
Gianni Infantino, le président de la FIFA Photo : Pa Wire
Gianni Infantino traverse la plus grave crise à la FIFA depuis son arrivée à la présidence, en février 2016. Son projet d’ouvrir les activités commerciales de l’instance à des investisseurs privés a provoqué une opposition mondiale. L’UEFA a brandi la menace d’un boycott, tandis que plusieurs fédérations ont retiré leur soutien à sa réélection.
Cette crise a rapidement dépassé les frontières du football. Emmanuel Macron serait directement intervenu pour convaincre Infantino de renoncer au projet. Dans le même temps, le dirigeant suisse aurait tenté d’obtenir l’appui de Donald Trump et de l’administration américaine.
Les démarches des deux présidents ne poursuivent toutefois pas le même objectif. Emmanuel Macron a soutenu les opposants au projet, au nom de l’unité du football mondial. Donald Trump apparaît surtout comme un allié politique recherché par Infantino pour sortir de son isolement.
Pourquoi Gianni Infantino est-il au cœur d’une crise à la FIFA ?
La crise trouve son origine dans la création envisagée de FIFA Forward Enterprise, souvent désignée par l’acronyme FFE. Cette nouvelle filiale devait regrouper les activités commerciales et événementielles de la FIFA. Elle aurait notamment géré les droits liés aux Coupes du monde masculines et féminines.
Le projet prévoyait aussi d’intégrer les compétitions de clubs organisées par l’instance. Les droits audiovisuels, le sponsoring, la billetterie et les licences auraient été réunis dans cette structure. Sa valeur initiale était estimée à 20 milliards de dollars.
La FIFA souhaitait céder environ 20 % du capital à des investisseurs minoritaires. Cette opération devait permettre de lever jusqu’à 4,2 milliards de dollars. L’organisation affirmait qu’elle conserverait le contrôle de la filiale et l’ensemble des décisions sportives.
Dans sa présentation officielle, la FIFA promettait une forte hausse des fonds distribués à ses 211 associations. Chaque fédération aurait pu solliciter 20 millions de dollars pour des projets exceptionnels. Les programmes de développement devaient aussi progresser jusqu’en 2038.
Sur le papier, Gianni Infantino présentait donc le projet comme un outil de redistribution. La FIFA voulait transformer ses revenus futurs en liquidités disponibles immédiatement. Cette stratégie devait accélérer la construction de stades, de centres d’entraînement et de programmes locaux.
Pourquoi la vente de parts a-t-elle provoqué une telle opposition ?
Les opposants ont contesté la méthode autant que le principe. Plusieurs confédérations ont assuré ne pas avoir été correctement consultées avant l’annonce. Elles ont découvert un montage susceptible d’engager les revenus du football mondial pendant plusieurs années.
L’entrée d’investisseurs privés soulevait aussi une question centrale. Ces acteurs auraient recherché un rendement financier, même avec une participation minoritaire. Leur présence pouvait donc influencer les choix commerciaux et l’évolution des compétitions.
Les critiques craignaient une hausse supplémentaire du nombre de rencontres. Elles redoutaient aussi des formats conçus pour maximiser les recettes. La fréquence des compétitions, leur durée et leur localisation pouvaient devenir des enjeux financiers majeurs.
Infantino a tenté de rassurer ses opposants. Il a présenté le dispositif comme une simple proposition soumise à consultation. Il a également assuré que la FIFA resterait seule responsable des règles, du calendrier et des décisions sportives, selon Reuters.
Ces garanties n’ont pas suffi. Pour l’UEFA, la Coupe du monde ne pouvait pas devenir un produit d’investissement. Le débat ne concernait donc plus seulement un montage financier, mais la propriété symbolique du tournoi.
Comment l’UEFA a contraint Infantino à reculer
La réaction européenne a été rapide. Les 55 associations membres de l’UEFA ont décidé de s’opposer au projet. Elles se sont déclarées prêtes à boycotter les compétitions de la FIFA si la vente était maintenue.
Cette menace concernait potentiellement les futures Coupes du monde. Sans les sélections européennes, la valeur sportive et commerciale de ces tournois aurait fortement diminué. Les diffuseurs et les sponsors auraient également été exposés à un risque majeur.
L’opposition ne s’est pas limitée à l’Europe. La CONCACAF, qui représente l’Amérique du Nord, l’Amérique centrale et les Caraïbes, a rejeté le projet. La Confédération asiatique de football s’y est ensuite opposée.
