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Gaza \ Photo : reuters.com

Israël adopte un plan en cinq points pour achever la guerre à Gaza : désarmement du Hamas, libération des otages, sécurisation et gouvernance civile. Un tournant décisif ?

Dans la nuit du 7 au 8 août 2025, Israël a franchi une nouvelle étape dans le conflit qui l’oppose au Hamas. Le cabinet de sécurité a approuvé un plan en cinq volets, dont l’objectif affiché est de prendre le contrôle total de la bande de Gaza. Cette décision s’inscrit dans le prolongement des opérations militaires lancées en octobre 2023, après l’attaque sanglante menée par le Hamas contre le territoire israélien.

Le Premier ministre Benyamin Netanyahou a présenté les grandes lignes de ce programme à la chaîne américaine Fox News plus tôt dans la journée. Il a précisé que l’État hébreu ne cherchait ni à gouverner Gaza, ni à s’y implanter durablement, mais qu’il était impératif d’éradiquer la menace représentée par le Hamas.

Le plan comprend cinq axes fondamentaux qui, selon Netanyahou, sont essentiels pour conclure la guerre à Gaza.


1. Désarmer complètement le Hamas

La première priorité du gouvernement israélien reste l’élimination des capacités militaires du Hamas. Depuis l’attaque du 7 octobre 2023, la volonté d’Israël de neutraliser le mouvement islamiste ne faiblit pas. Ce désarmement est également soutenu par une majorité des pays occidentaux, qui considèrent le Hamas comme un obstacle à la paix durable.

En juillet, le Premier ministre palestinien Mohammad Mustafa avait lui-même déclaré à l’ONU que le Hamas devait cesser de porter les armes. Il s’agit donc d’un objectif largement partagé, bien qu’il divise encore une partie de la population dans les territoires palestiniens.


2. Libérer tous les otages détenus dans l’enclave

La question des otages israéliens encore retenus à Gaza est une autre priorité majeure. Depuis près de deux ans de conflit, 49 personnes sont toujours captives, dont 27 présumées décédées. Les familles attendent désespérément un retour, mais le nouveau plan inquiète.

Le Forum des familles a exprimé ses craintes ce vendredi. Selon eux, cette stratégie pourrait sacrifier les otages, alors qu’un accord diplomatique serait le seul moyen de les récupérer vivants. « Une nouvelle offensive mettrait fin à tout espoir », dénoncent-ils.


3. Démilitariser l’ensemble de la bande de Gaza

Cette mesure avait déjà été évoquée en février 2025, lors de brèves périodes de trêve. Pour Israël, une paix durable est impossible sans la démilitarisation complète du territoire palestinien. Cela inclut le démantèlement de toutes les milices et la destruction des tunnels et des dépôts d’armes.

Les forces israéliennes affirment que ce désarmement est essentiel pour éviter une reprise des hostilités et assurer la sécurité à long terme des zones frontalières.


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Gaza \ Photo : (M. Hajjar/NRC)

4. Contrôle de la ville de Gaza et sécurisation du territoire

Selon les chiffres de l’armée israélienne, environ 75 % de Gaza est déjà sous leur contrôle. De son côté, l’ONU évoque un taux de 87 %. Pourtant, certaines zones clés échappent toujours à la domination de Tsahal, notamment la ville de Gaza, Khan Younès et les camps centraux comme Deir-el-Balah.

Le plan voté prévoit donc une opération spécifique pour s’emparer de la ville de Gaza. Les habitants seront évacués dans les deux mois vers des camps situés au centre de l’enclave. Ensuite, les troupes encercleront la ville pour en reprendre le contrôle maison par maison, selon les informations relayées par la radio publique Kan.


5. Mettre en place une gouvernance civile avec l’appui de forces arabes

Benyamin Netanyahou souhaite qu’une nouvelle administration civile prenne le relais, mais ni le Hamas ni l’Autorité palestinienne ne seront autorisés à la diriger. Il souhaite que ce soit des pays arabes partenaires qui assument cette responsabilité, à condition qu’ils n’aient aucune ambition hostile envers Israël.

Netanyahou écarte ainsi la possibilité d’un retour de Mahmoud Abbas et de son gouvernement, en poste en Cisjordanie. Ce refus est en contradiction avec les recommandations de certains pays, dont la France. Le président Emmanuel Macron a récemment annoncé la reconnaissance prochaine de l’État palestinien, à condition que ce dernier assure la sécurité et la stabilité à Gaza avec un soutien international.

En ce sens, Mohammad Mustafa a affirmé fin juillet que la Palestine était prête à gouverner Gaza, à condition de bénéficier du soutien de la communauté arabe et des Nations unies.


Un tournant dans le conflit, mais des questions demeurent

Avec ce plan en cinq axes, Israël affirme vouloir mettre fin au conflit, mais les experts redoutent que cette stratégie n’aggrave les tensions déjà explosives dans la région. Les risques humanitaires sont élevés, notamment avec l’évacuation de milliers de civils vers des zones déjà saturées.

De plus, l’absence de solution politique claire pour l’après-guerre pose de nombreuses interrogations. Si le Hamas est affaibli, voire éliminé, qui assurera la reconstruction et la gestion quotidienne de Gaza ? La question reste en suspens.


Une offensive risquée aux conséquences régionales

La mise en œuvre de ce plan pourrait également raviver les tensions avec les pays voisins et créer de nouvelles vagues de déplacement. Plusieurs ONG internationales appellent déjà à la retenue et à la protection des populations civiles.

Le secrétaire général de l’ONU a rappelé ce vendredi que toute opération militaire devait respecter le droit international humanitaire, et éviter à tout prix de nouvelles catastrophes humaines.

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