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Les frappes israéliennes en Syrie ont franchi un nouveau cap ce mercredi 16 juillet. Pour la troisième journée consécutive, l’armée israélienne a intensifié ses opérations en visant directement l’entrée du ministère de la Défense à Damas. Cette attaque s’inscrit dans un contexte de tension croissante entre le régime syrien et les combattants druzes dans le sud du pays, où les affrontements ont repris malgré un cessez-le-feu temporaire.

555fd9b89d107e9d815024a00a6187f904e79b87 WHh9qXDy Frappes israéliennes en Syrie : le ministère syrien de la Défense visé, affrontements meurtriers avec les Druzes

Les forces gouvernementales syriennes déployées à Soueida, le 16 juillet 2025 AFP / OMAR HAJ KADOUR

Une opération israélienne ciblée contre le pouvoir syrien

Selon un communiqué de l’armée israélienne, les frappes avaient pour objectif de frapper le « siège du commandement militaire du régime » à Damas. Cette offensive intervient alors que l’État hébreu affirme vouloir empêcher de nouvelles attaques contre les civils druzes de la région de Soueïda, bastion historique de cette minorité.

D’après des sources sécuritaires syriennes interrogées par Reuters, le bâtiment gouvernemental aurait été touché par deux drones. Les responsables militaires se seraient alors réfugiés dans les niveaux souterrains pour échapper à l’impact.

La télévision d’État syrienne Al Ekhbariya a rapporté que deux civils auraient été blessés à la suite de l’opération israélienne. Les autorités locales n’ont pas encore communiqué d’information officielle sur les victimes militaires potentielles.

Reprise des affrontements à Soueïda

Ce même jour, les violences ont redoublé d’intensité dans le sud de la Syrie, particulièrement dans la ville de Soueïda et ses alentours. Des échanges de tirs nourris, notamment à l’artillerie lourde et aux mortiers, ont été enregistrés dès les premières heures de la matinée, selon le média local Sweida24.

Malgré l’annonce d’un cessez-le-feu mardi soir, celui-ci n’aura pas tenu plus de quelques heures. Le ministère syrien de la Défense a rapidement réagi en accusant des « groupes hors-la-loi » d’avoir rompu la trêve. Dans une déclaration diffusée par l’agence SANA, il a également exhorté la population à rester confinée chez elle pour des raisons de sécurité.

Les tensions s’aggravent entre forces gouvernementales et Druzes

Depuis dimanche, des dizaines de personnes ont perdu la vie. Les victimes sont composées de civils, de militaires loyalistes, mais aussi de membres des milices druzes. L’armée syrienne avait déployé des unités lundi dans la province du sud, avec l’intention de calmer les heurts. Cependant, ces troupes ont rapidement été confrontées à une forte résistance armée.

Selon plusieurs témoins sur place, les soldats gouvernementaux ont été accusés de saccages : pillage d’habitations, incendies volontaires de domiciles, et vols de véhicules. Des journalistes de Reuters présents dans la ville ont confirmé que plusieurs maisons avaient été incendiées, accentuant l’exaspération de la population locale.

Israël met en garde Damas

Israël suit de près les développements dans cette région du sud syrien. Déjà lundi et mardi, l’État hébreu avait mené des frappes contre des positions tenues par les forces du gouvernement syrien. Le ministre israélien de la Défense, Yoav Gallant, a averti le régime de Bachar al-Assad des conséquences de toute nouvelle attaque contre les Druzes.

Dans une déclaration ferme, il a insisté sur la détermination de l’armée israélienne à continuer d’intervenir si les forces syriennes ne se retirent pas. Pour Israël, la sécurité de la minorité druze en Syrie est devenue un sujet stratégique et humanitaire.

Une implication internationale croissante

Du côté des États-Unis, l’émissaire spécial pour la Syrie, Tom Barrack, a assuré que Washington restait en contact avec l’ensemble des parties prenantes. L’objectif affiché : favoriser un retour au calme et encourager l’intégration des communautés.

Même si les États-Unis n’ont pas condamné explicitement les frappes israéliennes, leur ton reste mesuré. La diplomatie américaine semble chercher à limiter l’extension du conflit, déjà ravivé dans plusieurs régions syriennes ces dernières semaines.

Un contexte explosif dans une Syrie divisée

La région de Soueïda, majoritairement peuplée de Druzes, a longtemps été considérée comme relativement stable depuis le début du conflit syrien en 2011. Toutefois, une montée des tensions entre les forces gouvernementales et certaines factions druzes autonomes a créé un climat d’instabilité.

Les groupes druzes refusent de plus en plus la mainmise du régime sur leurs territoires. Ils accusent les autorités de Damas de corruption, de pillage et de négligence à leur égard. Ce ressentiment a favorisé l’émergence de milices locales prêtes à affronter l’armée syrienne, même au prix de violents combats.

Le rôle des Bédouins dans l’escalade

Les tensions ne sont pas uniquement dirigées contre le pouvoir central. Certains affrontements récents ont opposé les milices druzes à des groupes armés bédouins présents dans la province. Ces groupes, souvent accusés de banditisme par les Druzes, ont vu leur présence grandir dans les zones rurales.

L’arrivée des troupes gouvernementales pour calmer la situation a paradoxalement exacerbé les violences, notamment parce qu’elles ont été perçues comme prenant parti contre les Druzes.

Que veut Israël dans ce conflit ?

Officiellement, les frappes israéliennes en Syrie visent à empêcher l’Iran et ses alliés, comme le Hezbollah, de renforcer leur présence près de la frontière israélienne. Mais ces frappes interviennent aussi à un moment où Israël veut montrer qu’il protège les communautés druzes, qui ont également une forte présence sur son territoire.

Certains analystes estiment qu’Israël cherche à affaiblir le régime syrien sans pour autant provoquer une guerre ouverte. D’autres y voient une tentative de créer un tampon dans le sud de la Syrie, contrôlé par des groupes non hostiles à Israël.

Bilan humain et perspectives

Le nombre exact de morts reste difficile à vérifier. Mais les premiers bilans font état de plusieurs dizaines de victimes en moins d’une semaine. Cette montée soudaine de violence rappelle que la Syrie reste un pays fragmenté, où chaque étincelle peut rallumer une guerre de territoire, d’identité et de pouvoir.

Les jours à venir seront décisifs. Si les frappes israéliennes se poursuivent et que les affrontements s’intensifient à Soueïda, la région pourrait connaître une nouvelle vague de déplacements massifs, de destructions et de pertes humaines.

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