
Illustration d'une caméra qui capte le regard du conducteur Photo : ChatGPT
Les voitures récentes intègrent de plus en plus souvent une caméra tournée vers le conducteur. Placée sur la colonne de direction, le tableau de bord ou le rétroviseur, elle analyse notamment son regard. Son objectif consiste à repérer une distraction, une somnolence ou une perte d’attention.
Il est parfois possible de désactiver la caméra de surveillance du conducteur, ou au moins ses alertes. La réponse dépend toutefois du système installé, du modèle et des choix du constructeur. Certaines fonctions peuvent être coupées depuis l’écran central, tandis que d’autres restent actives en permanence.
La réglementation européenne distingue surtout deux dispositifs. Le premier détecte la somnolence et la perte d’attention. Le second surveille plus précisément la distraction visuelle. Leurs règles de désactivation ne sont pas identiques.
À quoi sert la caméra qui surveille le conducteur ?
Cette caméra appartient à une famille de technologies appelée système de surveillance du conducteur, ou DMS. Elle ne sert pas à filmer la route comme une dashcam. Son champ est orienté vers le visage, la tête ou la partie supérieure du corps.
La caméra peut suivre la direction du regard et la position de la tête. Certains équipements détectent aussi la fermeture prolongée des paupières. Le logiciel évalue ensuite si le conducteur observe suffisamment la route.
La plupart de ces dispositifs utilisent un éclairage infrarouge. Ils peuvent donc fonctionner la nuit sans éclairer visiblement l’habitacle. Le capteur reste également utilisable avec des variations importantes de luminosité.
Lorsqu’une distraction est détectée, le véhicule émet une alerte visuelle. Celle-ci peut être accompagnée d’un signal sonore ou d’une vibration. Les avertissements peuvent s’intensifier si le conducteur ne regarde pas à nouveau la route.
Les comportements susceptibles de déclencher une alerte
Le système ne cherche pas uniquement à détecter l’utilisation d’un téléphone. Il mesure avant tout la durée pendant laquelle le regard quitte certaines zones utiles à la conduite.
Une alerte peut apparaître lorsque le conducteur regarde longtemps vers ses genoux ou le plancher. Elle peut aussi se déclencher pendant une manipulation prolongée de l’écran central. Regarder un passager ou chercher un objet peut produire le même résultat.
Le règlement délégué européen 2023/2590 fixe plusieurs seuils techniques. À partir de 50 km/h, l’avertissement doit intervenir après une distraction continue de 3,5 secondes au maximum dans les conditions nominales.
Entre 20 et 50 km/h, ce délai peut atteindre six secondes. Des marges supplémentaires sont prévues dans certaines conditions non nominales. Les lunettes de soleil ou d’autres particularités peuvent, par exemple, compliquer l’analyse.
Un constructeur peut rendre son système plus sensible. Il peut aussi l’activer à une vitesse plus basse. Les réactions varient donc sensiblement entre deux véhicules pourtant soumis au même cadre européen.
Pourquoi ces caméras deviennent-elles obligatoires ?
L’Union européenne a renforcé les équipements de sécurité imposés aux véhicules neufs. Cette évolution repose sur le règlement général de sécurité, également appelé GSR 2.
Depuis le 7 juillet 2024, les nouveaux types de véhicules doivent intégrer un système avancé d’avertissement de distraction. Depuis le 7 juillet 2026, cette obligation concerne l’ensemble des véhicules neufs concernés mis sur le marché européen.
Elle s’applique aux voitures, mais aussi à de nombreuses camionnettes, autobus et catégories de poids lourds. Les caractéristiques techniques varient selon le type de véhicule et l’aménagement de l’habitacle.
La caméra intérieure reste la solution la plus répandue. Le texte européen impose surtout un résultat de détection. Il ne transforme pas nécessairement chaque voiture en dispositif d’enregistrement vidéo.
Ces équipements rejoignent d’autres aides devenues obligatoires. La liste comprend notamment l’assistance intelligente à la vitesse, le freinage automatique et la détection en marche arrière.
La Commission européenne estime que l’ensemble de ces nouvelles règles pourrait sauver plus de 25 000 vies d’ici à 2038. Elle évoque aussi au moins 140 000 blessures graves évitées. Ces estimations concernent le dispositif réglementaire global, et non la seule caméra intérieure.
