Illustration de la chaîne du prix du carburant

Illustration de la chaîne du prix du carburant Photo : ChatGPT

L’essence de synthèse permet de produire un carburant liquide sans utiliser de pétrole. Fabriquée à partir d’hydrogène et de CO2 capté, elle pourrait alimenter certains moteurs actuels, mais son coût énergétique limite encore sa généralisation.
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Produire de l’essence sans extraire une seule goutte de pétrole est désormais possible. Cette essence de synthèse sans pétrole, aussi appelée e-essence ou e-fuel, repose sur l’association d’hydrogène et de dioxyde de carbone. Elle peut alimenter un moteur thermique tout en réduisant sa dépendance aux ressources fossiles.

La technologie suscite l’intérêt des constructeurs automobiles, des énergéticiens et de plusieurs États. Elle permettrait notamment de continuer à utiliser certains véhicules existants, sans transformer entièrement les infrastructures de distribution. Son bilan environnemental dépend toutefois de l’origine de l’électricité et du carbone employés.

L’essence synthétique ne constitue donc pas automatiquement un carburant neutre pour le climat. Sa fabrication demande beaucoup d’énergie et reste plus coûteuse que celle d’un carburant pétrolier. Son développement soulève aussi une question centrale : dans quels secteurs faut-il utiliser les quantités limitées d’électricité bas carbone disponibles ?

Qu’est-ce qu’une essence de synthèse sans pétrole ?

L’essence de synthèse est un carburant liquide fabriqué par assemblage chimique. Contrairement à l’essence conventionnelle, elle ne provient pas du raffinage du pétrole brut. Sa composition finale peut néanmoins se rapprocher de celle d’un carburant routier classique.

Dans sa version la plus souvent évoquée pour la transition énergétique, elle utilise de l’hydrogène produit par électrolyse de l’eau. Celui-ci est ensuite combiné avec du dioxyde de carbone capté. L’énergie contenue dans le carburant provient principalement de l’électricité utilisée au cours du processus.

Les expressions « e-fuel », « électrocarburant » et « carburant de synthèse » sont souvent employées comme synonymes. Elles ne recouvrent pourtant pas toujours exactement les mêmes produits.

Un carburant synthétique peut aussi être obtenu à partir de charbon ou de gaz naturel. Ces voies ne suppriment pas les ressources fossiles et peuvent générer d’importantes émissions. L’appellation « essence de synthèse sans pétrole » ne garantit donc pas, à elle seule, un faible bilan carbone.

Les e-fuels compatibles avec un objectif climatique doivent reposer sur une électricité renouvelable ou bas carbone. Le carbone doit également provenir d’une source cohérente avec cet objectif. IFP Énergies nouvelles classe notamment dans cette famille l’e-essence, l’e-gazole, l’e-kérosène, l’e-méthane et l’e-méthanol.

Une différence essentielle avec les biocarburants

Les biocarburants sont fabriqués à partir de biomasse. Ils peuvent employer des huiles végétales, des résidus agricoles, des déchets organiques ou des graisses animales. Leur production dépend donc de ressources biologiques.

L’e-fuel repose d’abord sur de l’électricité, de l’eau et une source de carbone. Il évite ainsi certains conflits d’usage liés aux terres agricoles. Il ne nécessite pas directement de cultures destinées à la fabrication d’énergie.

Des procédés intermédiaires existent cependant. Certains carburants associent du carbone issu de la biomasse et de l’hydrogène électrolytique. Ils sont alors parfois qualifiés d’e-biocarburants.

Comment fabrique-t-on une essence de synthèse sans pétrole ?

La production d’une essence de synthèse sans pétrole comprend plusieurs transformations. L’objectif consiste à convertir de l’électricité en une molécule liquide, énergétique et facilement transportable. Cette chaîne est souvent appelée « power-to-liquid ».

Première étape : produire de l’hydrogène

Un électrolyseur utilise de l’électricité pour séparer les molécules d’eau. Cette opération produit de l’hydrogène et de l’oxygène. L’hydrogène devient ensuite la principale source d’énergie du carburant final.

Son bilan climatique varie selon l’électricité consommée. Un électrolyseur alimenté par une centrale au charbon ne fournit pas le même résultat qu’une installation reliée à des énergies renouvelables. Une production nucléaire peut également fournir de l’électricité bas carbone, selon les critères retenus.

Cette étape concentre une part importante de la consommation énergétique. Il faut aussi traiter l’eau, comprimer les gaz et maintenir les équipements industriels. Les pertes s’accumulent avant même la synthèse du carburant.

Deuxième étape : récupérer le dioxyde de carbone

Le carbone peut être capté dans les fumées d’une installation industrielle. Il peut aussi provenir de la transformation de biomasse ou être extrait directement de l’air. Cette dernière solution porte le nom de captage direct dans l’air, ou DAC.

