
Emmanuel Macron avec le prince Saoudien Photo : TERESA SUAREZ POOL EPA
La France et l’Arabie saoudite ont officialisé un projet majeur de parcs d’attractions près de Paris. L’investissement annoncé atteint environ 6 milliards d’euros sur l’ensemble du développement. À terme, le complexe pourrait soutenir jusqu’à 22 000 emplois dans le Val-d’Oise.
Emmanuel Macron et Mohammed ben Salmane ont présenté cette ambition le lundi 24 août 2026. Le prince héritier saoudien effectuait alors une visite officielle dans la capitale française. L’un des futurs espaces de loisirs doit s’inspirer de l’univers de Dragon Ball.
Le projet serait développé dans le secteur de Cergy-Pontoise, au nord-ouest de Paris. L’ancien site de Mirapolis, à Courdimanche, apparaît comme l’un des emplacements envisagés. Toutefois, le calendrier, le périmètre foncier et les caractéristiques définitives restent encore à préciser.
Trois parcs d’attractions près de Paris au cœur de l’accord
Le projet annoncé ne se limite pas à la construction d’un parc thématique isolé. La déclaration commune publiée par l’Élysée évoque un grand complexe mixte réunissant loisirs, divertissement, hôtellerie, culture et sport. Ses ambitions actuelles portent sur trois grandes attractions phares.
Les médias français présentent cet ensemble comme trois futurs parcs d’attractions. Des hôtels, des restaurants et plusieurs expériences complémentaires doivent également accompagner les équipements principaux. Le programme vise donc à créer une destination touristique complète, capable de retenir les visiteurs plusieurs jours.
La société Qiddiya Investment Company doit porter l’investissement. Cette entreprise saoudienne développe déjà une vaste destination de loisirs près de Riyad. Elle appartient à l’écosystème économique mobilisé par le royaume pour étendre ses activités au-delà du pétrole.
Le montant d’environ 6 milliards d’euros couvre l’ensemble du cycle de développement. Cette formulation peut inclure plusieurs phases, les constructions principales et les équipements annexes. La répartition précise des dépenses entre les trois parcs n’a pas été communiquée.
L’annonce politique représente une étape déterminante, mais elle ne signifie pas que tous les travaux sont immédiatement autorisés. Un projet de cette ampleur suppose encore des études techniques et environnementales. Les questions d’urbanisme, de transport, de financement opérationnel et de maîtrise foncière devront aussi être réglées.
Un projet préparé pendant 18 mois
Selon les informations diffusées lors de l’annonce, les discussions ont duré environ 18 mois. Elles ont été menées avec une forte confidentialité entre les autorités françaises et les acteurs saoudiens. Les premières informations publiques avaient commencé à circuler quelques semaines avant l’officialisation.
Le dossier s’inscrit dans le partenariat stratégique lancé entre Paris et Riyad. Emmanuel Macron s’était rendu en Arabie saoudite en décembre 2024. Les deux pays souhaitent depuis renforcer leurs relations dans l’investissement, la culture, le tourisme et les technologies.
La visite de Mohammed ben Salmane en France a permis d’installer le premier Conseil de partenariat stratégique franco-saoudien. Plus de 22 accords et protocoles d’accord ont été annoncés dans plusieurs secteurs. Le projet de Cergy-Pontoise constitue l’un des dossiers économiques les plus visibles de cette coopération.
Un parc Dragon Ball envisagé dans le Val-d’Oise
L’un des trois parcs serait consacré à Dragon Ball, la célèbre œuvre créée par Akira Toriyama. La licence japonaise bénéficie d’une popularité historique en France. Sa diffusion télévisée, ses mangas, ses films et ses jeux vidéo ont touché plusieurs générations.
Des conseillers de l’Élysée ont expliqué que le projet avait aussi été nourri par l’intérêt partagé des deux dirigeants pour cet univers. Cette anecdote accompagne la présentation politique du dossier. Elle ne résume toutefois pas les motivations économiques d’un investissement aussi conséquent.
Le choix de Dragon Ball répond à une logique d’attractivité internationale. La franchise rassemble un public bien au-delà des amateurs français de mangas. Un parc immersif pourrait ainsi cibler les familles, les visiteurs européens et les touristes venus d’autres continents.