Trois grandes confédérations se sont ainsi retrouvées face à Gianni Infantino. Leur front commun a considérablement réduit sa marge de manœuvre. La FIFA ne pouvait plus présenter son projet comme une réforme largement consensuelle.
Des critiques sont également apparues au sein de l’organisation. Carlos Cordeiro, conseiller principal d’Infantino et ancien président de la Fédération américaine, a démissionné. Il a estimé que le montage constituait une mauvaise opération pour le football.
Kevin Lamour, directeur des opérations de la FIFA, a dénoncé le manque de transparence entourant la préparation du dossier. Il a affirmé que des salariés avaient été tenus à l’écart. Cette contestation interne a fragilisé l’autorité du président.
Le 31 juillet 2026, Infantino a finalement annoncé l’abandon de la proposition. Il a reconnu que le projet avait créé des divisions incompatibles avec l’objectif recherché. Ce retrait n’a pourtant pas mis fin à la crise à la FIFA.
Quel rôle Emmanuel Macron a-t-il joué dans le retrait du projet ?
Selon les informations rapportées par L’Équipe puis 20 Minutes, Emmanuel Macron a contacté directement Gianni Infantino. L’appel serait intervenu avant une réunion décisive de l’UEFA. Le président français aurait plaidé pour l’abandon du projet.
Son message portait sur la nécessité de préserver l’unité du football mondial. L’Élysée aurait aussi défendu le principe de solidarité entre les fédérations. Une rupture entre la FIFA et plusieurs confédérations aurait menacé l’organisation des grandes compétitions.
Emmanuel Macron aurait parallèlement échangé avec Aleksander Ceferin, président de l’UEFA. Il aurait apporté son soutien à Philippe Diallo, président de la Fédération française de football. Ce dernier figurait parmi les premiers dirigeants européens à exprimer publiquement ses inquiétudes.
Le chef de l’État aurait également contacté Patrice Motsepe, président de la Confédération africaine. Celui-ci restait considéré comme un soutien important d’Infantino. Cette démarche visait vraisemblablement à élargir la contestation au-delà du continent européen.
Le poids exact de l’intervention française reste difficile à mesurer. La menace de boycott de l’UEFA constituait déjà un argument très puissant. L’opposition de la CONCACAF et de l’Asie rendait également le projet difficilement applicable.
L’appel d’Emmanuel Macron a néanmoins ajouté une pression diplomatique. Il signalait que l’affaire n’était plus perçue comme un simple désaccord interne. Elle devenait un sujet susceptible de mobiliser les gouvernements des grandes nations du football.
Pourquoi l’Élysée s’intéresse-t-il à la gouvernance de la FIFA ?
La France occupe une place importante dans l’économie et la diplomatie du football. Elle possède une sélection majeure, un championnat professionnel puissant et plusieurs groupes impliqués dans les médias ou le sponsoring. Ses dirigeants entretiennent aussi des relations régulières avec les instances sportives.
Un conflit durable entre la FIFA et l’UEFA aurait directement affecté les Bleus. Il aurait menacé leur participation à certaines compétitions internationales. Les clubs, les diffuseurs et les supporters auraient également subi les conséquences d’une rupture.
La France doit par ailleurs préserver ses relations avec plusieurs régions du monde. Les programmes de développement de la FIFA jouent un rôle important en Afrique, en Asie et dans les territoires disposant de faibles ressources. Paris pouvait donc chercher un compromis évitant une fracture entre fédérations riches et pays émergents.
Cette intervention pose néanmoins une question institutionnelle. La FIFA défend traditionnellement son autonomie face aux gouvernements. Elle peut suspendre une fédération nationale lorsque les autorités politiques interviennent directement dans sa gestion.
Dans ce dossier, Emmanuel Macron n’a pas modifié le fonctionnement de la Fédération française. Il a exercé une influence diplomatique sur les dirigeants internationaux. La frontière entre médiation et ingérence reste toutefois sensible.
Pourquoi Donald Trump apparaît-il dans la crise Gianni Infantino ?
Le rôle de Donald Trump est très différent. Aucun élément confirmé ne montre qu’il a participé à la fronde contre le projet. C’est Gianni Infantino qui aurait cherché son soutien après l’effondrement de FIFA Forward Enterprise.
D’après une information du New York Post reprise par Reuters, le président de la FIFA aurait tenté plusieurs fois de joindre Donald Trump. Ces démarches n’auraient pas abouti dans l’immédiat. Infantino se serait senti isolé face à la multiplication des critiques.
