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Illustration d'une épargne Photo : ChatGPT

Livret A, LEP, assurance vie : la Banque de France dévoile comment les Français ont placé leur épargne en 2025. Un basculement se confirme, alors que le taux du Livret A remonte à 1,7 % dès le 1er août.
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Épargne des Français en 2025 : pourquoi le Livret A recule face à l’assurance vie

L’épargne des Français a changé de visage en 2025. Alors que le gouvernement annonce ce mercredi 15 juillet les nouveaux taux du Livret A et des autres livrets réglementés, la Banque de France a dévoilé, le même jour, la manière dont les ménages ont réparti leurs économies l’an dernier. Le constat est net : les Français ont délaissé leurs livrets au profit de l’assurance vie, jugée plus rémunératrice dans un contexte de baisse des taux. Ce mouvement de fond interroge sur l’avenir du financement de pans entiers de l’économie, du logement social aux petites entreprises.

Le taux du Livret A relevé à 1,7 % au 1er août

Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a annoncé mercredi 15 juillet la remontée du taux du Livret A à 1,7 %, contre 1,5 % actuellement. Cette décision suit la préconisation formulée par la Banque de France. Le taux du Livret d’épargne populaire, réservé aux ménages aux revenus modestes, reste quant à lui fixé à 2,5 %.

Cette légère revalorisation intervient après une chute sévère du rendement du Livret A, tombé de 3 % fin 2024 à 1,5 % en quelques mois. Reste à savoir si ce relèvement suffira à redonner de l’attrait aux livrets réglementés, dont la collecte a nettement ralenti l’an dernier.

Une collecte en repli sur les livrets réglementés

Selon les chiffres de la Banque de France publiés mercredi, les Français détenaient 948 milliards d’euros sur leurs livrets réglementés et assimilés à la fin de l’année 2025. Ce montant affiche un léger recul, proche de 1 % sur un an. Un chiffre qui tranche avec la progression continue enregistrée les années précédentes.

Le Livret A toujours dominant malgré la baisse

Malgré ce ralentissement, le Livret A conserve une place centrale dans l’épargne des ménages. Son encours atteint près de 445 milliards d’euros, et 83 % des détenteurs de livrets réglementés en possèdent un. Ce produit reste ainsi le placement préféré des Français, porté par sa simplicité, sa liquidité totale et l’absence de fiscalité sur les intérêts.

Le LEP peine à convaincre malgré les relances

Le Livret d’épargne populaire affiche un encours qui dépasse à peine les 200 milliards d’euros, pour environ 12 millions de détenteurs. Ce nombre stagne, alors même que près de 20 millions de ménages modestes ont reçu un courrier personnalisé les incitant à ouvrir ce produit. La campagne de communication destinée à faire connaître les avantages du LEP, pourtant nettement plus rémunérateur que le Livret A, n’a eu qu’une efficacité limitée.

Ce paradoxe illustre une difficulté persistante : de nombreux ménages éligibles au LEP ignorent son existence ou renoncent aux démarches nécessaires pour l’ouvrir. Le produit reste pourtant l’un des placements sans risque les mieux rémunérés du marché.

L’assurance vie, grande gagnante de l’année 2025

Pendant que les livrets réglementés marquent le pas, l’assurance vie enregistre une accélération marquée de sa collecte. Le produit a capté environ 50 milliards d’euros d’épargne supplémentaire sur l’année, soit près du double du montant collecté l’année précédente. Cette dynamique confirme le basculement progressif de l’épargne des ménages vers ce placement.

L’assurance vie séduit par la diversité de ses supports, entre fonds en euros sécurisés et unités de compte plus dynamiques, potentiellement plus rémunératrices sur le long terme. Elle offre aussi une fiscalité avantageuse après huit ans de détention, un argument de poids pour les épargnants qui pensent à la transmission de leur patrimoine.

Pourquoi les Français boudent-ils leurs livrets ?

Plusieurs facteurs expliquent ce désamour progressif pour l’épargne réglementée, à commencer par la baisse continue des taux de rendement.