Les contours du parc français ne sont pas encore connus. Aucun plan détaillé des zones, des attractions ou des personnages représentés n’a été publié. Les accords nécessaires avec les détenteurs des droits devront également s’inscrire dans la concrétisation du projet.
Le modèle développé par Qiddiya près de Riyad
Qiddiya développe déjà un parc Dragon Ball en Arabie saoudite, en partenariat avec Toei Animation. Présenté en mars 2024, ce programme doit occuper plus de 500 000 mètres carrés. Il prévoit sept zones inspirées des sept boules de cristal de la série.
Le projet saoudien comprend plus de 30 attractions, dont cinq présentées comme particulièrement innovantes. Plusieurs lieux emblématiques doivent y être reconstitués. Qiddiya cite notamment Kame House, Capsule Corporation et la planète de Beerus.
Une représentation de Shenron haute de 70 mètres doit dominer le site. Des montagnes russes traverseront cette structure monumentale. Des hôtels thématiques et des restaurants complètent également le programme annoncé près de Riyad.
Cette expérience fournit à Qiddiya une base industrielle et créative pour développer d’autres destinations. Elle ne permet pourtant pas d’affirmer que le parc français reproduira exactement celui d’Arabie saoudite. Les dimensions, les attractions et le contenu du futur équipement francilien restent à déterminer.
Mirapolis, un emplacement chargé d’histoire
Le secteur de Cergy-Pontoise dispose d’un site immédiatement associé aux parcs de loisirs : l’ancien domaine de Mirapolis. Inauguré à Courdimanche en mai 1987, il ambitionnait alors de devenir le premier grand parc d’attractions français. Son histoire a cependant été très courte.
Mirapolis mettait en scène la littérature, les contes et la culture populaire française. Son attraction la plus reconnaissable prenait la forme d’un Gargantua monumental. Le parc disposait aussi de montagnes russes, d’attractions aquatiques et de parcours familiaux.
Les difficultés financières se sont rapidement accumulées. La fréquentation n’a pas atteint les niveaux espérés, tandis que les coûts d’exploitation pesaient lourdement sur les comptes. Mirapolis a définitivement fermé en octobre 1991, seulement quatre ans après son inauguration.
Une grande partie des installations a ensuite été démolie. Le secteur attend depuis plusieurs décennies une reconversion durable. Plusieurs projets ont été évoqués au fil du temps, sans redonner au site sa vocation touristique initiale.
La possible implantation du complexe saoudien redonne donc une dimension stratégique à ce terrain. Néanmoins, la déclaration franco-saoudienne mentionne officiellement Cergy-Pontoise, sans détailler toutes les parcelles concernées. L’utilisation exacte de l’ancien domaine de Mirapolis reste ainsi à confirmer.
Courdimanche face à un changement d’échelle
Un complexe de 6 milliards d’euros transformerait profondément le territoire. Courdimanche compte aujourd’hui parmi les communes de l’agglomération de Cergy-Pontoise. L’arrivée de plusieurs parcs modifierait ses flux de circulation, son activité économique et son environnement urbain.
Certains habitants y voient une occasion de redynamiser le secteur. Les retombées pourraient concerner l’emploi, les commerces, la restauration et l’hébergement. Le projet pourrait aussi renforcer la notoriété d’une commune rarement identifiée comme une destination touristique nationale.
D’autres riverains expriment des réserves. Les interrogations portent notamment sur l’identité des investisseurs, la circulation, le bruit et la pression foncière. La place de l’Arabie saoudite et son bilan en matière de droits humains alimentent également les réactions critiques.
Ces positions devront être prises en compte pendant les prochaines étapes. Les procédures de concertation préciseront les conséquences locales du programme. Elles permettront aussi de mesurer les besoins en infrastructures et les effets sur les quartiers voisins.
Jusqu’à 22 000 emplois potentiels dans le Val-d’Oise
Le chiffre de 22 000 emplois constitue l’un des principaux arguments économiques du projet. Il couvre potentiellement les activités liées aux parcs, aux hôtels, aux restaurants et aux services annexes. Les chantiers pourraient également mobiliser de nombreux professionnels pendant plusieurs années.