Une conversation avec Marco Rubio, secrétaire d’État américain, a également été évoquée. Le département d’État a cependant démenti l’existence d’un appel programmé. À ce stade, aucune intervention américaine en faveur d’Infantino n’est donc établie.
Donald Trump a aussi déclaré ne pas avoir discuté du montage avec le dirigeant avant sa présentation. Cette prise de distance est significative. Elle prive Infantino d’un soutien public au moment où sa présidence est contestée.
Une relation étroite construite autour du Mondial 2026
Gianni Infantino a cultivé une relation très visible avec Donald Trump. Les deux hommes sont apparus ensemble lors de nombreux événements liés à la Coupe du monde 2026. Les États-Unis constituaient le principal pays organisateur, aux côtés du Canada et du Mexique.
En décembre 2025, Infantino a remis à Trump le premier prix de la paix créé par la FIFA. Cette récompense avait attiré l’attention sur leur proximité. Le président de l’instance s’était aussi rendu régulièrement à la Maison-Blanche.
Cette relation donnait à Infantino un accès privilégié au pouvoir américain. Elle pouvait faciliter la coordination logistique, sécuritaire et diplomatique du Mondial. Elle renforçait également la place des États-Unis dans les affaires du football mondial.
Mais cette proximité devient plus problématique pendant la crise. L’investisseur pressenti pour jouer un rôle majeur dans l’opération était Thrive Capital. Cette société a été fondée par Joshua Kushner, frère de Jared Kushner, le gendre de Donald Trump.
Ce lien ne prouve pas une implication du président américain dans le projet. Il nourrit toutefois les interrogations sur le choix des partenaires. Les opposants réclament davantage de transparence sur la préparation du montage et sur les discussions menées.
Emmanuel Macron et Donald Trump défendent-ils le même camp ?
Les deux présidents se retrouvent au centre de la même affaire, mais leurs positions ne sont pas comparables. Emmanuel Macron aurait agi pour favoriser le retrait du projet. Il a soutenu les dirigeants européens opposés à l’ouverture du capital.
Donald Trump apparaît plutôt comme un recours recherché par Infantino. Le président de la FIFA espérait probablement mobiliser une relation politique construite pendant le Mondial 2026. Aucun soutien public décisif n’a cependant été apporté par Washington.
La situation révèle deux formes d’influence politique. La première s’exerce contre une réforme financière jugée dangereuse pour l’équilibre du football. La seconde repose sur une alliance personnelle et stratégique entre un dirigeant sportif et un chef d’État.
Cette différence doit éviter une lecture trop rapide. Macron et Trump ne se sont pas coordonnés pour intervenir auprès de la FIFA. Ils représentent, dans cette séquence, deux rapports presque opposés au pouvoir d’Infantino.
Gianni Infantino peut-il perdre la présidence de la FIFA ?
L’abandon de FIFA Forward Enterprise ne garantit plus un retour au calme. Plusieurs fédérations ont remis en cause leur soutien à Infantino pour le mandat 2027-2031. Le pays de Galles, la Serbie et d’autres associations européennes ont annoncé leur opposition.
L’Angleterre pourrait suivre ce mouvement. Ces décisions restent symboliques sur le plan numérique, mais elles affaiblissent l’image d’un président longtemps réélu sans véritable adversaire. Elles peuvent aussi encourager l’émergence d’une candidature concurrente.
L’UEFA a par ailleurs demandé la conservation des documents relatifs au projet. Elle envisage d’éventuelles démarches judiciaires concernant sa préparation. Cette initiative prolonge la crise sur le terrain juridique et institutionnel.
La destitution d’Infantino demeure cependant complexe. Vingt pour cent des 211 membres doivent demander par écrit un congrès extraordinaire. Une majorité resterait ensuite nécessaire pour provoquer son départ.
L’UEFA pourrait atteindre seule le premier seuil si ses 55 membres restaient unis. Obtenir une majorité mondiale serait bien plus difficile. Chaque fédération dispose d’une voix, quelle que soit sa puissance sportive ou économique.
Pourquoi les petites fédérations peuvent sauver Infantino
La stratégie politique de Gianni Infantino repose depuis longtemps sur les associations les moins riches. Les programmes FIFA Forward financent leurs infrastructures et leurs compétitions. Ces aides représentent parfois une part essentielle de leur budget.