Des taux de rendement en net recul

Le repli du taux du Livret A, passé de 3 % à 1,5 % en quelques mois, a mécaniquement réduit l’attrait du produit. Dans un contexte où l’inflation a également reculé, ce rendement reste correct en termes réels, mais il paraît moins compétitif face aux performances récentes de l’assurance vie. Les épargnants arbitrent donc davantage en fonction du rendement affiché, quitte à accepter un peu plus de risque.

La fin programmée des vieux PEL

Le plan épargne logement traverse lui aussi une période difficile. Depuis le début de l’année, les PEL ouverts en 2011, vieux de quinze ans, sont automatiquement fermés lorsqu’ils n’ont pas été utilisés pour financer un achat immobilier. Cette fermeture automatique prive les détenteurs d’un support d’épargne qu’ils utilisaient parfois depuis longtemps, sans qu’ils aient toujours anticipé la nécessité de replacer ces sommes ailleurs.

De l’argent qui dort sur les comptes courants

Une partie de cette épargne ne se retrouve ni sur les livrets, ni sur l’assurance vie. Elle reste tout simplement sur les comptes bancaires courants, qui ont progressé de 20 milliards d’euros en un an. Ces sommes, non rémunérées, échappent à toute forme de valorisation. Ce phénomène traduit soit une forme d’attentisme des épargnants, soit une méconnaissance des alternatives disponibles pour faire fructifier leur trésorerie.

Livret A
Livret A / enquete-debat.fr

Une épargne réglementée essentielle au financement de l’économie

Ce recul de la collecte sur les livrets n’est pas anodin. L’épargne réglementée joue en effet un rôle central dans le financement de secteurs stratégiques, largement méconnu du grand public.

Un soutien déterminant au logement social

Les sommes collectées sur le Livret A et le LEP alimentent notamment les prêts destinés aux petites et moyennes entreprises, à hauteur de plus de 630 milliards d’euros. Elles financent aussi le logement social, secteur qui a bénéficié de plus de 200 milliards d’euros de prêts. Le montant total des prêts consacrés à ce secteur a doublé depuis 2020, preuve de l’importance croissante de cette épargne populaire dans la construction de logements accessibles.

Un rôle croissant dans la transition énergétique

Au-delà du logement, cette épargne finance également des projets liés à la transition écologique. Elle est aussi appelée à contribuer au financement des futurs réacteurs nucléaires, un chantier d’ampleur pour les prochaines décennies. Un ralentissement durable de la collecte sur les livrets réglementés pourrait donc, à terme, peser sur la capacité de financement de ces projets d’intérêt général.

Conclusion

L’épargne des Français en 2025 illustre un basculement progressif vers des placements jugés plus rémunérateurs, au premier rang desquels l’assurance vie. Ce mouvement s’explique par la baisse des taux des livrets réglementés, la fermeture automatique des vieux PEL et une part croissante d’argent qui reste immobilisée sur les comptes courants. Le relèvement du taux du Livret A à 1,7 % au 1er août pourrait freiner cette tendance, sans pour autant l’inverser totalement, tant les arbitrages des épargnants dépendent aussi des perspectives de rendement de l’assurance vie dans les mois à venir.

FAQ

Quel sera le nouveau taux du Livret A à partir du 1er août 2025 ? Le taux du Livret A passera à 1,7 %, contre 1,5 % actuellement, selon l’annonce du ministre de l’Économie Roland Lescure.

Le taux du Livret d’épargne populaire change-t-il aussi ? Non, le taux du LEP reste fixé à 2,5 %, sans modification annoncée pour le moment.

Pourquoi l’assurance vie attire-t-elle davantage les épargnants en 2025 ? L’assurance vie a enregistré environ 50 milliards d’euros de collecte supplémentaire, un rendement jugé plus attractif que celui des livrets réglementés, dont les taux ont fortement baissé.

À quoi sert l’argent placé sur le Livret A et le LEP ? Cette épargne finance notamment les prêts aux PME, le logement social, la transition écologique et certains grands projets, comme les futurs réacteurs nucléaires.

Pourquoi les vieux PEL sont-ils fermés automatiquement ? Les plans épargne logement ouverts en 2011, vieux de quinze ans, sont désormais clôturés automatiquement lorsqu’ils n’ont pas été utilisés pour financer un projet immobilier.

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