sur la scène publique.
Trump riposte : une plainte à 10 milliards de dollars
Face à ce qu’il considère comme une attaque directe contre sa réputation, Donald Trump réagit immédiatement. Le lendemain, il dépose plainte contre le journal, son propriétaire Rupert Murdoch et deux journalistes du Wall Street Journal.
Dans la plainte, que l’AFP a pu consulter, les avocats de Trump dénoncent une tentative délibérée de nuire à son image. Ils parlent d’un article « faux, trompeur, malveillant » et réclament une somme astronomique : 10 milliards de dollars pour diffamation.
Ce n’est pas la première fois que Trump engage de telles procédures contre les médias. Lors de la précédente élection présidentielle, il avait intenté une action similaire contre CBS News. À l’époque, il avait demandé 20 milliards de dollars avant de conclure un accord à l’amiable à hauteur de 16 millions.
La nouvelle plainte s’inscrit dans la croisade menée par Donald Trump contre la presse dite « traditionnelle », qu’il accuse régulièrement de vouloir l’affaiblir. Sur sa plateforme Truth Social, il fustige le Wall Street Journal, qualifié de « torchon inutile », et affirme que l’article est « entièrement FAKE NEWS ».
Le journal défend son enquête
Le Wall Street Journal n’a pas tardé à répondre aux accusations. Dans un communiqué, le groupe Dow Jones, propriétaire du journal, déclare avoir « entière confiance dans la rigueur et l’exactitude » des informations publiées. Il annonce qu’il se défendra « vigoureusement » devant les tribunaux.
L’affaire prend ainsi une tournure judiciaire, mais aussi politique. Elle s’inscrit dans un contexte où l’ancien président cherche à solidifier son retour sur la scène nationale, à l’approche des prochaines élections.
Trump tente d’apaiser sa base en réclamant des documents
Dès la parution de l’article, Donald Trump tente aussi de contrôler les dégâts auprès de sa base électorale. Il demande à sa ministre de la Justice, Pam Bondi, de rendre publics tous les documents jugés pertinents concernant l’affaire Epstein. Il s’agit notamment des éléments recueillis par le grand jury en 2019, lors de l’inculpation d’Epstein pour trafic sexuel de mineures.
Cette décision n’est pas anodine. Elle vise à rassurer les partisans les plus fervents de Trump, notamment ceux du mouvement Maga (Make America Great Again). Depuis des années, la mort d’Epstein, retrouvé pendu dans sa cellule, alimente des théories selon lesquelles il aurait été assassiné pour taire des secrets impliquant des figures puissantes.
Certains espéraient que le retour de Trump au pouvoir permettrait de faire la lumière sur ces zones d’ombre. Mais les autorités viennent de refroidir ces espoirs.
Le FBI et le ministère de la Justice confirment le suicide d’Epstein
Le 7 juillet, quelques jours avant la publication du Wall Street Journal, le FBI et le département de la Justice ont rendu leurs conclusions officielles. Ils affirment qu’aucun nouvel élément ne justifie la publication de documents supplémentaires.
Leur enquête confirme la thèse du suicide en prison. Elle ne révèle aucune « liste de clients » ni preuve de chantage envers des personnalités influentes. Ces résultats frustrent une partie de l’électorat de Donald Trump, persuadée que l’affaire cache des vérités encore enfouies.
Une alliance politique inattendue pour exiger la transparence
Malgré cette conclusion officielle, la pression ne faiblit pas. Des membres du Congrès, de tous bords politiques, s’unissent pour réclamer la transparence. Le démocrate Ro Khanna (Californie) et le républicain Thomas Massie (Kentucky) ont lancé une procédure commune pour forcer la publication de tous les documents liés à l’affaire Epstein.
Cette alliance inhabituelle illustre l’ampleur du scandale et son impact transversal sur la vie politique américaine. Il ne s’agit plus seulement d’une affaire judiciaire ou médiatique. Le dossier Epstein devient un objet de tension nationale, où s’entremêlent justice, politique, réputation et influence.
Une affaire loin d’être terminée
Le bras de fer entre Trump et le Wall Street Journal pourrait durer plusieurs mois. La plainte pour diffamation sera scrutée de près, tout comme la possible publication de nouveaux documents classifiés.
En parallèle, les débats sur l’implication d’anciens amis d’Epstein, comme Trump, continuent d’alimenter les théories, les accusations et les tensions. Même en l’absence de preuves directes, l’impact médiatique reste immense.
Car au-delà de la véracité de la lettre, c’est la perception du public qui pèse. Et cette perception pourrait jouer un rôle dans la campagne présidentielle à venir.
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