
Illustration d'une nature en transition Photo : ChatGPT
En 2036, la planète devrait rester largement reconnaissable : des forêts, des campagnes, des plages et des villes. Mais le climat des années 2030 sera plus chaud que celui du passé. La nature subira davantage de pression, avec des différences importantes selon les régions et les mesures prises.
Le portrait le plus réaliste associe une aggravation de certains risques à des possibilités d’amélioration locale. L’eau, les sols, les océans et la biodiversité évolueront à des rythmes différents. Aucune projection sérieuse ne permet de décrire précisément chaque paysage ou la météo d’une année entière dix ans à l’avance.
Planète en 2036 : ce que la science permet vraiment d’anticiper
Les scientifiques construisent des projections à partir des émissions de gaz à effet de serre et du fonctionnement du climat. Ils utilisent plusieurs scénarios, puis comparent leurs résultats. Cette méthode identifie des tendances et des risques ; elle ne fournit pas une photographie certaine du futur.
Le GIEC situe le proche avenir dans la période 2021-2040. Il prévoit une poursuite du réchauffement dans presque tous les scénarios étudiés. L’année 2036 appartient à cette période, mais ne représente aucun basculement universel fixé par la science.
Une projection climatique diffère également d’une prévision météorologique. Elle décrit des conditions moyennes et la fréquence probable des événements. Elle ne permet pas d’annoncer aujourd’hui une canicule à une date précise en 2036.
Une année particulière peut s’écarter de la tendance
La variabilité naturelle continuera d’exister. Une région pourra connaître un été pluvieux, même dans un climat globalement plus chaud. Un hiver froid restera possible, sans annuler le réchauffement sur plusieurs décennies.
Cette distinction évite deux erreurs. Un épisode frais ne prouve pas que le changement climatique s’arrête. À l’inverse, chaque événement extrême ne peut pas s’expliquer uniquement par lui, sans étude particulière.
Une chaleur plus présente, sans température exacte pour 2036
Le repère souvent cité est un réchauffement mondial de 1,5 °C par rapport à la période 1850-1900. Il s’agit d’une moyenne planétaire. Cette valeur ne signifie pas que chaque pays, chaque saison et chaque journée gagnent exactement 1,5 °C.
Dans ses prévisions publiées en mai 2026, l’Organisation météorologique mondiale souligne la persistance de températures très élevées. Elle estime à 91 % la probabilité qu’au moins une année entre 2026 et 2030 dépasse temporairement ce seuil. Cette estimation ne donne pas la température de 2036.
Un dépassement annuel et un réchauffement durable ne désignent pas la même chose. Le premier dépend aussi des fluctuations naturelles. Le second décrit une évolution climatique de long terme, que l’on évalue sur plusieurs années.
Pour les années 2030, davantage de chaleur constitue donc une anticipation robuste. Un chiffre unique présenté comme certain pour 2036 serait trompeur. Les émissions futures et les variations naturelles influencent encore le résultat.
En France, le changement sera particulièrement sensible en été
La France utilise une trajectoire de référence pour préparer son adaptation. Pour l’Hexagone et la Corse, elle retient +2 °C en 2030, +2,7 °C en 2050 et +4 °C en 2100. Ces niveaux se comparent à l’ère préindustrielle, et non aux températures actuelles.
Cette trajectoire sert à organiser les politiques publiques. Elle ne garantit pas une température précise pour chaque année intermédiaire. Calculer une valeur certaine pour 2036 entre deux échéances donnerait une fausse impression de précision.
Le bassin méditerranéen figure parmi les régions européennes particulièrement exposées à la chaleur, aux sécheresses et aux incendies. L’Agence européenne pour l’environnement souligne déjà ces risques. Dans le sud de la France, leur gestion devrait donc occuper une place croissante.
Les saisons resteront présentes, mais leurs caractéristiques pourront évoluer. Les périodes chaudes et les cycles des végétaux ne suivront pas exactement les habitudes anciennes. Notre article sur les saisons et le réchauffement climatique détaille cette différence.
L’eau deviendra un facteur décisif pour les paysages
Le changement ne se résume pas à la quantité annuelle de pluie. Sa répartition, l’évaporation et l’état des sols comptent aussi. Des pluies abondantes en hiver ne compensent pas automatiquement tous les besoins d’un été chaud.