Le captage dans l’air présente un intérêt climatique particulier. Il récupère du CO2 déjà présent dans l’atmosphère avant de le réutiliser. Cependant, sa faible concentration dans l’air rend l’opération complexe et énergivore.

Le captage sur un site industriel est généralement plus simple. Son intérêt dépend toutefois de l’origine du CO2. Réutiliser du carbone fossile peut retarder son rejet, mais ne crée pas forcément une boucle totalement circulaire.

À terme, la disponibilité d’un carbone durable représentera un enjeu majeur. L’Ademe souligne notamment que la production française d’électrocarburants nécessiterait de grandes quantités d’électricité bas carbone et de CO2 non fossile.

Troisième étape : synthétiser le carburant

L’hydrogène et le dioxyde de carbone sont transformés en gaz de synthèse. Celui-ci contient principalement de l’hydrogène et du monoxyde de carbone. Plusieurs voies chimiques permettent ensuite d’obtenir des hydrocarbures liquides.

Le procédé Fischer-Tropsch figure parmi les solutions les plus connues. Il transforme le gaz de synthèse en hydrocarbures, qui peuvent ensuite être raffinés. Le processus peut produire du kérosène, du gazole, du naphta et certains composants de l’essence.

Une autre voie consiste à fabriquer du méthanol de synthèse. Celui-ci peut servir directement de carburant pour certains usages ou être transformé en essence. Chaque itinéraire industriel possède ses propres rendements, catalyseurs et contraintes.

Le produit obtenu doit enfin respecter des normes précises. Son indice d’octane, sa volatilité et sa stabilité doivent correspondre à l’usage prévu. Des additifs peuvent être nécessaires avant sa distribution.

Une essence vraiment neutre en carbone ?

Une voiture alimentée par un e-fuel rejette du CO2 à l’échappement. La combustion transforme toujours le carbone du carburant en dioxyde de carbone. L’expression « zéro émission à l’échappement » ne s’applique donc pas à l’essence synthétique.

Son intérêt se mesure sur l’ensemble du cycle de vie. Si le CO2 rejeté avait auparavant été capté dans l’air, il peut théoriquement circuler dans une boucle. Le carburant remet alors dans l’atmosphère une quantité de carbone déjà présente avant sa fabrication.

Cette logique diffère de celle du pétrole. Un carburant fossile libère du carbone stocké dans le sous-sol depuis des millions d’années. Il augmente ainsi la quantité de CO2 circulant entre l’atmosphère, les océans et les écosystèmes.

La boucle des e-fuels n’est toutefois jamais parfaite. La construction des installations, le transport, le captage et la synthèse génèrent des émissions. Le résultat final dépend aussi des pertes énergétiques et de la distance entre le lieu de production et le consommateur.

Le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives décrit ces carburants comme une approche circulaire. Il précise que le CO2 émis lors de la combustion peut être celui utilisé pour fabriquer le produit. Cette circularité suppose cependant une énergie suffisamment décarbonée.

Des polluants subsistent à l’échappement

L’absence de pétrole ne supprime pas la combustion. Un moteur thermique alimenté par une e-essence peut encore émettre des oxydes d’azote. Des particules peuvent aussi provenir du moteur, des pneus et des freins.

La composition du carburant peut réduire certains polluants. Une essence synthétique contient potentiellement moins de soufre et de composés indésirables qu’un produit pétrolier. Son comportement dépend néanmoins de sa formulation et du moteur employé.

L’e-fuel ne transforme donc pas une voiture thermique en véhicule sans émissions locales. Il agit surtout sur l’origine du carbone. Les normes antipollution et les systèmes de traitement des gaz restent nécessaires.

Peut-on utiliser un e-fuel dans une voiture actuelle ?

L’un des principaux atouts de l’essence synthétique réside dans sa proximité avec les carburants conventionnels. Une e-essence conforme aux normes peut être mélangée à de l’essence pétrolière. Elle peut aussi, selon sa formulation, être utilisée dans un moteur thermique compatible.

Cette possibilité permettrait de mobiliser une partie des infrastructures existantes. Les dépôts, les camions-citernes et les stations-service pourraient conserver un rôle. Le stockage d’un liquide reste également plus simple que celui de l’hydrogène gazeux.

La compatibilité ne doit toutefois pas être présumée pour tous les véhicules. Elle dépend de la composition du carburant, des normes applicables et des recommandations du constructeur. Les matériaux, les joints et les réglages du moteur doivent rester adaptés.

Un carburant de synthèse commercialisé pour la route devra répondre aux mêmes exigences de sécurité et de qualité qu’une essence classique. La mention « e-fuel » ne suffit pas à garantir son utilisation dans n’importe quel réservoir.