Peut-on désactiver la caméra de surveillance du conducteur ?
Le conducteur doit pouvoir désactiver manuellement l’avertissement ADDW ou le système ADDW lui-même. Le constructeur choisit laquelle de ces possibilités il propose. Il peut également autoriser les deux.
Le système ADDW correspond à l’avertissement avancé de distraction du conducteur. Il observe notamment si l’attention visuelle reste dirigée vers les tâches de conduite.
Dans certains véhicules, la commande coupe seulement les avertissements sonores. La caméra et l’analyse peuvent alors continuer à fonctionner. Dans d’autres, le réglage désactive entièrement la fonction de détection de distraction.
Il faut donc lire précisément l’intitulé affiché à l’écran. « Son désactivé », « alerte désactivée » et « surveillance désactivée » ne désignent pas forcément la même action.
Le réglage se trouve généralement dans un menu consacré aux aides à la conduite. Il peut porter un nom comme « surveillance de l’attention », « alerte conducteur » ou « détection de distraction ». La terminologie dépend de chaque marque.
Certains modèles disposent d’un raccourci configurable. D’autres exigent plusieurs pressions dans l’écran central. Le manuel du véhicule reste la source la plus fiable pour identifier la procédure exacte.
La désactivation est-elle conservée après le redémarrage ?
Dans la majorité des cas, la désactivation n’est pas permanente. Le règlement prévoit la remise en service automatique du système et de ses alertes à chaque activation du véhicule.
Le conducteur doit donc renouveler la manipulation après un nouveau démarrage. Ce fonctionnement explique pourquoi certaines personnes pensent que le réglage n’a pas été enregistré.
Une mise à jour du logiciel peut également modifier le chemin d’accès. Elle peut changer la sensibilité ou la présentation des avertissements. Le constructeur doit cependant conserver la conformité réglementaire du véhicule.
Il n’existe donc pas de méthode universelle pour neutraliser durablement le dispositif depuis les réglages. Une mémorisation permanente dépendrait des possibilités réglementaires et du logiciel choisi par le fabricant.
Attention à ne pas confondre les systèmes ADDW et DDAW
La distinction entre ADDW et DDAW détermine en grande partie ce qui peut être désactivé. Les deux fonctions peuvent utiliser la même caméra, mais elles répondent à des exigences différentes.
L’ADDW surveille principalement la distraction visuelle. Il cherche à savoir si le conducteur regarde suffisamment les zones liées à la circulation. Sa désactivation manuelle peut être proposée selon les modalités choisies par le constructeur.
Le DDAW vise la somnolence et la perte d’attention. Il peut utiliser les mouvements du volant, la position dans la voie ou une caméra. Plusieurs sources de données peuvent être combinées.
Le règlement européen 2021/1341 interdit au conducteur de désactiver manuellement le système DDAW lui-même. Le fabricant peut toutefois permettre de couper certaines alertes de son interface.
Cette nuance explique certaines situations déroutantes. Le conducteur désactive l’alerte de distraction, mais reçoit ensuite un avertissement de fatigue. Les deux messages peuvent provenir du même ensemble de capteurs.
Certaines caméras servent aussi aux fonctions de conduite assistée. Elles vérifient alors que le conducteur reste disponible pour reprendre les commandes. Leur fonctionnement peut devenir indispensable lorsque l’assistance est activée.
Couvrir la caméra permet-il de la désactiver ?
Placer un cache devant l’objectif ne constitue pas une désactivation normale. Le système doit pouvoir détecter une obstruction du capteur. Il affiche alors généralement un message de défaut ou d’indisponibilité.
Le véhicule peut demander de nettoyer la caméra. Il peut aussi désactiver plusieurs aides liées au même capteur. Le défaut reste parfois visible jusqu’au retrait du cache ou au redémarrage.
Des lunettes de soleil très sombres, une casquette ou une mauvaise position de conduite peuvent aussi gêner l’analyse. Dans ce cas, il vaut mieux ajuster le siège et nettoyer la zone du capteur.
Couvrir la caméra peut provoquer des alertes plus fréquentes que son utilisation normale. Cette méthode ne garantit donc ni le silence ni la disparition de la surveillance.
Elle peut surtout rendre indisponibles des fonctions de sécurité utiles. Certaines aides de conduite exigent une confirmation permanente de l’attention. Elles peuvent refuser de s’activer lorsque la caméra est masquée.