Les travaux Explore2 présentés par INRAE projettent des ressources en eau contrastées selon les territoires. Ils montrent notamment une baisse des débits estivaux dans les niveaux de réchauffement analysés. Ces résultats portent sur des scénarios climatiques, sans annoncer le débit d’une rivière en 2036.
Dans les zones déjà vulnérables, les tensions estivales risquent de devenir plus difficiles à gérer. Elles concernent l’eau potable, les cultures et les milieux aquatiques. Une rivière reste un habitat, même lorsque les usages humains mobilisent une partie de sa ressource.
Sécheresse et fortes pluies peuvent coexister
Une averse intense ne garantit pas une recharge suffisante des nappes. Une partie de l’eau peut ruisseler rapidement, notamment sur des surfaces imperméables. Le calendrier des précipitations et les propriétés du terrain influencent leur efficacité pour les réserves.
L’OMM décrit déjà un cycle de l’eau plus irrégulier, alternant excès et déficits. Pour 2036, la difficulté pourrait donc concerner autant la gestion des épisodes violents que celle des périodes sèches. Les économies d’eau garderont une utilité, y compris dans des secteurs comme le refroidissement des centres de données.
Les forêts resteront présentes, mais certaines seront plus fragiles
Le futur des forêts ne se mesure pas seulement à leur surface. La santé des arbres, leur croissance et leur renouvellement comptent également. Un massif peut rester boisé tout en subissant une dégradation importante.
Les résultats 2026 de l’Inventaire forestier national, publiés par l’IGN, montrent une mortalité élevée. Le volume annuel de bois correspondant aux arbres morts atteint 18,1 millions de mètres cubes sur 2016-2024. Il représentait 7,4 millions sur 2005-2013.
Cette comparaison décrit une évolution observée ; elle ne prédit pas le nombre d’arbres morts en 2036. Elle indique cependant la pression déjà exercée sur les peuplements. Des sécheresses répétées et des problèmes sanitaires peuvent compromettre leur résistance.
D’ici dix ans, certains massifs pourraient présenter davantage d’arbres dépérissants ou une composition différente. D’autres conserveront mieux leur fonctionnement, selon leurs sols, leurs essences et leur gestion. Le climat national ne suffit pas à prévoir le destin de chaque forêt.
Le risque d’incendie dépend aussi du territoire
La chaleur et la sécheresse favorisent les conditions propices au feu. Elles ne déterminent pas seules les départs d’incendie ni leur propagation. La végétation, le vent, les activités humaines et la prévention interviennent aussi.
Il serait donc incorrect d’annoncer que toutes les forêts françaises brûleront. Le scénario réaliste prévoit plutôt une exposition accrue dans certains territoires. La réduction des départs de feu et la préparation locale peuvent limiter les dommages.
La biodiversité changera sans évoluer partout de la même manière
Les animaux et les plantes ne réagissent pas tous au réchauffement avec la même rapidité. Certains peuvent déplacer leur aire de présence. D’autres rencontrent des obstacles, comme des routes, des zones urbanisées ou l’absence d’un habitat adapté.
Les évaluations du GIEC identifient des risques croissants pour les écosystèmes avec chaque hausse supplémentaire de température. Cela peut modifier les populations, les relations alimentaires et les cycles biologiques. Aucune estimation sérieuse ne donne cependant un nombre universel d’espèces présentes dans chaque région en 2036.
Un paysage vert ne garantit pas une biodiversité riche. Une végétation abondante peut coexister avec un recul de certaines espèces. L’état de la nature dépend aussi de la variété des habitats et de leurs connexions.
Le climat ne constitue pas la seule pression
L’IPBES identifie cinq grandes causes directes de dégradation de la biodiversité. Elles comprennent les changements d’usage des terres et des mers, l’exploitation des organismes, le climat, la pollution et les espèces exotiques envahissantes. Ces facteurs peuvent se renforcer.
Réduire la pollution ou protéger un habitat peut donc améliorer une situation locale avant 2036. Ces actions ne suppriment pas le réchauffement. Elles diminuent d’autres contraintes qui pèsent sur les espèces et peuvent renforcer leur capacité à résister.