À ce stade, la répartition entre emplois directs, indirects et temporaires n’est pas détaillée. Il n’est donc pas possible de savoir combien de postes permanents seraient créés après l’ouverture. Les métiers concernés devraient néanmoins être très variés.
Les parcs recrutent habituellement dans l’accueil, la sécurité, la maintenance et la restauration. Ils emploient aussi des techniciens, des artistes, des personnels hôteliers et des responsables commerciaux. La gestion des attractions nécessite enfin des compétences spécifiques en ingénierie et en prévention des risques.
L’enjeu concernera également la formation. Un recrutement massif exige des partenariats avec les établissements scolaires, les universités et les organismes professionnels. Les collectivités pourraient chercher à réserver une partie des retombées aux habitants du Val-d’Oise.
Le volume avancé dépasse les effectifs de nombreux grands sites touristiques français. Toute comparaison doit toutefois rester prudente. Les méthodes de calcul, la durée retenue et la définition des emplois ne sont pas encore publiques.
Des retombées attendues au-delà des parcs
Les effets économiques ne se limiteraient pas aux personnes directement employées sur le site. Les entreprises du bâtiment pourraient bénéficier de la phase de construction. Les fournisseurs, les transporteurs et les sociétés de nettoyage pourraient ensuite intervenir dans l’exploitation quotidienne.
L’hébergement représente un autre volet central. Le programme officiel prévoit des hôtels au sein de la destination. D’autres établissements pourraient aussi apparaître dans les communes voisines si la fréquentation répond aux objectifs.
Les restaurants, les commerces et les services touristiques espèrent généralement profiter de ce type d’équipement. L’ampleur des retombées dépendra cependant du fonctionnement du complexe. Une destination très intégrée peut conserver une large part des dépenses à l’intérieur de son propre périmètre.
Transports, environnement et urbanisme : les défis du projet
L’accueil de plusieurs millions de visiteurs éventuels poserait immédiatement la question des transports. Cergy-Pontoise est reliée à Paris par le RER A et les lignes Transilien. Le site pressenti de Courdimanche ne se trouve toutefois pas directement au pied d’une grande gare parisienne.
La capacité des routes devra également être étudiée. Les pics de fréquentation peuvent provoquer des congestions importantes autour des grands parcs. Les accès, les parkings et les transports collectifs devront donc être dimensionnés pour éviter une dépendance excessive à la voiture.
Le projet devra aussi intégrer son impact sur les sols et les paysages. Un complexe associant attractions, hôtels et équipements sportifs occupe une surface considérable. Les études devront évaluer la biodiversité, les besoins en eau et la gestion des déchets.
La consommation énergétique constitue un autre enjeu. Les attractions, les décors, la climatisation et l’hôtellerie nécessitent beaucoup d’électricité. Les promoteurs devront préciser leurs objectifs environnementaux et les moyens choisis pour limiter les émissions.
Les procédures administratives influenceront directement le calendrier. Une annonce d’investissement ne remplace ni les autorisations d’urbanisme ni les évaluations réglementaires. Des recours peuvent aussi prolonger le développement des grands projets.
Un nouveau concurrent pour Disneyland Paris et le Parc Astérix
L’Île-de-France accueille déjà Disneyland Paris, première destination touristique privée majeure de la région. Le Parc Astérix se trouve également au nord de la capitale, dans l’Oise. Un troisième pôle de grande ampleur modifierait la géographie française des loisirs.
Le projet de Cergy-Pontoise se distinguerait par son organisation en plusieurs univers. Il combinerait des parcs thématiques avec de l’hôtellerie, du sport et des activités culturelles. Cette diversité pourrait lui permettre de toucher plusieurs catégories de visiteurs.
La licence Dragon Ball constituerait un élément différenciant. Aucun grand parc européen ne repose actuellement sur un univers équivalent entièrement consacré au manga. La force de la marque ne garantit pourtant pas, à elle seule, la réussite économique.
La qualité des attractions jouera un rôle essentiel. Les visiteurs compareront aussi les prix, l’accessibilité, l’accueil et l’offre hôtelière. La capacité à renouveler les expériences sera décisive après les premières années d’ouverture.