Peut-on débrancher ou modifier physiquement la caméra ?
Débrancher le capteur, retirer son alimentation ou modifier son logiciel reste fortement déconseillé. La caméra peut partager son calculateur avec plusieurs équipements de sécurité.
Une intervention physique risque de créer un défaut permanent. Elle peut aussi entraîner l’arrêt d’une assistance de maintien dans la voie. Les fonctions de conduite semi-automatisée peuvent également devenir indisponibles.
Le règlement prévoit que l’état de fonctionnement du système puisse être vérifié. Il impose aussi des protections contre les modifications non autorisées. Une neutralisation artisanale peut donc être repérée lors d’un diagnostic électronique.
Les conséquences exactes lors d’un contrôle technique dépendent des règles nationales et de leur évolution. Un défaut permanent d’aide à la conduite peut néanmoins être relevé. Il convient de vérifier les critères applicables au moment du contrôle.
Une modification peut également compliquer une prise en charge sous garantie. En cas d’accident, un expert peut examiner les systèmes de sécurité débranchés. Les conséquences assurantielles dépendent alors du contrat et du lien avec le sinistre.
La solution la plus sûre consiste à utiliser uniquement le réglage prévu par le constructeur. Un réparateur agréé peut aussi rechercher une anomalie si les alertes semblent injustifiées.
La caméra enregistre-t-elle réellement le conducteur ?
Le mot « caméra » évoque souvent un enregistrement vidéo continu. Le fonctionnement réglementaire du système de surveillance est pourtant différent.
Le logiciel analyse généralement les images en temps réel. Il transforme les informations visuelles en données techniques, comme une direction du regard. La séquence vidéo n’a pas besoin d’être conservée pour produire une alerte.
Le règlement européen interdit au système ADDW de s’appuyer sur des données biométriques permettant d’identifier une personne. La caméra peut étudier un visage sans rechercher l’identité du conducteur.
Le système doit fonctionner en circuit fermé. Il ne peut enregistrer et conserver en continu que les données nécessaires à son fonctionnement. Tout traitement de données personnelles reste soumis au droit européen.
Ces garanties réglementaires ne couvrent toutefois que la fonction obligatoire. Un véhicule peut proposer d’autres services connectés reposant sur des capteurs intérieurs. Leurs finalités doivent être présentées séparément au conducteur.
Comment vérifier les données utilisées par sa voiture ?
La notice de confidentialité du constructeur précise les données traitées. Elle doit aussi expliquer leur finalité, leur durée de conservation et les éventuels destinataires.
Les réglages du compte connecté peuvent contenir des choix supplémentaires. Ils concernent parfois l’amélioration des services, les statistiques d’utilisation ou la personnalisation. Ces options ne correspondent pas nécessairement au traitement local de sécurité.
Le conducteur peut également adresser une demande au constructeur. Le Règlement général sur la protection des données prévoit notamment un droit d’accès. D’autres droits peuvent s’appliquer selon la nature et la base juridique du traitement.
Il faut distinguer quatre opérations : analyser une image, enregistrer une vidéo, conserver une donnée et la transmettre. La présence d’une caméra ne prouve pas que ces quatre opérations sont réalisées.
Un voyant ou une lumière rouge près du capteur ne signifie pas forcément qu’un enregistrement est en cours. Il peut s’agir de l’éclairage infrarouge ou d’un indicateur technique.
Pourquoi certaines caméras déclenchent-elles de fausses alertes ?
Le système doit fonctionner avec des conducteurs aux caractéristiques variées. Il doit aussi rester efficace le jour, la nuit et dans des conditions météorologiques changeantes.
Des lunettes, des reflets ou un soleil rasant peuvent réduire la précision. Une position de conduite inhabituelle peut déplacer les yeux hors de la zone attendue. Un objectif poussiéreux peut également perturber la détection.
L’écran central crée une autre difficulté. Le conducteur doit parfois le regarder pour régler la ventilation ou suivre un itinéraire. Un système très sensible peut interpréter cette action comme une distraction.
La réglementation impose aux constructeurs de limiter les fausses alertes. Elle ne peut cependant éliminer toutes les erreurs. Les performances dépendent du capteur, du logiciel et de son intégration dans l’habitacle.
