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Le mercredi 12 novembre, l’Assemblée nationale vote la suspension de la réforme des retraites. PS, RN : pour. LFI, LR, Horizons : contre. Qui fera basculer le résultat ?
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La suspension de la réforme des retraites, portée par le gouvernement de Sébastien Lecornu, se retrouve au cœur d’un vote crucial à l’Assemblée nationale. L’article 45 bis du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) est examiné mercredi 12 novembre. Cette suspension constitue une concession majeure du gouvernement à la Parti socialiste (PS) afin d’éviter une motion de censure. 
Pourtant, le vote s’annonce bien plus serré que prévu : plusieurs groupes ont déjà annoncé leur opposition, d’autres hésitent encore. Cet article propose un tour d’horizon des positions des différents groupes politiques vis-à-vis de cette suspension de la réforme des retraites.


Contexte et enjeux

Qu’est-ce que la suspension de la réforme des retraites ?

La réforme des retraites adoptée en 2023 sous le gouvernement Élisabeth Borne prévoit notamment un relèvement de l’âge légal de départ à la retraite et un allongement de la durée de cotisation.
La suspension de cette réforme, inscrite à l’article 45 bis du PLFSS pour 2026, vise à suspendre – temporairement ou partiellement – ces mesures contestées. 
Le gouvernement a précisé que cette suspension s’appliquerait aux « carrières longues » et aux « catégories actives et super-actives de la fonction publique ».

Pourquoi ce vote est-il si important ?

Le vote sur cette suspension est une condition sine qua non pour que le PS ne dépose pas de motion de censure contre le gouvernement.

Il reflète une fracture politique majeure à gauche, entre le PS et La France insoumise (LFI), mais aussi au sein des forces de droite et du centre.

Le résultat du vote pourrait modifier l’équilibre parlementaire et affaiblir la majorité gouvernementale.


Positions des groupes favorables à la suspension

Rassemblement national (RN)

Le groupe RN s’est clairement positionné en faveur de la suspension de la réforme des retraites. 
La présidente du groupe, Marine Le Pen, a confirmé que les députés RN voteront « pour ». 
Dans le débat en commission des affaires sociales, la suspension a été adoptée par 22 voix contre 12, principe auquel le RN se rallie.
Pour le RN, cette mesure est « tout ce que nous pourrons gratter en faveur des Français qui travaillent, qui souffrent ».

Parti socialiste (PS)

Le PS devrait soutenir la suspension. Le texte a déjà reçu un vote favorable lors de son passage en commission. 
Cette position résulte d’un compromis : le PS obtient une suspension et l’élargissement du dispositif aux carrières longues, en échange du retrait d’une motion de censure. 
Cependant, le PS se dit « vigilant », souhaitant maintenir la pression jusqu’au vote final.

Libertés, Indépendants, Outre‑mer et Territoires (Liot)

Le groupe Liot s’est également prononcé pour la suspension. 
Selon le député Harold Huwart (Eure-et-Loir), Liot était l’auteur d’une motion de censure contre la réforme en 2023, ce qui explique sa position « pro suspension ».
Si tous ces groupes respectaient les consignes, cela représenterait environ 214 voix favorables à l’article 45 bis.


Positions des groupes opposés à la suspension

La France insoumise (LFI)

LFI votera « contre » la suspension car elle refuse un simple « décalage » et exige l’abrogation pure et simple de la réforme.
La députée Aurélie Trouvé (Seine-Saint-Denis) a dénoncé :

« Ce n’est pas une suspension, c’est un petit décalage d’un an de la réforme de la retraite à 64 ans. » 
Cette posture contribue à la fracture grandissante au sein de la gauche.

Les Républicains (LR)

Le groupe LR est également opposé à la suspension, fidèle à son programme initial qui soutenait la réforme de l’âge légal. 
La députée Justine Gruet (Jura) a déclaré :

« On ne peut pas faire croire aux Français qu’ils ne devront pas travailler collectivement plus. »
Certains députés LR préviennent néanmoins qu’ils resteront attentifs à l’évolution du texte.