Une solution pour le parc automobile existant

Des centaines de millions de véhicules thermiques continueront à circuler pendant plusieurs années. Leur renouvellement ne pourra pas être immédiat. Une essence bas carbone pourrait réduire l’empreinte d’une partie de ce parc, sans remplacer chaque voiture.

Cette perspective intéresse aussi les propriétaires de véhicules anciens. L’électrification d’une automobile de collection peut modifier profondément son fonctionnement. Un carburant liquide compatible préserverait davantage sa motorisation d’origine.

Le volume disponible restera cependant déterminant. Une production limitée ne pourrait alimenter qu’une faible proportion du parc. Les premiers usages pourraient donc concerner des marchés ciblés plutôt que l’ensemble des automobilistes.

Pourquoi les e-fuels consomment-ils autant d’électricité ?

Une voiture électrique utilise directement l’électricité stockée dans sa batterie. L’e-fuel impose plusieurs conversions supplémentaires. L’électricité produit l’hydrogène, puis le carburant, avant que le moteur ne transforme sa combustion en mouvement.

Chaque conversion entraîne des pertes. L’électrolyse, la capture du carbone, la synthèse, le raffinage et le transport consomment de l’énergie. Le moteur thermique rejette ensuite une grande partie de l’énergie sous forme de chaleur.

Le rendement global reste donc inférieur à celui d’une voiture électrique à batterie. Il faut produire davantage d’électricité pour parcourir une distance comparable. Cette différence influence directement les coûts et les besoins en infrastructures énergétiques.

L’essence synthétique possède toutefois une densité énergétique élevée. Elle se stocke longtemps et se transporte facilement. Ces qualités deviennent particulièrement utiles lorsqu’une batterie serait trop lourde ou insuffisante.

Quels usages doivent être prioritaires ?

Les e-fuels présentent leur plus grand intérêt dans les secteurs difficiles à électrifier. L’aviation a besoin d’un carburant très énergétique et léger. Les avions long-courriers ne peuvent actuellement pas emporter des batteries capables de remplacer le kérosène.

Le transport maritime constitue un autre débouché. Selon les navires, les solutions envisagées incluent l’e-méthanol, l’e-ammoniac ou d’autres combustibles synthétiques. L’industrie peut également employer ces molécules comme matière première.

Pour la voiture particulière, le débat reste plus ouvert. La batterie offre une meilleure efficacité énergétique pour de nombreux déplacements. L’e-fuel pourrait néanmoins compléter l’électrification pour le parc existant, les véhicules spéciaux ou certains usages intensifs.

L’Ademe considère les électrocarburants comme une piste de décarbonation surtout pertinente pour l’aérien et le maritime. Ces secteurs disposent de moins d’alternatives techniques immédiatement disponibles. Cette priorité pourrait limiter les volumes consacrés aux automobiles.

Combien coûtera l’essence synthétique ?

L’essence synthétique reste aujourd’hui produite dans des volumes réduits. Son coût dépend de celui de l’électricité, des électrolyseurs et du captage du CO2. La taille des installations influence également le prix final.

L’électricité constitue un poste décisif. Une usine doit fonctionner suffisamment longtemps pour amortir ses équipements. Elle recherche donc une énergie à la fois décarbonée, abondante et peu coûteuse.

Les sites disposant de fortes ressources solaires ou éoliennes peuvent bénéficier d’un avantage. Plusieurs projets se situent dans des régions où la production renouvelable présente un potentiel élevé. Le carburant doit ensuite être acheminé vers ses marchés de consommation.

Une baisse des coûts reste envisageable avec l’industrialisation. Les électrolyseurs peuvent progresser et les chaînes de production gagner en efficacité. Aucun élément ne garantit toutefois que l’e-essence atteindra rapidement le prix d’un carburant pétrolier.

La fiscalité jouera aussi un rôle. Un État peut soutenir les carburants à faible empreinte carbone ou imposer des quotas. À l’inverse, un produit rare et coûteux pourrait rester réservé à des usages professionnels ou patrimoniaux.

L’avenir des e-fuels face à la voiture électrique

L’essence synthétique et la voiture électrique ne répondent pas exactement aux mêmes besoins. La batterie offre un rendement élevé pour les trajets routiers. L’e-fuel facilite le stockage d’énergie et conserve les infrastructures des carburants liquides.

Dans l’Union européenne, la réglementation adoptée en 2023 fixe une réduction de 100 % des émissions moyennes de CO2 des voitures neuves en 2035 par rapport à 2021. Cette règle concerne les véhicules neufs et non ceux déjà en circulation. Elle ne signifie donc pas la disparition immédiate des voitures thermiques.