Une alerte persistante sans cause apparente mérite un contrôle. Une mise à jour ou un recalibrage peut résoudre le problème. Le remplacement d’un pare-brise ou d’un rétroviseur peut parfois nécessiter une vérification des capteurs.
Avant toute intervention, il faut nettoyer délicatement la zone indiquée dans le manuel. Aucun produit abrasif ne doit être appliqué sur l’objectif. Un cache décoratif placé à proximité peut aussi gêner son champ de vision.

Désactiver les alertes sans supprimer toute la protection
Une alerte trop forte ne justifie pas toujours l’arrêt complet du système. Certains véhicules permettent de régler le volume ou la nature du signal. Une vibration peut parfois remplacer un avertissement sonore.
Le conducteur peut aussi créer un raccourci vers la commande. Cette possibilité réduit le temps passé dans les menus. La manipulation doit toujours être réalisée à l’arrêt.
Si plusieurs fonctions partagent le même menu, il faut vérifier chacune d’elles. Couper l’alerte de distraction ne désactive pas forcément la détection de somnolence. L’assistance de conduite peut également conserver sa propre surveillance.
Une sensibilité excessive peut révéler un problème matériel ou logiciel. Dans ce cas, la désactivation masque le symptôme sans corriger sa cause. Un diagnostic reste préférable lorsque les alertes deviennent anormales.
Ce qu’il faut vérifier avant de couper le système
La première étape consiste à identifier le nom exact de la fonction. Le message affiché au tableau de bord fournit souvent cette information. Le manuel permet ensuite de savoir s’il s’agit de l’ADDW, du DDAW ou d’un autre dispositif.
Il faut ensuite déterminer ce que désactive réellement la commande. Le réglage peut couper le son, l’ensemble des alertes ou la surveillance. Une icône au tableau de bord peut confirmer l’état sélectionné.
La troisième vérification concerne le redémarrage. Le retour automatique du système est normal sur de nombreux véhicules. Il ne s’agit pas nécessairement d’un défaut de mémorisation.
Enfin, aucune modification matérielle ne doit être réalisée sans connaître ses conséquences. Une seule caméra peut servir à plusieurs fonctions. Son débranchement peut affecter des équipements qui ne semblent pas liés.
Conclusion
Il est donc parfois possible de désactiver la caméra de surveillance du conducteur, mais cette possibilité reste encadrée. Pour l’ADDW, le constructeur doit permettre de couper l’avertissement ou le système, selon l’option retenue.
La désactivation est généralement temporaire. Le dispositif revient au démarrage suivant. Le DDAW, consacré à la somnolence et à la perte d’attention, ne peut pas être entièrement désactivé manuellement.
Masquer ou débrancher la caméra n’offre pas une solution fiable. Ces actions peuvent provoquer un défaut et neutraliser d’autres aides. Le réglage officiel du véhicule reste la seule méthode recommandée.
La caméra réglementaire n’est pas censée identifier le conducteur ni conserver une vidéo continue sans nécessité. Les traitements supplémentaires doivent apparaître dans la politique de confidentialité du constructeur.
La caméra intérieure d’une voiture filme-t-elle en permanence ?
Elle peut analyser en continu le visage ou le regard lorsque le système est actif. Cela ne signifie pas qu’une vidéo est conservée. Le règlement impose un fonctionnement en circuit fermé et limite la conservation aux données nécessaires.
Pourquoi la caméra se réactive-t-elle à chaque démarrage ?
La réglementation prévoit le rétablissement automatique du système ADDW et de ses alertes. Le conducteur doit donc souvent renouveler la désactivation après chaque démarrage.
Est-il légal de mettre un cache devant la caméra ?
Un cache ne correspond pas à la méthode de désactivation prévue. Il peut déclencher un défaut et rendre plusieurs aides indisponibles. Les conséquences réglementaires dépendent du véhicule et des règles nationales applicables.
Toutes les voitures neuves possèdent-elles cette caméra ?
Depuis juillet 2026, les véhicules neufs concernés doivent disposer d’un système avancé de détection de distraction. Une caméra intérieure constitue la solution la plus courante, mais la réglementation impose surtout une capacité de détection.
Comment désactiver l’alerte de distraction ?
La commande se trouve généralement dans les paramètres des aides à la conduite. Elle peut s’appeler « alerte conducteur », « surveillance de l’attention » ou « détection de distraction ». La procédure exacte figure dans le manuel du véhicule.
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