Le futur complexe pourrait également élargir le marché plutôt que seulement détourner les visiteurs existants. Une destination inédite peut attirer en France de nouveaux touristes. Elle peut aussi encourager les familles françaises à multiplier les séjours de loisirs.
Pourquoi l’Arabie saoudite investit dans le divertissement
Le projet s’intègre à la stratégie de diversification économique de Riyad. Le programme Vision 2030 cherche à réduire la dépendance du pays aux revenus pétroliers. Le tourisme, le sport, la culture et le divertissement occupent une place croissante dans cette politique.
Qiddiya illustre cette transformation. Le mégaprojet lancé près de Riyad rassemble des parcs, des équipements sportifs et des infrastructures consacrées aux jeux vidéo. Le royaume souhaite acquérir des compétences et construire des marques capables de rayonner à l’international.
Un investissement en France offrirait à Qiddiya un accès direct au marché touristique européen. La région parisienne bénéficie d’une fréquentation internationale considérable et d’un réseau de transport développé. Elle dispose aussi d’un important bassin de population.
Pour Paris, l’accord permet de mettre en avant l’attractivité économique française. Il renforce également une relation bilatérale déjà active dans la défense, l’énergie et la culture. Cette coopération reste toutefois observée de près en raison des controverses entourant le pouvoir saoudien.
Un calendrier d’ouverture encore inconnu
Aucune date d’ouverture n’a été communiquée pour les trois parcs. Leur mise en service doit intervenir progressivement au cours des prochaines années. Cette prudence reflète la complexité technique et administrative du programme.
Plusieurs étapes restent indispensables avant le début complet des travaux. Le choix définitif des terrains devra être confirmé. Les responsables devront ensuite présenter les plans, les financements, les accès et les études d’impact.
L’ordre d’ouverture des parcs n’est pas davantage connu. Le parc Dragon Ball pourrait devenir la première vitrine du complexe, mais cette hypothèse n’a pas été confirmée. Les thèmes des deux autres espaces restent également confidentiels.
Le projet annoncé le 24 août pose donc un cadre politique et financier ambitieux. Sa réalisation concrète dépendra des décisions prises dans les prochains mois. Les détails techniques permettront de mesurer l’écart entre l’ambition affichée et le programme effectivement autorisé.
Conclusion
Les parcs d’attractions près de Paris représentent l’un des plus grands investissements touristiques annoncés récemment en France. Le complexe porté par Qiddiya pourrait mobiliser environ 6 milliards d’euros et soutenir jusqu’à 22 000 emplois. Son implantation dans le secteur de Cergy-Pontoise offrirait une nouvelle vocation à un territoire marqué par l’échec de Mirapolis.
Le parc Dragon Ball constitue pour l’instant l’élément le plus identifiable du programme. Les deux autres univers, la surface exacte et le calendrier restent inconnus. L’annonce franco-saoudienne ouvre ainsi une phase de préparation qui devra répondre aux enjeux économiques, sociaux et environnementaux du Val-d’Oise.

Où seront construits les trois parcs d’attractions près de Paris ?
Le complexe est annoncé dans le secteur de Cergy-Pontoise, dans le Val-d’Oise. L’ancien site de Mirapolis, situé à Courdimanche, est envisagé. L’emplacement précis de chaque équipement doit encore être confirmé.
Quel sera le montant de l’investissement saoudien ?
Le montant annoncé atteint environ 6 milliards d’euros sur l’ensemble du cycle de développement. Il doit financer les attractions principales, mais aussi des hôtels et des activités de loisirs complémentaires.
Un parc Dragon Ball ouvrira-t-il vraiment en France ?
Un parc inspiré de Dragon Ball fait partie du projet présenté. Ses caractéristiques définitives, ses attractions et ses dimensions n’ont pas encore été dévoilées. Aucune date d’ouverture n’est fixée.
Combien d’emplois pourraient être créés ?
Les annonces évoquent jusqu’à 22 000 emplois potentiels. La part des postes permanents, temporaires, directs et indirects n’a pas été détaillée.
Quand les nouveaux parcs ouvriront-ils ?
Aucun calendrier précis n’a été publié. Les trois parcs devraient ouvrir progressivement, après les études, les procédures administratives et plusieurs années de travaux.
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