Horizons

Bien que certains membres d’Horizons siègent au gouvernement, la majorité du groupe envisage de voter « contre ». 
L’élue Nathalie Colin Oesterlé (Moselle) a qualifié d’« illusion dangereuse » l’idée de suspension sans changement structurel.
Le vote formel doit être validé lors d’une réunion de groupe prévue ce mercredi matin.


Groupes en attente ou hésitation

Écologistes et communistes

Les groupes écologistes et communistes n’ont pas encore décidé. Ils pourraient choisir l’abstention ou voter contre. 
Le groupe écologiste rappelle qu’il n’est pas « la voiture-balai des tractations du PS ». 
La décision interviendra mercredi matin au terme des réunions internes.

Mouvement démocrate (MoDem) et Ensemble pour la République (EPR)

Le MoDem doit affiner sa position : abstention privilégiée, mais prêt à voter pour si besoin.

Au sein du groupe EPR, certains députés ont déjà annoncé qu’ils voteront contre, à l’image de Marc Ferracci. 
Ainsi, bien que théoriquement l’équilibre penche vers le oui, le vote pourrait réserver des surprises.


Scénarios de vote et conséquences

Analyse du rapport de force

Votes favorables estimés : PS + RN + Liot = ≈ 214 voix si consignes respectées.

Votes défavorables estimés : LFI + LR + Horizons = ≈ 163 voix potentiellement.

Les groupes en attente (écologistes, communistes, MoDem, EPR) peuvent faire basculer le résultat.

Implications politiques

Si la suspension passe : le gouvernement obtient un répit politique, le PS évite la motion de censure, mais le schisme à gauche se creuse.

Si elle échoue : le gouvernement s’affaiblit, le PS est fragilisé, et la majorité macroniste pourrait être mise en danger.

Quelle que soit l’issue, la question de l’âge légal de départ à la retraite, des carrières longues et du financement reste posée. Le texte de 2023 conserve son empreinte.


Pourquoi certains groupes rejettent la suspension

Le reproche d’un simple « décalage »

Pour LFI, la suspension ne change rien de fondamental :

« Le vote va confirmer la retraite à 64 ans. » 
C’est un motif de rejet clair.

Le souci budgétaire et démographique

Les républicains et Horizons estiment que suspendre la réforme sans corriger les déséquilibres démographiques et financiers crée une illusion.
Le coût du dispositif est estimé à 300 millions d’euros en 2026 et 1,9 milliard en 2027.

Le jeu politique à gauche

Le PS, en soutenant la suspension, est accusé par ses alliés d’abandonner la rupture avec la réforme pour un compromis politique.


Pourquoi d’autres groupes soutiennent la suspension

Concession politique

Pour le PS, c’est un moyen de préserver la majorité et d’obtenir des garanties (carrières longues, catégories actives).

Opportunisme politique pour le RN

Le RN voit dans cette suspension une opportunité de gagner le soutien des salariés concernés.

Expertise « réaliste »

Liot et certains centristes considèrent que repousser ou aménager est préférable à un blocage pur et simple.


Que faut-il surveiller après le vote ?

Le texte final

Le vote porte sur l’article 45 bis, mais le texte pourrait être amendé d’ici à l’adoption finale.

Les carrières longues et catégories actives

L’extension de la suspension aux carrières longues et aux catégories actives est un point clé du compromis.

Le calendrier

Le PLFSS doit être voté avant la date-butoir. Le résultat impactera les débats budgétaires et la réforme dans sa globalité.

Le climat politique

La fracture gauche-droite, la coalition gouvernementale et la majorité sont en jeu : un vote très serré pourrait déclencher des remaniements ou une instabilité parlementaire.


Conclusion

La suspension de la réforme des retraites est bien plus qu’un simple ajustement technique. Elle cristallise des tensions profondes : budgétaires, démographiques, sociales et politiques. Le vote à l’Assemblée nationale sur l’article 45 bis du PLFSS oppose ceux qui voient dans la suspension un compromis pragmatique et ceux qui la jugent insuffisante voire dangereuse.
La position des groupes – favorables, opposés ou hésitants – révèle un paysage politique instable. Le résultat du scrutin pourrait redéfinir les équilibres parlementaires et marquer un tournant dans le débat sur les retraites en France.

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