Les océans subiront des changements parfois peu visibles depuis la plage
Le GIEC décrit plusieurs transformations des océans : réchauffement, acidification et modifications de l’oxygène dissous. Les vagues de chaleur marines affectent également les écosystèmes. Ces phénomènes n’avancent pas partout à la même vitesse.
En 2036, la mer pourra sembler familière à un promeneur alors que les conditions sous l’eau auront changé. La distribution de certains organismes et les habitats marins peuvent évoluer. L’apparence de la surface ne suffit donc pas à juger leur santé.
L’acidification ne signifie pas que l’océan devient soudain un liquide acide dangereux pour les baigneurs. Elle désigne une baisse du pH liée notamment à l’absorption du dioxyde de carbone. Cette modification affecte certains organismes et les équilibres marins.
Les récifs coralliens figurent parmi les milieux les plus exposés
La NOAA indique qu’un stress thermique propice au blanchissement a touché 84 % de la surface mondiale des récifs entre début 2023 et mi-2025. Ce chiffre décrit une exposition à la chaleur. Il ne signifie pas que 84 % des coraux sont morts.
Le blanchissement révèle une perte des algues qui vivent avec le corail et contribuent à son alimentation. Un corail peut récupérer si les conditions s’améliorent. Des épisodes intenses ou répétés augmentent cependant le risque de mortalité.
Pour 2036, la fragilisation de nombreux récifs constitue un risque sérieux. Leur évolution dépendra des températures, des pressions locales et de leur capacité de récupération. Affirmer que tous les récifs auront disparu à cette date dépasserait les connaissances disponibles.
Les côtes seront plus exposées, sans submersion générale en dix ans
La hausse du niveau marin se poursuivra, selon les projections du GIEC. Ses effets dépendront de la géographie locale, des tempêtes et des aménagements. Certaines côtes subissent aussi une érosion, dont les causes ne se limitent pas au climat.
Pour donner un ordre de grandeur, le GIEC projette environ 20 centimètres de hausse mondiale vers 2050 par rapport à 1995-2014. La fourchette dépend du scénario et des incertitudes. Ce repère ne représente ni une hausse depuis aujourd’hui, ni une prévision pour 2036.
Le risque proche concerne surtout des submersions plus fréquentes dans les zones basses et une pression accrue sur certains littoraux. Une faible hausse moyenne peut aggraver un épisode de tempête. Elle ne transforme pas automatiquement toutes les villes côtières en territoires inhabitables.
En montagne et dans l’Arctique, la glace restera un indicateur majeur
Dans son bilan publié en septembre 2026, l’OMM constate des pertes glaciaires largement réparties pour une quatrième année consécutive. Le recul des glaciers modifie les paysages. Il affecte aussi le stockage et la circulation de l’eau dans les régions concernées.
Il faut distinguer les glaciers de la banquise. Les premiers reposent sur les terres ; la seconde correspond à l’eau de mer gelée. Leur évolution ne produit pas exactement les mêmes conséquences sur le niveau des océans.
Le GIEC juge probable un Arctique pratiquement sans glace de mer en septembre au moins une fois avant 2050. Cette projection ne fixe pas l’événement à 2036. Elle ne signifie pas non plus la disparition de la banquise en hiver.
Ces évolutions expliquent une partie de l’importance croissante de l’Arctique. Le calendrier précis reste incertain. Les différences entre les saisons demeurent essentielles pour comprendre les projections.
Les campagnes devront composer avec des contraintes plus variables
La chaleur et l’eau influenceront les choix agricoles des années 2030. Les effets dépendront des cultures, des sols et des pratiques. Une modification favorable à une production peut créer une difficulté pour une autre.
En Europe du Sud, l’Agence européenne pour l’environnement considère déjà les risques liés à la chaleur et à la sécheresse comme critiques pour les cultures. L’adaptation devra tenir compte de cette pression. Elle concerne les calendriers, les variétés et la gestion des ressources.
Un hiver plus doux n’élimine pas tous les risques agricoles. Un gel reste possible pendant une période sensible. Notre dossier sur les premières gelées selon les régions rappelle l’importance des conditions locales.