Pour ces fédérations, le projet FFE offrait des moyens sans précédent. Elles peuvent donc considérer que son abandon prive leur football d’investissements utiles. Leur analyse diffère souvent de celle des grandes associations européennes.
Cette réalité explique pourquoi une opposition forte de l’UEFA ne suffit pas. Selon Reuters, les soutiens des pays émergents pourraient déterminer l’avenir d’Infantino. Le scrutin se gagnera par l’addition de 211 voix égales.
L’Afrique, l’Océanie, une partie de l’Asie et plusieurs fédérations caribéennes deviennent donc décisives. Infantino conserve dans ces régions un réseau construit grâce aux fonds de développement. Ses opposants devront proposer une alternative crédible pour convaincre ces électeurs.
Quels sont les prochains risques pour la FIFA ?
Le premier risque concerne la gouvernance. Les confédérations demandent désormais des explications sur la conception du projet. Elles veulent connaître l’identité des personnes consultées, le choix des investisseurs et les engagements éventuellement négociés.
Le deuxième risque est électoral. Le prochain scrutin doit attribuer la présidence pour la période 2027-2031. Une candidature concurrente pourrait transformer une réélection annoncée en véritable bataille politique.
Le troisième danger porte sur l’unité du football mondial. L’UEFA, la CONCACAF et la Confédération asiatique ont montré leur capacité à former un front commun. Une nouvelle décision contestée pourrait ranimer la menace de boycott.
Enfin, la crise affecte la crédibilité personnelle d’Infantino. Son projet a été retiré quelques jours après sa présentation. Cette rapidité donne l’image d’une réforme insuffisamment préparée ou mal partagée.
La FIFA doit maintenant rétablir le dialogue avec ses membres. Elle devra aussi préciser l’avenir de sa politique commerciale. Le besoin de financer le développement reste réel, même sans ouverture aux capitaux privés.
Conclusion
La crise à la FIFA est née d’un projet financier, mais elle s’est transformée en confrontation politique mondiale. Gianni Infantino voulait lever jusqu’à 4,2 milliards de dollars en cédant une participation minoritaire. L’opposition coordonnée des confédérations l’a forcé à reculer.
Emmanuel Macron aurait participé à cette pression en contactant Infantino, Ceferin, Motsepe et plusieurs responsables du football. Son objectif était de préserver l’unité des instances internationales. Son intervention a renforcé le camp hostile à FIFA Forward Enterprise.
Donald Trump occupe une position différente. Infantino aurait cherché son appui après l’abandon du projet, sans obtenir de soutien public connu. Les liens entre les deux hommes et la présence de Thrive Capital ont néanmoins accentué les interrogations.
Le président de la FIFA n’est pas encore renversé. Il conserve des appuis dans de nombreuses petites fédérations. Mais sa réélection, autrefois annoncée comme une formalité, est désormais entourée d’une incertitude politique majeure.

Pourquoi Gianni Infantino a-t-il abandonné son projet ?
L’UEFA, la CONCACAF et la Confédération asiatique se sont opposées à l’entrée d’investisseurs privés. Les 55 membres de l’UEFA menaçaient également de boycotter les compétitions de la FIFA. Infantino a retiré sa proposition le 31 juillet 2026.
Emmanuel Macron a-t-il demandé le départ d’Infantino ?
Aucune information confirmée n’indique qu’Emmanuel Macron a réclamé sa démission. Le président français serait intervenu pour obtenir le retrait du projet et éviter une fracture du football mondial.
Donald Trump soutient-il toujours Gianni Infantino ?
Les deux hommes ont entretenu une relation étroite autour de la Coupe du monde 2026. Toutefois, aucun soutien américain décisif n’a été confirmé pendant cette crise. Trump a déclaré ne pas avoir discuté du projet avant sa présentation.
La FIFA voulait-elle réellement vendre la Coupe du monde ?
La FIFA voulait céder jusqu’à 20 % d’une filiale regroupant ses activités commerciales et événementielles. Elle assurait conserver le contrôle sportif et réglementaire. Ses opposants estimaient néanmoins que cette opération revenait à ouvrir les revenus du Mondial aux intérêts privés.
Gianni Infantino peut-il être destitué avant l’élection de 2027 ?
Un congrès extraordinaire peut être demandé par au moins 20 % des 211 associations membres. Une majorité serait ensuite nécessaire pour le renverser. Une telle procédure reste donc possible, mais politiquement difficile.
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