La place réglementaire des véhicules fonctionnant exclusivement avec des carburants neutres en CO2 fait l’objet de travaux spécifiques. Elle nécessite des règles capables d’empêcher l’emploi d’essence fossile dans les véhicules concernés. La définition du carburant neutre doit aussi reposer sur l’ensemble de son cycle de vie.

Les e-fuels ne devraient donc pas remplacer seuls l’essence pétrolière. Leur production réclamerait des capacités électriques considérables. Ils pourraient plutôt former l’un des éléments d’un système associant électrification, sobriété, transports collectifs, hydrogène et carburants renouvelables.

Les principaux avantages de l’essence synthétique

Le premier avantage réside dans la réduction de la dépendance au pétrole. Un pays disposant d’électricité bas carbone pourrait produire une partie de ses carburants. Cette capacité renforcerait sa sécurité énergétique, sous réserve d’accéder aux équipements nécessaires.

Le deuxième atout concerne le stockage. L’électricité renouvelable peut être transformée en molécule lorsque la production dépasse la demande. Le carburant obtenu peut ensuite être conservé ou transporté.

La compatibilité potentielle avec les moteurs et réseaux existants représente un troisième avantage. Elle pourrait prolonger l’usage de certains véhicules sans modification lourde. Cet intérêt concerne particulièrement les avions, les navires et le parc routier déjà construit.

Enfin, les hydrocarbures synthétiques peuvent remplacer le pétrole dans certains procédés industriels. Ils ne servent pas uniquement à la mobilité. Leur développement pourrait aussi fournir des matières premières à la chimie.

Des limites qui empêchent une généralisation rapide

La faible efficacité énergétique constitue le principal obstacle. Utiliser directement l’électricité évite plusieurs conversions. Lorsque cette solution est possible, elle consomme généralement moins d’énergie.

La disponibilité d’un CO2 durable représente une autre difficulté. Le captage direct dans l’air reste coûteux et énergivore. Le carbone industriel fossile ne peut pas être considéré indéfiniment comme une ressource compatible avec la neutralité climatique.

Les investissements nécessaires sont également élevés. Une filière complète exige des capacités renouvelables, des électrolyseurs, des unités de captage et des installations de synthèse. Elle doit ensuite garantir l’origine de chaque composant.

Enfin, un e-fuel ne résout pas tous les effets du transport routier. Il ne réduit ni les embouteillages, ni l’espace occupé par les voitures, ni l’usure des pneus. Il ne supprime pas davantage tous les polluants liés à la combustion.

Conclusion

L’essence de synthèse sans pétrole est une réalité technique, mais pas encore un substitut disponible à grande échelle. Elle permet de fabriquer un carburant liquide à partir d’hydrogène et de CO2 capté. Son bilan dépend entièrement des ressources et de l’énergie mobilisées.

Avec une électricité bas carbone et un carbone durable, elle peut réduire les émissions sur l’ensemble du cycle de vie. Elle continue pourtant à émettre du CO2 lors de la combustion. Sa fabrication demeure aussi moins efficace que l’utilisation directe de l’électricité dans une batterie.

Les e-fuels devraient surtout compléter les autres solutions de décarbonation. Leur valeur paraît particulièrement forte pour l’aviation, le maritime, l’industrie et certains véhicules existants. Leur rôle dans l’automobile dépendra des volumes produits, des prix et du cadre réglementaire.

Une voiture à la pompe à essence
Une voiture à la pompe à essence Photo : ChatGPT

L’essence synthétique peut-elle fonctionner dans toutes les voitures ?

Pas automatiquement. Une e-essence conforme aux normes routières peut être compatible avec de nombreux moteurs, mais il faut respecter les indications du constructeur. La composition du carburant et les matériaux du véhicule doivent être adaptés.

Une voiture roulant à l’e-fuel rejette-t-elle du CO2 ?

Oui. Le moteur rejette du CO2 pendant la combustion, comme avec une essence classique. La différence se situe en amont, lorsque ce carbone a été capté pour fabriquer le carburant.

L’e-fuel est-il vraiment écologique ?

Son intérêt dépend de son mode de production. Il peut présenter un bilan favorable avec une électricité bas carbone et du CO2 atmosphérique ou biogénique. Un e-fuel produit avec une électricité carbonée peut, au contraire, conserver une empreinte élevée.

Quelle différence existe entre e-fuel et biocarburant ?

L’e-fuel utilise principalement de l’électricité, de l’eau et du CO2 capté. Le biocarburant provient de biomasse, comme des végétaux ou des déchets organiques. Des carburants hybrides peuvent combiner les deux voies.

Pourquoi ne pas utiliser uniquement des e-fuels à la place du pétrole ?

Leur fabrication exige beaucoup d’électricité et plusieurs conversions énergétiques. Les volumes restent limités et les coûts élevés. Leur usage doit donc être ciblé vers les secteurs où l’électrification directe est difficile.

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