Le changement peut donc se traduire par des cultures différentes ou des pratiques révisées, plutôt que par un abandon général des campagnes. Les leviers de relance de l’agriculture française croisent ainsi la question climatique. Les rendements de 2036 ne peuvent pas se calculer à partir de la température seule.
Certaines villes pourraient offrir davantage de place à la nature
Les transformations ne vont pas toutes dans le sens d’une dégradation locale. Des villes peuvent désimperméabiliser leurs sols, préserver leurs arbres et créer des espaces végétalisés. Le résultat dépendra des projets effectivement réalisés et de leur entretien.
L’ADEME présente la végétalisation comme un levier de rafraîchissement urbain. Les arbres apportent notamment de l’ombre. Leur fonctionnement et leur survie nécessitent toutefois des conditions adaptées, dont un accès suffisant à l’eau.
En 2036, certains quartiers pourraient donc devenir plus agréables malgré un climat plus chaud. Cela reste une possibilité liée aux décisions locales. Une plantation ne produit pas immédiatement les services d’un arbre adulte, et tous les espaces verts n’offrent pas la même qualité écologique.
Ce qui peut encore s’améliorer avant 2036
Le cadre mondial de Kunming-Montréal fixe un objectif de conservation d’au moins 30 % des terres et des eaux intérieures d’ici 2030. Il vise également au moins 30 % des zones marines et côtières. La Convention sur la diversité biologique précise que cette conservation doit être efficace et bien gérée.
Ces engagements sont des objectifs, pas des résultats déjà garantis. Leur mise en œuvre peut néanmoins changer l’état de certains habitats. La qualité de la protection, les moyens disponibles et la connexion entre les espaces comptent autant que leur superficie.
La restauration peut aussi produire des améliorations visibles en une décennie, selon les milieux. Elle ne recrée pas instantanément une forêt ancienne ou un écosystème complexe. Préserver ce qui fonctionne déjà évite de dépendre uniquement de réparations futures.
Enfin, réduire les émissions limite les risques supplémentaires à long terme. Le GIEC souligne que chaque fraction de degré compte. L’adaptation et la protection de la nature complètent cette réduction, sans pouvoir la remplacer.
Conclusion : une planète familière, mais des équilibres plus fragiles
La planète en 2036 devrait conserver des paysages familiers, avec un climat plus chaud et des pressions écologiques accrues. L’eau, les forêts, les océans et certaines espèces seront particulièrement concernés. Les effets différeront selon les régions et ne suivront pas un calendrier identique.
Le futur réaliste combine des risques croissants et des possibilités d’action. Des milieux pourront se dégrader pendant que d’autres bénéficieront d’une meilleure protection. Les décisions prises sur les émissions, les habitats et les ressources influenceront ces différences, sans effacer en dix ans tous les changements déjà engagés.

FAQ
Peut-on prévoir exactement l’état de la planète en 2036 ?
Non. Les scientifiques projettent des tendances climatiques et des risques selon plusieurs scénarios. Ils ne peuvent pas prévoir chaque événement ni la météo locale d’une année entière dix ans à l’avance.
Les saisons auront-elles disparu en 2036 ?
Non. Le réchauffement modifie leurs caractéristiques, mais n’abolit pas le cycle annuel. Des périodes froides et des gelées resteront possibles.
La France sera-t-elle devenue un désert ?
Cette affirmation ne correspond pas aux projections. Certaines régions subiront davantage de stress hydrique, avec des effets variables sur les sols et la végétation.
Toutes les côtes seront-elles sous l’eau ?
Non. La hausse du niveau marin accroît les risques dans certaines zones basses. Les effets dépendent aussi du relief, des tempêtes, de l’érosion et des aménagements.
Peut-on encore améliorer l’état de la nature d’ici 2036 ?
Oui, certains habitats peuvent bénéficier d’une protection ou d’une restauration efficace. Réduire les émissions et les autres pressions reste nécessaire pour limiter les risques supplémentaires.
À propos de l'auteur
En savoir plus sur News Wall.news
Subscribe to get the latest posts sent to your email.








